ACTION LACANIENNE #6

Paris, le 20 novembre 2025

ACTION LACANIENNE
Contre l’amendement qui ment et qui coûte

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Merci d’envoyer vos textes à l’adresse suivante: amendement159@gmail.com

Des allégations sans fondement scientifique ni économique
Sébastien Ponnou

Dérembourser pour mieux asservir
Dominique Corpelet

 Des délégués ministériels biberonnés à la HAS
Allan Caro

Re-commander
Clément Marmoz

Votre guerre n’est pas notre guerre
Solenne Albert

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Des allégations sans fondement scientifique ni économique
Sébastien Ponnou

Directeur de l’Observatoire Épidémiologique et Clinique de l’Enfant et de l’Adolescent : Psychiatrie, Handicap, Protection de l’Enfance (LabCom EOLE), université Paris 8.

L’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale du 15 novembre 2025 visant le non-remboursement des soins orientés par la psychanalyse au motif qu’ils ne sont pas conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) ne repose sur aucun argument scientifique ni économique valide.

D’un point de vue scientifique :

  • Les recommandations de la HAS sur les troubles neuro-développementaux (TND) et les troubles de l’enfance sont de simples accords de consensus sans aucune valeur ou preuve scientifique ;
  • La psychanalyse a fait de longue date la démonstration de son efficacité dans la clinique, dans les pratiques et dans les institutions de soin ;
  • Il existe aujourd’hui des données probantes et une vaste littérature scientifique au niveau international témoignant des bénéfices des pratiques orientées par la psychanalyse auprès des personnes souffrant de troubles mentaux[1].

D’un point de vue économique :

Pour faire des économies de santé, l’amendement propose de ne pas rembourser les soins orientés par la psychanalyse, au prétexte qu’ils ne seraient pas conformes aux recommandations de la HAS. Mais de quels soins parle-t-on ?

Cette allégation n’est cependant soutenue par aucune donnée chiffrée ni aucune estimation : et pour cause, ni les sénateurs à l’origine de l’amendement, ni la HAS ne disposent de l’information à même d’abonder ces données. Pourquoi ? Parce qu’il est impossible de caractériser un soin psychanalytique d’un point de vue médico-administratif. On peut le faire d’un point de vue clinique, théorique, éthique… mais pas médico-administratif. En effet, les bases de remboursement sont codées par acte, produit, institution ou profession, mais pas selon des critères théoriques et cliniques.

Ainsi, l’argument selon lequel le déremboursement des soins orientés par la psychanalyse permettrait une réduction des coûts de santé est fallacieux dans la mesure où :

  1. La psychanalyse en libéral peut être considérée comme un soin qui ne coûte rien à l’État ;
  2. Les seuls soins psychothérapeutiques remboursés par l’État en libéral sont ceux du dispositif Mon Soutien Psy, et peu de psychanalystes y participent…
  3. Les soins visés seraient donc ceux des institutions : selon les données de la DREES, de la CNSA et de Santé Publique France, environ 600 000 enfants et adolescents sont accompagnés en CAMSP, CMPP, CMP, IME, ITEP…

a. Soit l’on considère que l’ensemble des institutions et des professionnels reposent sur des fondements théoriques psychanalytiques – en effet, comment méconnaître la fonction de la parole ou de la relation thérapeutique dans le travail de soin ? – et dans ce cas les économies seront certes conséquentes, mais elles porteront atteinte à l’ensemble du système de santé et à l’organisation générale des soins.

b. Soit la mesure ne cible qu’un nombre limité d’institutions spécialisées – accueillant pourtant les cas les plus sévères –, et dans ce cas l’amendement revêt un caractère purement idéologique et ne repose sur aucune donnée chiffrée.

En revanche, à l’heure où le déficit de l’offre de soin et le malaise dans la psychiatrie touche de plein fouet les personnes les plus vulnérables, il est certain que cet amendement constituerait une atteinte et une perte de chance considérable pour les enfants et les familles.


