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	<title>Newsletter Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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	<description>Association de la Cause freudienne en Corse - Restonica</description>
	<lastBuildDate>Sat, 12 Sep 2026 08:23:33 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Newsletter Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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	<item>
		<title>Hommage à Gilbert Jannot décédé en juillet</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/hommage-a-gilbert-jannot-decede-en-juillet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 11:40:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Gilbert Jannot était un collègue de Nice, un ami de Nice, qui était venu le 29 novembre 2003 à Corte, pour une Journée clinique de l’enfant. Le groupe a criatura avait organisé une Journée de travail sous le titre « Comment se faire partenaire d’un enfant ?». Notre invitée, Élisabeth Leclerc-Razavet, avait soutenu les présentations de la pratique des responsables du groupe Charivari, (groupe de Nice) représenté par Gilbert Jannot et Alain Courbis ainsi que les présentations des cliniciens locaux. Gilbert avait une clinique solide que ce soit auprès des enfants ou que ce soit auprès des adultes. Chaque intervention qu’il faisait, <a href="https://acf-restonica.fr/hommage-a-gilbert-jannot-decede-en-juillet/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Gilbert Jannot était un collègue de Nice, un ami de Nice, qui était venu le 29 novembre 2003<br />
à Corte, pour une Journée clinique de l’enfant. Le groupe <em>a</em> criatura avait organisé une<br />
Journée de travail sous le titre « Comment se faire partenaire d’un enfant ?». Notre invitée,<br />
Élisabeth Leclerc-Razavet, avait soutenu les présentations de la pratique des responsables du<br />
groupe Charivari, (groupe de Nice) représenté par Gilbert Jannot et Alain Courbis ainsi que<br />
les présentations des cliniciens locaux.<br />
Gilbert avait une clinique solide que ce soit auprès des enfants ou que ce soit auprès des<br />
adultes. Chaque intervention qu’il faisait, dans les groupes de recherche sur l’enfant dans le<br />
discours analytique, dans les conférences, dans l’enseignement des sections cliniques, était<br />
appréciée de chacun, par sa clarté et sa précision. Et l’humour n’était pas absent du sérieux<br />
de son dire.<br />
Sa disparition me touche, nous touche beaucoup. Nous adressons à sa famille, à ses amis, et<br />
à ses collègues nos profondes et amicales condoléances.</p>
<p>Marie-Josée Raybaud</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>a criatura passe le col de Vizzavona…</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/a-criatura-passe-le-col-de-vizzavona/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 11:32:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette année, deux changements sont à noter pour la Journée clinique a criatura. Le premier concerne la date ! En effet, nous vous donnons rendez-vous le 26 septembre, portés par l’effervescence de la rentrée et reposés par nos vacances, cette Journée nous remettra sur les rails avec entrain et bonne humeur. Et sur les rails, nous nous y retrouverons peut-être si nous décidons de prendre le train car le second changement concerne le lieu ! Le groupe a criatura passe le col de Vizzavona et se rend à Ajaccio. Par ce changement, nous tenions à saluer la présence de nos collègues <a href="https://acf-restonica.fr/a-criatura-passe-le-col-de-vizzavona/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année, deux changements sont à noter pour la Journée clinique <em>a</em> criatura. Le premier<br />
concerne la date !<br />
En effet, nous vous donnons rendez-vous le 26 septembre, portés par l’effervescence de la<br />
rentrée et reposés par nos vacances, cette Journée nous remettra sur les rails avec entrain et<br />
bonne humeur.<br />
Et sur les rails, nous nous y retrouverons peut-être si nous décidons de prendre le train car le<br />
second changement concerne le lieu ! Le groupe <em>a</em> criatura passe le col de Vizzavona et se<br />
rend à Ajaccio.<br />
Par ce changement, nous tenions à saluer la présence de nos collègues ajacciennes au<br />
groupe <em>a</em> criatura et espérons accueillir de nouveaux cliniciens de Corse du Sud.<br />
Sur la forme, rien ne change. Des cliniciens orientés par la psychanalyse présenteront leur<br />
pratique clinique. Les présentations seront ponctuées par les commentaires de notre invitée,<br />
Christine Maugin, psychanalyste et membre de l’ECF qui donnera une conférence l’après-<br />
midi.<br />
Nous espérons vivement vous retrouver lors de cet évènement…<br />
À prestu !</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Témoignages de cartellisants</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/temoignages-de-cartellisants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 07:57:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Temoignages cartellisants]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://acf-restonica.fr/temoignages-de-cartellisants/temoignages-cartellisants/" rel="attachment wp-att-4220">Temoignages cartellisants</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Interview Newsletter Spéciale cartel</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/interview-newsletter-speciale-cartel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 07:29:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4214</guid>

					<description><![CDATA[Élodie Vittori, responsable de la NL, pose trois questions à Marie Rosalie Di Giorgio, déléguée aux cartels. &#160; Quand on entend le mot « cartel », on ne sait pas très bien de quoi il s’agit… Comment expliquer simplement ce dispositif et ce qui le rend différent d’un groupe de travail classique ? En effet, il existe bien des formes de groupe de travail. Il faut sans doute rappeler avant toute chose que les cartels sont de l’École. Une fois constitué, le cartel a à être déclaré à l’École. Cette référence à l’École me paraît essentielle. Cela nous ramène au moment où Lacan <a href="https://acf-restonica.fr/interview-newsletter-speciale-cartel/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Élodie Vittori, responsable de la NL, pose trois questions à Marie Rosalie Di Giorgio, déléguée aux cartels.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>Quand on entend le mot « cartel », on ne sait pas très bien de quoi il s’agit… Comment expliquer simplement ce dispositif et ce qui le rend différent d’un groupe de travail classique ?</em></strong></p>
