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	<title>ECF Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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	<description>Association de la Cause freudienne en Corse - Restonica</description>
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	<title>ECF Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; FORUM &#8211; 20 NOV 2025</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-forum-20-nov-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 18:40:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Les interventions du Forum contre l'amendement liberticide du 20 novembre 2025 sont en ligne sur le site de l'ECF.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4156"  class="panel-layout" ><div id="pg-4156-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4156-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4156-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4156-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child" data-index="0" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4156-0-1-0" ><div
			
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	<p>Les interventions du <em>Forum<br />
</em><em>c</em><span style="font-family: Georgia, serif;"><em>ontre l'amendement liberticide</em><br />
</span>du 20 novembre 2025<br />
sont en ligne sur le site de l'ECF.</p>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Colloque Palais du Luxembourg &#8211; 6 juin 2026</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 10:48:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque « Défendre la relation dans les soins psys » 6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord. Introduction de Madame la Sénatrice Raymonde Poncet Monge Pourquoi ce colloque ? Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #ff0000;">Colloque « Défendre la relation dans les soins psys »</span><br />
<span style="color: #ff0000;">6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg</span></h2>
<hr />
<p><em>À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord.</em></p>
<p><strong>Introduction de Madame la Sénatrice<br />
</strong><strong>Raymonde Poncet Monge</strong></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Pourquoi ce colloque ?</span></h2>
<p>Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement des centres experts et du modèle de l’opérateur privé FondaMental, comme un amendement visant à dérembourser les soins psychiques se réclamant de l’orientation psychanalytique voire à les interdire, ont provoqué une forte inquiétude et de larges mobilisations dans le monde Psy, des psychologues, psychanalystes, psychiatres et autres professionnels du soin.</p>
<p>Ainsi, pour ce qui est des centres experts, sans état des lieux ni évaluation sérieuse du modèle ainsi promu, sans étude d’impact, sans concertation préalable et recherche de consensus de la profession, et alors que rarement une proposition de loi n’aura suscité lors des auditions autant de réserves et même d’oppositions d’acteurs, la majorité sénatoriale a quand même modifié par la loi l’organisation des soins en psychiatrie.</p>
<p>Et cela, alors que lors de son audition, la Direction Générale de l’Organisation des soins déclarait que le modèle des centres experts n’avait pas fait l’objet d’évaluation scientifique indépendante et que le véhicule législatif ne lui semblait pas adapté.</p>
<p>La réponse adaptée aurait été alors d’ouvrir enfin la controverse sur ce modèle centré sur une expertise psychiatrique qui est délivrée à l’issue d’examens et de réponses à des questionnaires sur un peu plus d’un jour, alimentant d’énormes banques de données, et émettant des recommandations en direction des praticiens, recommandations déliées du soin et de son suivi.</p>
<p>Ainsi, à la faveur d’un intense lobbying et d’experts parfois juges et parties, le législateur devient celui qui introduit de nouvelles normes quasi administratives en y redéployant les financements, dans un contexte d’injonctions à baisser les dépenses publiques de santé et sur la croyance en la promesse de l’opérateur privé d’économies faramineuses pourtant non documentées et spéculatives.</p>
<p>L’autre initiative qui a suscité un fort émoi concerne l’amendement d’une parlementaire, prétendant, avant de retirer son amendement, condamner et interdire aux praticiens s’inspirant de la psychanalyse, le financement des pratiques concernées au sein des institutions de la pédopsychiatrie, initiative qui reprenait dix ans après la tentative de légiférer en ce sens portée à l’Assemblée nationale.</p>
<p>En s’immisçant à plusieurs reprises dans le débat académique et doctrinal et en tentant de le figer dans et par la loi, le législateur ne manque pas seulement de prudence et de sagesse mais il participe à installer une quasi-vérité d’État dans le champ de la psychiatrie autorisant un contrôle des pratiques et ouvrant le risque demain en psychiatrie d’une police des pratiques.</p>