[1] À titre indicatif et non-exhaustif : Thurin J. M., Thurin M., & Briffault X. (2006). Évaluation des pratiques professionnelles et psychothérapies. L’Information psychiatrique, 82(1), 39-47 ; Briffault X., Thurin M., Lapeyronnie B. & Thurin J. M. (2007). Nouvelles perspectives pour la recherche en psychothérapie : évaluation d’un protocole de recherche et proposition d’un dispositif méthodologique et technique. L’Encéphale, 33(6), 911-923 ; Briffault X. (2009). Conflits anthropologiques et stratégies de lutte autour de l’évaluation des psychothérapies. Nouvelle Revue de psychosociologie, (2), 105-118 ; Visentini G. (2021). L’Efficacité de la psychanalyse. Un siècle de controverses, Paris, PUF ; Gonon F. & Keller P. H. (2021). L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente. L’Encéphale, 47(1), 49-57 ; Leichsenring F., Abbass A. & al. (2023). The status of psychodynamic psychotherapy as an empirically supported treatment for common mental disorders–an umbrella review based on updated criteria. World Psychiatry, 22(2), 286-304 ; Steinert C, Munder T, Rabung S, Hoyer J, Leichsenring F. (2017). Psychodynamic Therapy: As Efficacious as Other Empirically Supported Treatments? A Meta-Analysis Testing Equivalence of Outcomes. Am J Psychiatry; 174(10):943-953. doi: 10.1176/appi.ajp.2017.17010057. Epub 2017 May 25.  Driessen, E. (2012). Intensive short-term dynamic psychotherapy: A systematic review and meta-analysis of outcome research. Harvard Review of Psychiatry, 20(2), 97–108. https://doi.org/10.3109/10673229.2012.677347; Abbass A, Town J, Driessen E. The efficacy of short-term psychodynamic psychotherapy for depressive disorders with comorbid personality disorder. Psychiatry 74(1):58-71. doi: 10.1521/psyc.2011.74.1.58.  Leichsenring F, Rabung S. (2008). Effectiveness of long-term psychodynamic 300(13):1551-65. doi: 10.1001/jama.300.13.1551. PMID: 18827212…

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Dérembourser pour mieux asservir
Dominique Corpelet

De tous les projets visant à éradiquer la psychanalyse en France, l’amendement discuté au Sénat à partir du 19 novembre 2025 est le plus redoutable. Il porte atteinte à la liberté du citoyen, à la psychanalyse et à son exercice. Il repose sur trois pseudo-arguments.

L’argument économique est sous-tendu par une idéologie. Choisir de dérembourser les soins relevant de la psychanalyse pour sauver le budget de la Sécurité sociale, qui veut y croire ? La psychanalyse n’a cessé, dès ses débuts, d’être attaquée, pour autant qu’elle est subversive et qu’elle ne sert pas le maître. Cet amendement s’inscrit dans le droit fil de cette attaque, et l’argument qui consiste à vouloir sauver le financement de la Sécurité sociale est tout à fait annexe dans cette affaire.

L’argument scientifique n’en est pas moins fallacieux. L’on argue de la science quand ça nous arrange. La science dit que… elle ne dit que ce qu’on veut lui faire dire. Est-ce encore de la science ? L’amendement ne se donne même pas la peine de citer les rapports sur lesquels il prétend pourtant se fonder. Sans doute ces rapports ne sont-ils, eux-mêmes, pas très scientifiques ?

L’argument de la solidarité nationale n’est pas moins hypocrite. Le politique se targue de solidarité pour mieux porter atteinte… à la solidarité, en prohibant la liberté de choix et en mettant un terme brutal à des soins engagés depuis parfois très longtemps dans les hôpitaux, par exemple.

Cet amendement, avec ses faux arguments, ne cherche même pas à cacher ce qu’il vise : un projet autoritaire, celui d’interdire pour mieux asservir. La recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) vaut commandement, et la sémantique ne souffre aucune ambiguïté : efficience, inadapté, efficacité, bénéfice, réhabilitation… Deux champs sémantiques sont ici convoqués, celui du discours néolibéral et celui de la domination. Mais c’est au final un seul maître, un seul ordre de fer. La psychanalyse est l’envers de la domination, l’envers d’une réadaptation du sujet à la société. Cet amendement veut éradiquer la psychanalyse pour autant qu’elle est, comme praxis, orientée par l’éthique du désir. Et le désir est rebelle à l’ordre. C’est le désir rebelle que cet amendement vise à réduire au silence.

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Des délégués ministériels biberonnés à la HAS
Allan Caro

« Mme Guidez — À mon sens, la psychanalyse pourrait faire partie des prestations non efficientes ; […] le délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement et la HAS ne reconnaissent pas l’efficacité de cette pratique. Serait-il envisageable d’exclure la psychanalyse ou des prestations s’y référant d’une prise en charge intégrale ? […]

Mme Parmentier-Lecocq, ministre déléguée — Je vais être très claire : la psychanalyse n’a pas sa place dans l’accompagnement et dans la prise en charge des personnes atteintes de troubles du neurodéveloppement. Je partage totalement la position de la HAS sur le sujet[1] ».