<p>En effet, il existe bien des formes de groupe de travail.</p>
<p>Il faut sans doute rappeler avant toute chose que les cartels sont de l’École. Une fois constitué, le cartel a à être déclaré à l’École. Cette référence à l’École me paraît essentielle.</p>
<p>Cela nous ramène au moment où Lacan a inventé ce dispositif, à savoir le moment où il a fondé son École, en 1964. Quel est le principe pour Lacan ?  Il parle « d’une élaboration soutenue dans un petit groupe<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> » et ce, « pour l’exécution d’un travail ».</p>
<p>Nous voici avec les deux termes : groupe et travail. On pourrait dire que Lacan a inventé le dispositif du cartel pour réduire le plus possible ce qu’on appelle les effets de groupe, effets imaginaires, pour que ça fasse le moins d’ombre possible au travail à mener.</p>
<p>Ce qui est, me semble-t-il, caractéristique du cartel, c’est la mise au travail de chacun. S’il peut y avoir une thématique commune, chacun va y entrer avec sa propre question qui s’élaborera dans le temps du cartel. Mise au travail qui noue d’une certaine façon désir de savoir et tâche à accomplir. On se met donc à la tâche, que ce soit en se frottant à la lecture des textes, en se confrontant aux concepts, ou à partir d’une thématique clinique, ou encore pour interroger les phénomènes contemporains, et ce, avec quelques autres, pour produire des petits bouts de savoir, toujours singuliers.</p>
<p>Soulignons « un petit groupe ». Cela va dans le sens de la mise au travail de chacun.</p>
<p>La fonction du plus-un permet de décompléter l’ensemble, toujours dans ce souci de limiter les effets imaginaires.</p>
<p>C’est dans cette même perspective que Lacan a introduit le principe de permutation, tous les ans ou deux ans au plus, c’est-à-dire qu’ensuite le cartel est dissous, afin d’éviter les effets dits de « colle ».</p>
<p>C’est donc une structure pensée pour réduire les effets imaginaires inhérents à tout fonctionnement de groupe, introduire du moins, une place vide, pour que ça circule, et avec une référence à l’École.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>Dans un cartel, il y a cette fonction un peu énigmatique du « plus-un ». Quel est son rôle concrètement et qu’est-ce que cela change dans la dynamique de travail ?</em></strong></p>
<p>Nous venons de parler de structure et d’évoquer le plus-un. Eh bien, pour que cette structure du cartel puisse opérer, la fonction du plus-un est nécessaire. Elle participe, comme nous l’avons dit, à réduire les effets imaginaires propres à tout groupe. Il s’agit également de favoriser chez chacun un lien au savoir, savoir qui, dans le champ de la psychanalyse, n’est pas un savoir totalisant. Le plus-un a à veiller à ce que, pour chacun, puisse se produire un bout de savoir. Disons en tout cas qu’il s’agit de créer les conditions pour ce faire, susciter l’envie de cheminer. C’est en quelque sorte un pousse à produire de l’élaboration.</p>
<p>Evidemment, ce n’est pas si simple. Comme l’indique Jacques-Alain Miller, mieux vaut éviter de faire le maître ou l’analyste.</p>
<p>D’où le fait que le plus-un ait aussi sa question, qu’il soit aussi au travail, c’est-à-dire qu’il soit aussi un cartellisant.</p>
<p>Je dirai pour ma part qu’il y a une certaine intranquillité dans cette fonction de plus-un, intranquillité qui n’est pas sans lien, me semble-t-il, avec le rapport à la cause analytique.</p>
<p>J’aime bien ces expressions de Jacques-Alain Miller<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> à propos du plus-un : « faire des trous dans les têtes » et « venir avec des points d’interrogation ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>Qu’est-ce que les cartellisants peuvent retirer d’une expérience de cartel ? Qu’est-ce que cela peut mettre en mouvement dans leur rapport à la psychanalyse, leur réflexion ou leur pratique ?</em></strong></p>
<p><em> </em>Du mouvement, en effet !</p>
<p>Il y a donc ces petits bouts de savoir qu’on acquiert au fur et à mesure, ainsi que le rapport au savoir qui se transforme. Le savoir, dans notre champ, est un savoir troué. Pas de savoir qui puisse venir à bout du réel ! Pas de savoir qui vaudrait jusqu’à la nuit des temps ! L’enseignement de Lacan, avec ses points de butée et ses avancées, ses changements de perspective, dans un va et vient entre expérience analytique et élaboration, pas sans tenir compte des transformations de la civilisation, en témoigne. Et ça continue !</p>
<p>C’est donc avec nos propres questions que nous nous frayons un chemin de cartel en cartel. C’est à partir de là que nous pouvons subjectiver, nous approprier des concepts, des notions, dans les échanges avec les autres. Ce travail permet, au gré des discussions, des élaborations, de faire des ponts, des liens : tel abord d’un concept nous fait penser à tel autre abord à un autre moment, peut nous conduire à tel point clinique qui s’en trouve éclairé autrement etc. Ainsi s’effectue un véritable tissage qui tresse une toile de fond à partir de laquelle, en effet, se modifie notre rapport au savoir, à la clinique et à la pratique. Il faut du temps… C’est à la fois modeste, pourrait-on dire, et pouvant produire des effets de formation, nous permettant au fur et à mesure de mieux nous orienter.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Lacan J., « Acte de fondation », <em>Autres écrits</em>, Paris, Seuil, 2001, p. 229.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Miller J.-A., « Cinq variations sur le thème de « l’élaboration provoquée » », 11 décembre 1986, consultable sur internet.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Présentation NewsLetter spéciale</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/presentation-newsletter-speciale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 07:25:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4212</guid>

					<description><![CDATA[À l’occasion de la Rencontre des cartels, rendez-vous annuel dans notre région, qui aura lieu le samedi 19 septembre 2026, sous le titre « Le temps du cartel », nous vous proposons une Newsletter spéciale consacrée au cartel, ce « petit groupe de travail » à la structure particulière et qui permet de maintenir un lien vivant à la cause analytique. Vous trouverez dans cette NewsLetter une interview que la responsable de la NL, Élodie Vittori, a proposée à la déléguée aux cartels dans notre région, Marie Rosalie Di Giorgio, dans la perspective d’éclairer comment fonctionne un cartel, sa visée, le rôle du plus-un, <a href="https://acf-restonica.fr/presentation-newsletter-speciale/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de la Rencontre des cartels, rendez-vous annuel dans notre région, qui aura lieu le samedi 19 septembre 2026, sous le titre « Le temps du cartel », nous vous proposons une Newsletter spéciale consacrée au cartel, ce « petit groupe de travail » à la structure particulière et qui permet de maintenir un lien vivant à la cause analytique.</p>