<p>Notre colloque, qui réunit aujourd’hui praticiens, patients, familles, autour de leurs savoirs et expériences plurielles, acteurs mobilisés pour défendre la pluralité des méthodes, des approches, de la place de la relation et de la parole dans le soin, nous permettra de questionner et de comprendre ce qui se joue dans ces interventions répétées du législateur.</p>
<p>Car si la contestation ou la dispute sur la place de la psychanalyse dans le soin psychique n’est pas nouvelle, pas plus que celle sur la psychiatrie institutionnelle, l’offensive actuelle apparaît plus systémique et dangereuse dans le contexte des dérives autoritaires actuelles.</p>
<p>Et parce que le législateur s’en mêle, nous ne faisons pas face à une nouvelle confrontation des théories, des hypothèses et des approches cliniques, une sorte de guerre des écoles rejouant les controverses et consensus passés mais à la volonté d’imposer, dispositif par dispositif, une orientation théorique et des pratiques par l’effacement voire la répression d’autres.</p>
<p>Clap de fin pour certains débats alors que c’est bien l’ouverture au contradictoire qui reste à l’origine d’enrichissements réciproques et la condition de la progression de la science et des connaissances, dans le champ de la psychiatrie, tout le monde est invité puis sommé à être aligné.</p>
<p>Un glissement s’observe ainsi au sein de la Haute Autorité de Santé qui passe des recommandations de bonnes pratiques professionnelles conçues comme simples aides à la décision, aux approches cliniques jugées par elle non consensuelles, puis non recommandées et aujourd’hui pressée et tentée de franchir le pas vers l’opposabilité des recommandations.</p>
<p>Cette dernière position serait inédite et jusqu’ici inconcevable dans le champ de la psychiatrie et du soin psychique éthiquement centré sur la singularité du sujet.</p>
<p>La psychiatrie ne peut se soumettre à des méthodes et des réponses standardisées et protocolisées et encore moins se voir interdire de les mettre en débat.</p>
<p>Pour imposer et hâter l’uniformisation des pratiques, peu à peu des dispositifs ont été mis en place dont le fonctionnement s’est révélé au fil du temps au service d’un tri des pratiques jusqu’ici plurielles d’abord en direction des psychologues exerçant en libéral où la liberté du choix des orientations thérapeutiques est pourtant essentielle.</p>
<p>Déjà en 2024, lors d’une rencontre avec des psychologues, ceux-ci ont pointé que dans le cadre du dispositif Mon soutien Psy, certaines approches étaient écartées lors de la sélection pour devenir psychologue partenaire.</p>
<p>De plus, la difficile montée en charge de ce dispositif s’est accompagnée parfois de pression pour s’y conventionner envers des psychologues du secteur public pendant que leurs services et institutions tant dans l’éducation nationale, à l’université, dans les Instituts Médico-éducatifs, les CMPP étaient fragilisés.</p>
<p>Car a contrario des promesses de complémentarité de l’offre, force est de constater un effet de substitution, les difficultés croissantes des structures de la psychiatrie de secteur se voyant toujours refuser les moyens de leurs développements.</p>
<p>Enfin, pour la psychiatrie mais aussi la gériatrie, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux prodiguait des recommandations concernant le champ social et médico-social.</p>
<p>Or, sa fusion ou plutôt son absorption par la Haute Autorité de Santé, centrée sur le sanitaire, a eu une influence sensible, pour étendre aux approches cliniques relationnelles complexes, des outils pertinents pour les spécialités médicales ou le médicament comme l’évaluation par les preuves et les indicateurs mesurables.</p>
<p>Ont ainsi été minorés voire écartés les critères qualitatifs comme la qualité de vie, de la relation thérapeutique et l’évaluation sur le temps long voire sur toute une vie.</p>
<p>C’est pour ouvrir sur les questionnements que pose l’évolution en cours que nous avons pensé ce colloque autour de la relation dans les soins psys.</p>
<p>Car penser la relation et penser son effacement, c’est penser notre modèle de société : tant celui que nous défendons que celui dont nous nous défendons.</p>
<p>Depuis ma place d’économiste, j’observe que les théories qui s’avancent dans le champ psychiatrique supposent de plus en plus un individu autonome, rationnel, sans conflit intrapsychique pour ne pas dire sans inconscient.</p>
<p>Ces présupposés rejoignent certaines théories économiques et discours idéologiques, celui de l’<em>homo œconomicus</em>, individu rationnel, autonome dont les comportements de consommation, de production dépendent d’un calcul rationnel entre, d’une part, la recherche de satisfaction de ses besoins et désirs et d’autre part les efforts nécessaires pour les atteindre.</p>
<p>Par exemple, pour les tenants de cet individu rationnel, les indemnités chômage ou les prestations sociales seraient mis en balance de l’effort au travail et un certain niveau d’allocations désinciterait à la reprise d’un emploi, et dès lors il faut donc les baisser jusqu’à ce point supposé d’équilibre entre effort et revenu propre à l’individu chômeur rationnel et calculateur.</p>