Cet échange a eu lieu au Sénat le 29 octobre dernier lors de la déclaration sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Mme Guidez, qui porte l’amendement n°159 au PLFSS, mentionne Étienne Pot, le délégué interministériel pour les troubles neurodéveloppementaux (TND). Cet ancien médecin de santé publique et addictologue est également diplômé de l’EHESS. C’est donc en bon manager qu’il tape sur la psychanalyse. Il déclarait au récent colloque d’AFG Autisme : « Le seul indicateur […] qui compte aujourd’hui, c’est notre capacité à faire progresser les enfants. […] Et je le redis, ce n’est pas la psychanalyse qui va permettre de remédier à ça. Alors souvent, on me dit de faire attention, il va y avoir une méta-analyse qui va sans doute sortir un jour, qui va prouver l’efficacité de la psychanalyse. Je vous rassure, je dors très tranquille, et surtout je suis patient[2] ». Il ajoute : « Les bien-portants peuvent faire de la psychanalyse. Les personnes qui souhaitent s’allonger sur un divan pour parler, elles font ce qu’elles veulent, c’est pas mon sujet. […] Ce qui doit infuser partout dans notre pays c’est la culture de la remise en question permanente ».

Cela pourrait être comique si ce combat d’une grave ignorance n’était pas porté par nos femmes et nos hommes politiques. Le délégué interministériel s’appuie sur les recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de santé (HAS) publiées en 2012, listant les interventions globales non consensuelles[3]. Quelques lignes montées en épingle qui servent un propos nourri par la haine et qui fait bien entendre sa certitude : quoi qu’on réponde, le verdict semble définitif, bien qu’erroné. De nombreuses publications récentes montrent que les psychothérapies psychanalytiques sont aussi efficaces que les psychothérapies cognitivo-comportementales[4]. S’il s’agit de se « remettre en question » comme l’assène M. Pot, comment expliquer l’idéologie catégorique portée par cet amendement n°159 ? C’est ainsi que, en le disant avec Lacan, « la politique repose sur ceci, que tout le monde est trop content d’avoir quelqu’un qui dit En avant marche – vers n’importe où, d’ailleurs[5] ».

Nous ne sommes pas du tout rassurés, Monsieur le délégué. Nous sommes même très inquiets. Les enfants, les adolescents, les adultes, reçus en ce moment par des professionnels qui trouvent en la psychanalyse une boussole rigoureuse, ne se portent pas bien ni ne dorment tranquillement. Et comme nous allons de dénégations en dénégations avec cet amendement, si ce n’est pas votre sujet, laissez-le aux praticiens qui travaillent à accueillir le plus singulier de chacun, qu’il soit sur le divan ou non.


[1] Consultable en ligne : https://www.vie-publique.fr/discours/300705-stephanie-rist-charlotte-parmentier-lecocq-29102025-plfss-2026?utm_source=chatgpt.com
[2] Colloque d’AFG Autisme, 13 septembre 2025, Espace Reuilly, consultable en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=xyOd_sv_PGI&t=1s
[3] Haute Autorité de santé, « Recommandation de bonne pratique. Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent », mars 2012, p. 27, consultable en ligne : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-03/recommandations_autisme_ted_enfant_adolescent_interventions.pdf
[4] Gonon F. & Keller P.-H., « L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente ». L’Encéphale, vol. 47, n°1, 2021, p. 49-57.
[5] Lacan J., « Conférence à Genève sur le symptôme », texte établi par J.-A. Miller, La Cause du désir, n°95, avril 2017, p. 21. 

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Re-commander
Clément Marmoz

 Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) se présentent comme un guide, une aide, presque un vade-mecum inoffensif. Mais sous cette apparente modestie se loge une nouvelle figure de la maîtrise. Les RBPP ne se contentent pas d’indiquer : elles exigent.

Un maître moderne

Les RBPP ne se bornent pas à cadrer : elles retirent ce qu’elles commandent, pour mieux commander encore, en ce sens elles destituent la loi. C’est le trait du maître moderne : il prescrit et, simultanément, destitue sa propre prescription – re-commander, c’est commander deux fois plus, comme me l’a soufflé Jean-Robert Rabanel – laissant l’institution dans une dette infinie, jamais suffisamment conforme, jamais suffisamment alignée et toujours un peu méprisée.

Ce mode de commandement paradoxal s’accorde parfaitement avec l’idéologie que portent les RBPP : l’idéal d’une harmonie possible, d’une garantie du soin, d’un social enfin pacifié par la bonne méthode. Idéal d’autant plus puissant qu’il se prétend neutre, scientifique, objectif. Mais cet idéal ignore ce que Freud nommait le malaise dans la civilisation. Il ignore également ce que Lacan mettait au cœur de l’expérience analytique : le langage comme un parasite.

Un pouvoir sans sujet au-delà de la loi

Les RBPP, en ce sens, sont une tentative de suturer la béance structurelle entre le langage et le réel. Elles veulent colmater la faille du sujet par la procédure, réduire l’imprévu de la parole à la prévisibilité du protocole. Elles s’appuient sur une prétention de garantie qui relève bien plus du mythe que de la science. La loi, auparavant, fixait un cadre symbolique lisible. Les RBPP, elles, se situent dans un au-delà de la loi : elles occupent sa place sans en assumer la dimension politique et symbolique. Elles instaurent un pouvoir sans sujet, un discours du maître tout en niant qu’il en soit un – un maître balbutiant, mais d’autant plus féroce.