<p>Vous trouverez dans cette NewsLetter une interview que la responsable de la NL, Élodie Vittori, a proposée à la déléguée aux cartels dans notre région, Marie Rosalie Di Giorgio, dans la perspective d’éclairer comment fonctionne un cartel, sa visée, le rôle du plus-un, ce que peut apporter le travail en cartel.</p>
<p>Vous y lirez également des « flèches » de cartellisants qui ont bien voulu se prêter à l’exercice de nous dire ce que représente pour eux le travail en cartel, ce que ça leur apporte.</p>
<p>Un mot sur la Rencontre des cartels du 19 septembre. Notre invité cette année est le responsable de la commission des cartels à l’École de la Cause freudienne, Philippe Benichou. Il nous présentera ce qu’est l’essence du cartel et les projets de la commission à propos des cartels avant de commenter les produits de cartel qui seront exposés par des cartellisants.  Une discussion s’ensuivra. La matinée se conclura par un temps consacré à la constitution de nouveaux cartels.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’édito:</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/ledito-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 13:43:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4187</guid>

					<description><![CDATA[La Newsletter du mois de septembre est l&#8217;occasion de vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne rentrée, et de vous présenter le programme de l&#8217;ACF en Corse &#8211; Restonica à venir. Le 19 septembre, la matinée sera consacrée à la Rencontre des cartels, en présence de notre invité Philippe Benichou. Des cartelisants nous présenteront à cette occasion leur produit de cartel. L&#8217;après-midi, Philippe Benichou nous accompagnera également pour l&#8217;Atelier du séminaire de lecture, ouvert seulement aux cartelisants. La prochaine Journée clinique du groupe a criatura, organisée le 26 septembre, aura lieu cette année à Ajaccio, avec comme invitée Christine <a href="https://acf-restonica.fr/ledito-4/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Newsletter du mois de septembre est l&rsquo;occasion de vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne rentrée, et de vous présenter le programme de l&rsquo;ACF en Corse &#8211; Restonica à venir.</p>
<p>Le 19 septembre, la matinée sera consacrée à la Rencontre des cartels, en présence de notre invité Philippe Benichou. Des cartelisants nous présenteront à cette occasion leur produit de cartel. L&rsquo;après-midi, Philippe Benichou nous accompagnera également pour l&rsquo;Atelier du séminaire de lecture, ouvert seulement aux cartelisants.</p>
<p>La prochaine Journée clinique du groupe <i>a </i>criatura, organisée le 26 septembre, aura lieu cette année à Ajaccio, avec comme invitée Christine Maugin. Son titre est « Quand la pulsion orale se déchaîne ».</p>
<p>Concernant l’activité au niveau national, le 12 septembre aura lieu, à Paris, le lancement du congrès de l’AMP 2028, qui aura pour titre « L’impossible à supporter ».</p>
<p>Et enfin, toujours à Paris, les 7 et 8 novembre prochains, se tiendront les 56<sup>èmes</sup> Journées de l’École de la Cause freudienne : «  Le sentiment de la vie ».</p>
<p>Soyez également attentifs car une Newsletter Spéciale Cartels paraîtra très bientôt.</p>
<p>En attendant de vous retrouver, je vous souhaite à nouveau une très bonne rentrée !</p>
<p>Anne Orenga</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; FORUM &#8211; 20 NOV 2025</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-forum-20-nov-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 18:40:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Les interventions du Forum contre l'amendement liberticide du 20 novembre 2025 sont en ligne sur le site de l'ECF.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4156"  class="panel-layout" ><div id="pg-4156-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4156-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4156-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4156-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child" data-index="0" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4156-0-1-0" ><div
			
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	<p>Les interventions du <em>Forum<br />
</em><em>c</em><span style="font-family: Georgia, serif;"><em>ontre l'amendement liberticide</em><br />
</span>du 20 novembre 2025<br />
sont en ligne sur le site de l'ECF.</p>
</div>
</div></div></div><div id="panel-4156-0-1-1" class="so-panel widget widget_sow-image" data-index="1" ><div
			
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			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Colloque Palais du Luxembourg &#8211; 6 juin 2026</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 10:48:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque « Défendre la relation dans les soins psys » 6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord. Introduction de Madame la Sénatrice Raymonde Poncet Monge Pourquoi ce colloque ? Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #ff0000;">Colloque « Défendre la relation dans les soins psys »</span><br />
<span style="color: #ff0000;">6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg</span></h2>
<hr />
<p><em>À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord.</em></p>
<p><strong>Introduction de Madame la Sénatrice<br />
</strong><strong>Raymonde Poncet Monge</strong></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Pourquoi ce colloque ?</span></h2>
<p>Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement des centres experts et du modèle de l’opérateur privé FondaMental, comme un amendement visant à dérembourser les soins psychiques se réclamant de l’orientation psychanalytique voire à les interdire, ont provoqué une forte inquiétude et de larges mobilisations dans le monde Psy, des psychologues, psychanalystes, psychiatres et autres professionnels du soin.</p>
<p>Ainsi, pour ce qui est des centres experts, sans état des lieux ni évaluation sérieuse du modèle ainsi promu, sans étude d’impact, sans concertation préalable et recherche de consensus de la profession, et alors que rarement une proposition de loi n’aura suscité lors des auditions autant de réserves et même d’oppositions d’acteurs, la majorité sénatoriale a quand même modifié par la loi l’organisation des soins en psychiatrie.</p>
<p>Et cela, alors que lors de son audition, la Direction Générale de l’Organisation des soins déclarait que le modèle des centres experts n’avait pas fait l’objet d’évaluation scientifique indépendante et que le véhicule législatif ne lui semblait pas adapté.</p>
<p>La réponse adaptée aurait été alors d’ouvrir enfin la controverse sur ce modèle centré sur une expertise psychiatrique qui est délivrée à l’issue d’examens et de réponses à des questionnaires sur un peu plus d’un jour, alimentant d’énormes banques de données, et émettant des recommandations en direction des praticiens, recommandations déliées du soin et de son suivi.</p>
<p>Ainsi, à la faveur d’un intense lobbying et d’experts parfois juges et parties, le législateur devient celui qui introduit de nouvelles normes quasi administratives en y redéployant les financements, dans un contexte d’injonctions à baisser les dépenses publiques de santé et sur la croyance en la promesse de l’opérateur privé d’économies faramineuses pourtant non documentées et spéculatives.</p>
<p>L’autre initiative qui a suscité un fort émoi concerne l’amendement d’une parlementaire, prétendant, avant de retirer son amendement, condamner et interdire aux praticiens s’inspirant de la psychanalyse, le financement des pratiques concernées au sein des institutions de la pédopsychiatrie, initiative qui reprenait dix ans après la tentative de légiférer en ce sens portée à l’Assemblée nationale.</p>
<p>En s’immisçant à plusieurs reprises dans le débat académique et doctrinal et en tentant de le figer dans et par la loi, le législateur ne manque pas seulement de prudence et de sagesse mais il participe à installer une quasi-vérité d’État dans le champ de la psychiatrie autorisant un contrôle des pratiques et ouvrant le risque demain en psychiatrie d’une police des pratiques.</p>
<p>Notre colloque, qui réunit aujourd’hui praticiens, patients, familles, autour de leurs savoirs et expériences plurielles, acteurs mobilisés pour défendre la pluralité des méthodes, des approches, de la place de la relation et de la parole dans le soin, nous permettra de questionner et de comprendre ce qui se joue dans ces interventions répétées du législateur.</p>
<p>Car si la contestation ou la dispute sur la place de la psychanalyse dans le soin psychique n’est pas nouvelle, pas plus que celle sur la psychiatrie institutionnelle, l’offensive actuelle apparaît plus systémique et dangereuse dans le contexte des dérives autoritaires actuelles.</p>
<p>Et parce que le législateur s’en mêle, nous ne faisons pas face à une nouvelle confrontation des théories, des hypothèses et des approches cliniques, une sorte de guerre des écoles rejouant les controverses et consensus passés mais à la volonté d’imposer, dispositif par dispositif, une orientation théorique et des pratiques par l’effacement voire la répression d’autres.</p>
<p>Clap de fin pour certains débats alors que c’est bien l’ouverture au contradictoire qui reste à l’origine d’enrichissements réciproques et la condition de la progression de la science et des connaissances, dans le champ de la psychiatrie, tout le monde est invité puis sommé à être aligné.</p>
<p>Un glissement s’observe ainsi au sein de la Haute Autorité de Santé qui passe des recommandations de bonnes pratiques professionnelles conçues comme simples aides à la décision, aux approches cliniques jugées par elle non consensuelles, puis non recommandées et aujourd’hui pressée et tentée de franchir le pas vers l’opposabilité des recommandations.</p>
<p>Cette dernière position serait inédite et jusqu’ici inconcevable dans le champ de la psychiatrie et du soin psychique éthiquement centré sur la singularité du sujet.</p>
<p>La psychiatrie ne peut se soumettre à des méthodes et des réponses standardisées et protocolisées et encore moins se voir interdire de les mettre en débat.</p>
<p>Pour imposer et hâter l’uniformisation des pratiques, peu à peu des dispositifs ont été mis en place dont le fonctionnement s’est révélé au fil du temps au service d’un tri des pratiques jusqu’ici plurielles d’abord en direction des psychologues exerçant en libéral où la liberté du choix des orientations thérapeutiques est pourtant essentielle.</p>
<p>Déjà en 2024, lors d’une rencontre avec des psychologues, ceux-ci ont pointé que dans le cadre du dispositif Mon soutien Psy, certaines approches étaient écartées lors de la sélection pour devenir psychologue partenaire.</p>
<p>De plus, la difficile montée en charge de ce dispositif s’est accompagnée parfois de pression pour s’y conventionner envers des psychologues du secteur public pendant que leurs services et institutions tant dans l’éducation nationale, à l’université, dans les Instituts Médico-éducatifs, les CMPP étaient fragilisés.</p>
<p>Car a contrario des promesses de complémentarité de l’offre, force est de constater un effet de substitution, les difficultés croissantes des structures de la psychiatrie de secteur se voyant toujours refuser les moyens de leurs développements.</p>
<p>Enfin, pour la psychiatrie mais aussi la gériatrie, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux prodiguait des recommandations concernant le champ social et médico-social.</p>
<p>Or, sa fusion ou plutôt son absorption par la Haute Autorité de Santé, centrée sur le sanitaire, a eu une influence sensible, pour étendre aux approches cliniques relationnelles complexes, des outils pertinents pour les spécialités médicales ou le médicament comme l’évaluation par les preuves et les indicateurs mesurables.</p>
<p>Ont ainsi été minorés voire écartés les critères qualitatifs comme la qualité de vie, de la relation thérapeutique et l’évaluation sur le temps long voire sur toute une vie.</p>
<p>C’est pour ouvrir sur les questionnements que pose l’évolution en cours que nous avons pensé ce colloque autour de la relation dans les soins psys.</p>
<p>Car penser la relation et penser son effacement, c’est penser notre modèle de société : tant celui que nous défendons que celui dont nous nous défendons.</p>
<p>Depuis ma place d’économiste, j’observe que les théories qui s’avancent dans le champ psychiatrique supposent de plus en plus un individu autonome, rationnel, sans conflit intrapsychique pour ne pas dire sans inconscient.</p>
<p>Ces présupposés rejoignent certaines théories économiques et discours idéologiques, celui de l’<em>homo œconomicus</em>, individu rationnel, autonome dont les comportements de consommation, de production dépendent d’un calcul rationnel entre, d’une part, la recherche de satisfaction de ses besoins et désirs et d’autre part les efforts nécessaires pour les atteindre.</p>