Nouvelle injonction : une garantie ?

C’est dans ce contexte qu’apparaît aujourd’hui un amendement visant à faire disparaître le remboursement de soins lorsque ceux-ci s’orientent de la psychanalyse. Ce geste législatif s’inscrit dans la même logique : un retrait par lequel on commande. Un effacement qui, sous couvert de rationalisation, produit une nouvelle injonction. Ce que rappelle pourtant la clinique – et plus vivement encore celle de la psychose – c’est que le réel du sujet ne se laisse pas gouverner par la volonté d’imposer une garantie. Le soin, lorsqu’il accueille la parole, n’obéit pas à la procédure : il s’inscrit dans le cadre de la loi mais ne pourra, de structure, jamais se laisser réduire à des re-commandations.

Aucun idéal d’harmonie ne peut congédier ce qui, depuis Freud et Lacan, constitue le cœur même du soin psychique – la rencontre avec ce qui déjoue les garanties, avec ce qui parle.

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Votre guerre n’est pas notre guerre
Solenne Albert

L’amendement n°159 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale indique ceci : « À compter du 1er janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie. »

« Ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques »…

Mesdames et messieurs les sénateurs doivent être bien mal informés de la réalité de terrain s’ils s’imaginent qu’il est possible de tracer une ligne claire avec d’un côté les praticiens se réclamant de la psychanalyse, et de l’autre ceux qui, soi-disant, s’y opposeraient.

Je travaille depuis vingt ans dans un hôpital psychiatrique dans lequel j’ai plaisir à œuvrer de concert avec de nombreux professionnels aux supports théoriques riches et très variés. Aucune animosité entre nous, encore moins de dissension : nous agissons côte à côte pour accompagner nos patients à moins souffrir. Et pour cela, nous nous enrichissons les uns les autres de réflexions, de discussions, de lectures partagées.

Je pense qu’aucun de mes collègues – qu’ils soient psychologues, psychiatres, infirmiers, etc. – ne peut dire qu’il n’a jamais lu Freud ; encore moins qu’il ne s’est jamais, à aucun moment, appuyé, éclairé, aidé d’un concept, d’une référence, d’un texte de Freud.

Dans le centre médico-psychologique (CMP) où je travaille, comme dans toutes les structures qui accueillent des patients, nous sommes attentifs au lien transférentiel, nous en prenons grand soin. Et nous en parlons ensemble. Tous les jours. Or le transfert est un concept freudien. Allez-vous donc nous interdire, en réunion clinique, en synthèse, en analyse, de pratiquer, d’interroger ce lien si spécifique qui unit un patient à une équipe de soin et qui, bien souvent, contribue à lui redonner le goût de vivre ?

Mais avec quels outils pensez-vous que nous travaillons si ce n’est à partir de la parole prise dans une relation sociale ? Les praticiens ne sont pas de simples exécutants de protocoles.

Et tous les psychologues de ma connaissance, y compris ceux qui s’appuient sur des outils des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), s’indignent contre cet amendement scélérat. Ils n’hésitent pas à dire ce qu’ils doivent, eux aussi, à l’inventeur de la psychanalyse.

Car c’est lui – Freud – qui a donné naissance à toutes les thérapies par la parole qui, depuis lors, ont vu le jour. C’est lui, le premier, qui a compris que nos symptômes, qu’ils soient corporels ou psychiques, peuvent relever d’une causalité autre que médicale : une causalité psychique. C’est parce que nous pensons qu’il faut chercher dans l’histoire d’un sujet les traces de ce qui a provoqué son mal-être, que nous parlons avec lui.

Interdire la psychanalyse, c’est interdire aux patients de s’interroger sur les causes de leur souffrance. C’est donc aussi leur interdire de parler.

Cet amendement n’est donc pas seulement une attaque contre la pluralité des approches. Cette vision manichéenne du soin psychique témoigne aussi d’un obscurantisme invraisemblable et n’est pas partagée par les professionnels de terrain. En effet, les différentes approches ne s’excluent pas, ne s’opposent pas les unes aux autres, mais encore : elles s’entremêlent.

Votre guerre n’est pas notre guerre. D’ailleurs, pourquoi vouloir chercher à nous diviser ainsi ? Quel but se cache derrière cette entreprise honteuse ? Comment peut-on, d’un coup de crayon, dénigrer ainsi toute une profession ?

Ne serait-il pas temps de proposer plutôt un amendement qui reconnaîtrait, abriterait, protégerait les praticiens du soin psychique ? Et pourquoi ne pourrait-on pas plutôt interdire d’interdire la psychanalyse ?