<p>Par exemple, pour les tenants de cet individu rationnel, les indemnités chômage ou les prestations sociales seraient mis en balance de l’effort au travail et un certain niveau d’allocations désinciterait à la reprise d’un emploi, et dès lors il faut donc les baisser jusqu’à ce point supposé d’équilibre entre effort et revenu propre à l’individu chômeur rationnel et calculateur.</p>
<p>Un chômeur sans histoire professionnelle, asocial, sans appartenance de classe, sans conflit interne.</p>
<p>Cet<em> homo œconomicus</em> est une fiction, les prétendues preuves d’efficacité de cette théorie ne résistent pas à l’analyse mais les politiques publiques s’en inspirent par pure position idéologique.</p>
<p>Je constate que dans les différents champs des sciences humaines et sociales une vision idéologique propre au néolibéralisme et à la société de marché s’impose, dans le monde du travail, à l’école, dans les soins.</p>
<p>Et que partout il nous faut défendre entre autres la place de la relation.</p>
<p>Dans le soin, mais aussi dans les services publics contre l’excès de dématérialisation.</p>
<p>Sur la dématérialisation Pierre-Olivier Monteil, chercheur, écrit : <em>« L’interaction humaine n’existe plus, avec ce qu’elle pourrait avoir de plaisant ou de déplaisant, mais de vivant et bienvenu. Pour ne pas voir dans cette suppression un appauvrissement, il faut estimer qu’il y a peu à attendre de ces échanges ».</em></p>
<p>Je voudrais enfin conclure sur la dimension autoritaire et antidémocratique perceptibles dans tant de domaines mais pour ce qui nous occupe aujourd’hui, dans le champ des soins Psys.</p>
<p>Alerter car  :</p>
<p>Dans une société démocratique, aucune orientation théorique en psychiatrie ne peut être imposée.</p>
<p>Dans une société démocratique, on réfute toute science d’État.</p>
<p>Dans une société démocratique, les experts des agences indépendantes ne prennent pas de positions publiques d’ailleurs interdites par le Code de la santé publique.</p>
<p>Dans une société démocratique, on protège la liberté de prescription.</p>
<p>Dans une société démocratique, les positions idéologiques ne priment pas sur la démarche scientifique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le législateur devrait en être garant.</p>
<p>Par ce colloque, comme sénatrice j’entends faire ma part.</p>
<p>Je remercie l’ensemble des intervenantes et intervenants, modératrices, modérateurs ainsi que vous toutes et tous ici présents.</p>
<p>Je vous souhaite un excellent colloque et j’appelle la première table ronde.</p>
<hr />
<p><em>Nous avons le plaisir de vous adresser l&rsquo;intervention au Sénat de la présidente de l&rsquo;École de la Cause freudienne à l&rsquo;occasion du colloque sur la défense de la relation dans les soins psys du 6 juin 2026.</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Exercice démocratique et parole en psychanalyse</strong></span></h2>
<h3>Laura Sokolowsky</h3>
<p><strong> </strong>Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire.<br />
Cette idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de médecins et de fonctionnaires examinèrent les dossiers des patients internés.<br />
L’on estime à présent qu’entre 200.000 et 300.000 personnes handicapées ou souffrant de maladie mentale furent assassinées en Allemagne entre 1939 et 1941 dans le cadre du programme T4 ayant servi de laboratoire aux exterminations de masse ultérieures.</p>
<p>L’Allemagne des années trente offrait un terrain propice à toutes les dérives, arguant d’une défaite militaire, d’un chaos économique et d’une humiliation nationale. Dans ce contexte de détresse collective, un leader séduisit les masses en promettant à chacun un avenir radieux ainsi qu’une fierté retrouvée. Or, ce qui reste difficile à saisir, et que les historiens peinent encore à expliquer n’est pas tant la pathologie du leader que la vitesse avec laquelle une secte d’individus marginaux, qui prônaient la préférence nationale et l’usage de la violence pour y parvenir, remporta l’adhésion de la population. Les grandes interprétations historiques, qu’il s’agisse du fascisme générique, des intérêts du grand capital ou du culte de la personnalité, éclairent sans doute une partie du phénomène sans épuiser ce qui en constitue le nœud, à savoir la soumission volontaire des masses à la volonté de destruction.<br />
C’est ici que la psychanalyse, avec ses concepts de surmoi, de pulsion de mort et d’identification à l’idéal du moi, peut apporter un éclairage que l’Histoire, à elle seule, ne saurait fournir. Encore faut-il que la psychanalyse puisse s’exercer librement, les condition de sa pratique étant l’exercice sans protocole ni volonté de maîtrise des pouvoirs de la parole et de l’interprétation. Pour cette raison, la pratique psychanalytique et la démocratie ont partie liée.</p>
<p>Revenons un instant ce qui ce qui distingue le nazisme d’autres formes d’antisémitisme plus anciennes. Il s’agit du fait que Hitler ne visait pas la persécution, mais l’élimination d’êtres humains. Au printemps 1933, Freud ne mesurait pas encore cette différence qualitative. Il pensait en termes de pogroms, de restrictions, de vexations et d’agressions, c’est-à-dire ce dont il était possible d’avoir une représentation. La notion que l’antisémitisme puisse se réaliser dans une forme absolue dépassait ce que l’imaginaire, même le sien, était capable d’anticiper.</p>
<p>Les régimes autoritaires ont toujours su que la parole était leur ennemi principal. Ce n’est pas un hasard si l’autodafé des livres de Freud eut lieu au mois de mai 1933. Et ce n’est pas un hasard non plus si, parmi les premiers visés par des lois d’exclusion, se trouvaient des médecins, des psychanalystes, des éducateurs, des travailleurs sociaux et des enseignants. Brûler les livres de Freud, c’était s’en prendre à l&rsquo;idée qu’il peut exister, au cœur de chaque être humain, quelque chose qui échappe à l’emprise du collectif, à la voix du chef, à la communion des masses dans la jouissance partagée d’un ennemi commun.</p>
<p>Comment réagirent les psychanalystes ? Le mouvement analytique de l’époque se retrancha derrière le principe de neutralité scientifique : la psychanalyse n’étant pas une vision du monde, mais une méthode de soin, une thérapeutique, ils n’avait pas à prendre politiquement position. En cela se confirme ce que Freud affronta dès le milieu des années vingt en s&rsquo;opposant à certains membres de sa propre association qui souhaitaient réserver l’accès à la formation analytique aux seuls médecins. Freud savait que la réduction de la psychanalyse à la thérapeutique lui faisait courir le danger d’une dissolution par absorption comme spécialité médicale.<br />
La posture inverse, présentée comme une garantie d’indépendance, fut en réalité une démission éthique. Elle permit à certains analystes aryens de poursuivre leurs activités dans l’Allemagne nazie, là où leurs collègues juifs furent contraints de s’exiler. Sous couvert de sauver leur discipline, ils se livrèrent à toutes les compromissions et donnèrent leur âme au diable.</p>
<p>Les attaques contemporaines contre la psychanalyse proviennent de l’alliance d’une hostilité déclarée et d’une rationalité gestionnaire. Elles ont le visage de l’expertise, du comité scientifique, de l’instance régulatrice. C’est ce qui les rend difficiles à reconnaître pour ce qu’elles sont de la part du grand public et des médias. En procédant par étapes, en empruntant le langage de la raison et de la science, le rejet de la psychanalyse comme expérience de parole se présente comme une mesure de bon sens que personne ne devrait contester.</p>
<p>Il convient de rappeler que les recommandations de la Haute Autorité de Santé contre les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme en 2012 ont constitué une première fracture. Pour la première fois en France, une instance officielle de santé publique s’est prononcée contre la psychanalyse au nom de la science, ou plutôt d’une certaine conception de la science réductible à l’<em>Evidence-based medicine</em>. Sous couvert de rigueur méthodologique, ce qui ne se mesure pas n’existe pas, ce qui ne produit pas de résultats quantifiables en un temps défini n’a pas droit de cité. La psychanalyse qui accueille ce qui résiste à la mesure, le désir, l’inconscient, le rêve, la répétition, a été déclarée hors-jeu.<br />
L’offensive s&rsquo;est poursuivie et s’est amplifiée à travers la montée en puissance des thérapies comportementales promues par les institutions de santé au motif de leur efficacité mesurable et de leur rapport coût-bénéfice favorable. Il s’agit rien de moins que de soumettre le soin psychique aux critères de rentabilité qui gouvernent les autres secteurs de l’économie. Une thérapie brève, protocolisée, reproductible d’un patient à l&rsquo;autre, évaluable par un questionnaire standardisé, tel est ce qu’un tel système finance et recommande. Un traitement analytique dont la durée est indéterminée, dont l’issue ne peut être fixée à l’avance et dont les effets ne se laissent pas réduire à la disparition du symptôme, n’est ni compréhensible ni tolérable.</p>
<p>Cette tendance de fond concerne aussi la formation des futurs praticiens. Dans les facultés de médecine et de psychologie, les enseignements d’orientation psychanalytique doivent s’effacer  au profit des approches <em>neuro</em>. Les internes en psychiatrie se forment de moins en moins à l’écoute clinique, on leur apprend à travailler en utilisant des protocoles standardisés. La prise en compte de la relation entre le patient et son psy, ce qu’en psychanalyse nous désignons par le transfert et qui repose sur un lien de parole, est ignoré, négligé, dénigré.<br />
Ce sont ainsi des générations entières de soignants qui sont privés de ce que la psychanalyse a mis un siècle à élaborer, à savoir une théorie du sujet adossée à la clinique du cas par cas.</p>
<p>À cela s’ajoutent des attaques plus récentes issues du champ législatif, telles que l’amendement visant le déremboursement des pratiques inspirées par la psychanalyse, l’inscription de centres experts soutenus par une fondation privée dans le code de la santé publique, de nouvelles recommandations sur l’autisme excluant la psychanalyse comme pratique non recommandée. Puis, l’horizon de l’opposabilité des recommandations présentées comme une nécessité impérieuse accompagnées d&rsquo;inspections, de contrôles inopinés des établissements et de fermeture administratives des institutions qui n’obéissent pas. Le vocabulaire employé n’est pas celui du soin, mais d’un ordre de fer.</p>
<p>L’enjeu est la liberté de parole et son expression démocratique. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la psychanalyse n’est pas séparable du destin de la démocratie. En effet, la démocratie ne se résume pas au régime électoral. Elle suppose la possibilité d&rsquo;une parole irréductible à l’identification au groupe, fut-il en position majoritaire, et au chef. Elle suppose qu’il existe un espace où la parole puisse se dire sans être soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la logique du rendement et de l&rsquo;obéissance où le sujet peut faire l’expérience de sa division, de ses contradictions, de son désir.</p>
<p>Si les attaques actuelles contre la psychanalyse ne brûlent pas les œuvres de Freud, elles s’emploient à les rendre inaudibles. Elles vident la parole de sa substance en la réduisant à un simple outil de communication au service d&rsquo;une récolte des données, serf de la technique. Le sujet souffrant dans son corps et sa pensée n’est pas invité à dire, à parler de son histoire : il lui est intimé de cocher des cases pour évaluer son niveau d’anxiété sur une échelle allant de un à dix, à progresser selon un programme préétabli vers un objectif d&rsquo;adaptation.</p>
<p>Cette conception de l’humain est aussi celle que convoque l’extrême droite par d’autres chemins. Le discours identitaire qui prospère aujourd’hui en Europe et au-delà repose sur l’effacement de la singularité au profit de l’appartenance à une origine, à un pays défini comme une communauté assiégée et remplacée par cet Autre qu’est étranger. La parole introduit de la différence et de l’incomparable. Le fantasme d’une communauté purifiée impose <em>a contrario</em> le silence.</p>
<p>Pour les psychanalystes, défendre la démocratie n’est pas une prise de position étrangère à leur pratique. Il s&rsquo;agit de promouvoir la fonction et le champ de la parole et du langage contre la violence politique et la rationalité gestionnaire. Ne cédons pas à la tentation de négocier avec les instances évaluatives, d’adapter la clinique analytique aux exigences du marché, de consentir aux compromis douteux pour préserver une présence institutionnelle.</p>
<p><span style="color: #060606; font-family: Palatino Linotype, Book Antiqua, Palatino, serif; font-size: large;">Comme Lacan l’écrivait dans « La psychiatrie anglaise et la guerre » publiée en 1947, il en va d’un affrontement contre les puissances sombres du surmoi imposant de se soumettre et de se taire.<br />
Ce combat est le nôtre aujourd’hui. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Forum des psys contre attaque &#8211; 18 juin en live sur Youtube</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/forum-des-psys-contre-attaque-18-juin-en-live-sur-youtube/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 04:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4105</guid>

					<description><![CDATA[FORUM EN VISIO DIFFUSION EN ACCÈS LIBRE   La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au Forum des psys qui se tiendra on line le 18 juin. La Rédaction du Forum des psys Connexion le 18 juin 2026 de 20h à 23h sur la chaîne YouTube Forum des psys &#60;&#60; ICI &#62;&#62; &#160;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4105"  class="panel-layout" ><div id="pg-4105-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4105-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4105-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4105-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: center;"><strong><span class="il">FORUM</span> EN <span class="il">VISIO</span> DIFFUSION</strong><br />
<strong>EN ACCÈS LIBRE  </strong></p>
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		><h3 class="widget-title">APPEL pour le FORUM du 18 JUIN</h3>
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	<p><span id="m_-893876520641711533isPasted">La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au </span><b>Forum des psys</b> qui se tiendra <b><em>on line</em></b><b> le 18 juin</b>.</p>
<p style="text-align: right;">La Rédaction du<em> Forum des psys</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Connexion</em></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;">le 18 juin 2026</span></strong><br />
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<strong>sur la chaîne YouTube Forum des psys</strong><br />
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<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Exercice démocratique et parole en psychanalyse</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/exercice-democratique-et-parole-en-psychanalyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:03:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire.  Cette idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de <a href="https://acf-restonica.fr/exercice-democratique-et-parole-en-psychanalyse/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Cette idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de médecins et de fonctionnaires examinèrent les dossiers des patients internés. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">L’on estime à présent qu’entre 200.000 et 300.000 personnes handicapées ou souffrant de maladie mentale furent assassinées en Allemagne entre 1939 et 1941 dans le cadre du programme T4 ayant servi de laboratoire aux exterminations de masse ultérieures. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">L’Allemagne des années trente offrait un terrain propice à toutes les dérives, arguant d’une défaite militaire, d’un chaos économique et d’une humiliation nationale. Dans ce contexte de détresse collective, un leader séduisit les masses en promettant à chacun un avenir radieux ainsi qu’une fierté retrouvée. Or, ce qui reste difficile à saisir, et que les historiens peinent encore à expliquer n’est pas tant la pathologie du leader que la vitesse avec laquelle une secte d’individus marginaux, qui prônaient la préférence nationale et l’usage de la violence pour y parvenir, remporta l’adhésion de la population. Les grandes interprétations historiques, qu’il s’agisse du fascisme générique, des intérêts du grand capital ou du culte de la personnalité, éclairent sans doute une partie du phénomène sans épuiser ce qui en constitue le nœud, à savoir la soumission volontaire des masses à la volonté de destruction. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">C’est ici que la psychanalyse, avec ses concepts de surmoi, de pulsion de mort et d’identification à l’idéal du moi, peut apporter un éclairage que l’Histoire, à elle seule, ne saurait fournir. Encore faut-il que la psychanalyse puisse s’exercer librement, les condition de sa pratique étant l’exercice sans protocole ni volonté de maîtrise des pouvoirs de la parole et de l’interprétation. Pour cette raison, la pratique psychanalytique et la démocratie ont partie liée. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Revenons un instant ce qui ce qui distingue le nazisme d’autres formes d’antisémitisme plus anciennes. Il s’agit du fait que Hitler ne visait pas la persécution, mais l’élimination d’êtres humains. Au printemps 1933, Freud ne mesurait pas encore cette différence qualitative. Il pensait en termes de pogroms, de restrictions, de vexations et d’agressions, c’est-à-dire ce dont il était possible d’avoir une représentation. La notion que l’antisémitisme puisse se réaliser dans une forme absolue dépassait ce que l’imaginaire, même le sien, était capable d’anticiper. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Les régimes autoritaires ont toujours su que la parole était leur ennemi principal. Ce n’est pas un hasard si l’autodafé des livres de Freud eut lieu au mois de mai 1933. Et ce n’est pas un hasard non plus si, parmi les premiers visés par des lois d’exclusion, se trouvaient des médecins, des psychanalystes, des éducateurs, des travailleurs sociaux et des enseignants. Brûler les livres de Freud, c’était s’en prendre à l&rsquo;idée qu’il peut exister, au cœur de chaque être humain, quelque chose qui échappe à l’emprise du collectif, à la voix du chef, à la communion des masses dans la jouissance partagée d’un ennemi commun.</span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Comment réagirent les psychanalystes ? Le mouvement analytique de l’époque se retrancha derrière le principe de neutralité scientifique : la psychanalyse n’étant pas une vision du monde, mais une méthode de soin, une thérapeutique, ils n’avait pas à prendre politiquement position. En cela se confirme ce que Freud affronta dès le milieu des années vingt en s&rsquo;opposant à certains membres de sa propre association qui souhaitaient réserver l’accès à la formation analytique aux seuls médecins. Freud savait que la réduction de la psychanalyse à la thérapeutique lui faisait courir le danger d’une dissolution par absorption comme spécialité médicale. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">La posture inverse, présentée comme une garantie d’indépendance, fut en réalité une démission éthique. Elle permit à certains analystes aryens de poursuivre leurs activités dans l’Allemagne nazie, là où leurs collègues juifs furent contraints de s’exiler. Sous couvert de sauver leur discipline, ils se livrèrent à toutes les compromissions et donnèrent leur âme au diable. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Les attaques contemporaines contre la psychanalyse proviennent de l’alliance d’une hostilité déclarée et d’une rationalité gestionnaire. Elles ont le visage de l’expertise, du comité scientifique, de l’instance régulatrice. C’est ce qui les rend difficiles à reconnaître pour ce qu’elles sont de la part du grand public et des médias. En procédant par étapes, en empruntant le langage de la raison et de la science, le rejet de la psychanalyse comme expérience de parole se présente comme une mesure de bon sens que personne ne devrait contester. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Il convient de rappeler que les recommandations de la Haute Autorité de Santé contre les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme en 2012 ont constitué une première fracture. Pour la première fois en France, une instance officielle de santé publique s’est prononcée contre la psychanalyse au nom de la science, ou plutôt d’une certaine conception de la science réductible à l’</span>Evidence-based medicine<span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">. Sous couvert de rigueur méthodologique, ce qui ne se mesure pas n’existe pas, ce qui ne produit pas de résultats quantifiables en un temps défini n’a pas droit de cité. La psychanalyse qui accueille ce qui résiste à la mesure, le désir, l’inconscient, le rêve, la répétition, a été déclarée hors-jeu. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">L’offensive s&rsquo;est poursuivie et s’est amplifiée à travers la montée en puissance des thérapies comportementales promues par les institutions de santé au motif de leur efficacité mesurable et de leur rapport coût-bénéfice favorable. Il s’agit rien de moins que de soumettre le soin psychique aux critères de rentabilité qui gouvernent les autres secteurs de l’économie. Une thérapie brève, protocolisée, reproductible d’un patient à l&rsquo;autre, évaluable par un questionnaire standardisé, tel est ce qu’un tel système finance et recommande. Un traitement analytique dont la durée est indéterminée, dont l’issue ne peut être fixée à l’avance et dont les effets ne se laissent pas réduire à la disparition du symptôme, n’est ni compréhensible ni tolérable. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Cette tendance de fond concerne aussi la formation des futurs praticiens. Dans les facultés de médecine et de psychologie, les enseignements d’orientation psychanalytique doivent s’effacer  au profit des approches </span>neuro<span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">. Les internes en psychiatrie se forment de moins en moins à l’écoute clinique, on leur apprend à travailler en utilisant des protocoles standardisés. La prise en compte de la relation entre le patient et son psy, ce qu’en psychanalyse nous désignons par le transfert et qui repose sur un lien de parole, est ignoré, négligé, dénigré. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Ce sont ainsi des générations entières de soignants qui sont privés de ce que la psychanalyse a mis un siècle à élaborer, à savoir une théorie du sujet adossée à la clinique du cas par cas. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">À cela s’ajoutent des attaques plus récentes issues du champ législatif, telles que l’amendement visant le déremboursement des pratiques inspirées par la psychanalyse, l’inscription de centres experts soutenus par une fondation privée dans le code de la santé publique, de nouvelles recommandations sur l’autisme excluant la psychanalyse comme pratique non recommandée. Puis, l’horizon de l’opposabilité des recommandations présentées comme une nécessité impérieuse accompagnées d&rsquo;inspections, de contrôles inopinés des établissements et de fermeture administratives des institutions qui n’obéissent pas. Le vocabulaire employé n’est pas celui du soin, mais d’un ordre de fer.</span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">L’enjeu est la liberté de parole et son expression démocratique. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la psychanalyse n’est pas séparable du destin de la démocratie. En effet, la démocratie ne se résume pas au régime électoral. Elle suppose la possibilité d&rsquo;une parole irréductible à l’identification au groupe, fut-il en position majoritaire, et au chef. Elle suppose qu’il existe un espace où la parole puisse se dire sans être soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la logique du rendement et de l&rsquo;obéissance où le sujet peut faire l’expérience de sa division, de ses contradictions, de son désir.</span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Si les attaques actuelles contre la psychanalyse ne brûlent pas les œuvres de Freud, elles s’emploient à les rendre inaudibles. Elles vident la parole de sa substance en la réduisant à un simple outil de communication au service d&rsquo;une récolte des données, serf de la technique. Le sujet souffrant dans son corps et sa pensée n’est pas invité à dire, à parler de son histoire : il lui est intimé de cocher des cases pour évaluer son niveau d’anxiété sur une échelle allant de un à dix, à progresser selon un programme préétabli vers un objectif d&rsquo;adaptation. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Cette conception de l’humain est aussi celle que convoque l’extrême droite par d’autres chemins. Le discours identitaire qui prospère aujourd’hui en Europe et au-delà repose sur l’effacement de la singularité au profit de l’appartenance à une origine, à un pays défini comme une communauté assiégée et remplacée par cet Autre qu’est étranger. La parole introduit de la différence et de l’incomparable. Le fantasme d’une communauté purifiée impose </span>a contrario<span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"> le silence. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Pour les psychanalystes, défendre la démocratie n’est pas une prise de position étrangère à leur pratique. Il s&rsquo;agit de promouvoir la fonction et le champ de la parole et du langage contre la violence politique et la rationalité gestionnaire. Ne cédons pas à la tentation de négocier avec les instances évaluatives, d’adapter la clinique analytique aux exigences du marché, de consentir aux compromis douteux pour préserver une présence institutionnelle. </span></p>
<p class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb"><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Comme Lacan l’écrivait dans « La psychiatrie anglaise et la guerre » publiée en 1947, il en va d’un affrontement contre les puissances sombres du surmoi imposant de se soumettre et de se taire. Ce combat est le nôtre aujourd’hui. </span></p>
<p><strong><span class="m_-4510378106915984612ob m_-4510378106915984612sb">Laura Sokolowsky </span></strong></p>
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