<p>Un chômeur sans histoire professionnelle, asocial, sans appartenance de classe, sans conflit interne.</p>
<p>Cet<em> homo œconomicus</em> est une fiction, les prétendues preuves d’efficacité de cette théorie ne résistent pas à l’analyse mais les politiques publiques s’en inspirent par pure position idéologique.</p>
<p>Je constate que dans les différents champs des sciences humaines et sociales une vision idéologique propre au néolibéralisme et à la société de marché s’impose, dans le monde du travail, à l’école, dans les soins.</p>
<p>Et que partout il nous faut défendre entre autres la place de la relation.</p>
<p>Dans le soin, mais aussi dans les services publics contre l’excès de dématérialisation.</p>
<p>Sur la dématérialisation Pierre-Olivier Monteil, chercheur, écrit : <em>« L’interaction humaine n’existe plus, avec ce qu’elle pourrait avoir de plaisant ou de déplaisant, mais de vivant et bienvenu. Pour ne pas voir dans cette suppression un appauvrissement, il faut estimer qu’il y a peu à attendre de ces échanges ».</em></p>
<p>Je voudrais enfin conclure sur la dimension autoritaire et antidémocratique perceptibles dans tant de domaines mais pour ce qui nous occupe aujourd’hui, dans le champ des soins Psys.</p>
<p>Alerter car  :</p>
<p>Dans une société démocratique, aucune orientation théorique en psychiatrie ne peut être imposée.</p>
<p>Dans une société démocratique, on réfute toute science d’État.</p>
<p>Dans une société démocratique, les experts des agences indépendantes ne prennent pas de positions publiques d’ailleurs interdites par le Code de la santé publique.</p>
<p>Dans une société démocratique, on protège la liberté de prescription.</p>
<p>Dans une société démocratique, les positions idéologiques ne priment pas sur la démarche scientifique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le législateur devrait en être garant.</p>
<p>Par ce colloque, comme sénatrice j’entends faire ma part.</p>
<p>Je remercie l’ensemble des intervenantes et intervenants, modératrices, modérateurs ainsi que vous toutes et tous ici présents.</p>
<p>Je vous souhaite un excellent colloque et j’appelle la première table ronde.</p>
<hr />
<p><em>Nous avons le plaisir de vous adresser l&rsquo;intervention au Sénat de la présidente de l&rsquo;École de la Cause freudienne à l&rsquo;occasion du colloque sur la défense de la relation dans les soins psys du 6 juin 2026.</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Exercice démocratique et parole en psychanalyse</strong></span></h2>
<h3>Laura Sokolowsky</h3>
<p><strong> </strong>Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire.<br />
Cette idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de médecins et de fonctionnaires examinèrent les dossiers des patients internés.<br />
L’on estime à présent qu’entre 200.000 et 300.000 personnes handicapées ou souffrant de maladie mentale furent assassinées en Allemagne entre 1939 et 1941 dans le cadre du programme T4 ayant servi de laboratoire aux exterminations de masse ultérieures.</p>
<p>L’Allemagne des années trente offrait un terrain propice à toutes les dérives, arguant d’une défaite militaire, d’un chaos économique et d’une humiliation nationale. Dans ce contexte de détresse collective, un leader séduisit les masses en promettant à chacun un avenir radieux ainsi qu’une fierté retrouvée. Or, ce qui reste difficile à saisir, et que les historiens peinent encore à expliquer n’est pas tant la pathologie du leader que la vitesse avec laquelle une secte d’individus marginaux, qui prônaient la préférence nationale et l’usage de la violence pour y parvenir, remporta l’adhésion de la population. Les grandes interprétations historiques, qu’il s’agisse du fascisme générique, des intérêts du grand capital ou du culte de la personnalité, éclairent sans doute une partie du phénomène sans épuiser ce qui en constitue le nœud, à savoir la soumission volontaire des masses à la volonté de destruction.<br />
C’est ici que la psychanalyse, avec ses concepts de surmoi, de pulsion de mort et d’identification à l’idéal du moi, peut apporter un éclairage que l’Histoire, à elle seule, ne saurait fournir. Encore faut-il que la psychanalyse puisse s’exercer librement, les condition de sa pratique étant l’exercice sans protocole ni volonté de maîtrise des pouvoirs de la parole et de l’interprétation. Pour cette raison, la pratique psychanalytique et la démocratie ont partie liée.</p>
<p>Revenons un instant ce qui ce qui distingue le nazisme d’autres formes d’antisémitisme plus anciennes. Il s’agit du fait que Hitler ne visait pas la persécution, mais l’élimination d’êtres humains. Au printemps 1933, Freud ne mesurait pas encore cette différence qualitative. Il pensait en termes de pogroms, de restrictions, de vexations et d’agressions, c’est-à-dire ce dont il était possible d’avoir une représentation. La notion que l’antisémitisme puisse se réaliser dans une forme absolue dépassait ce que l’imaginaire, même le sien, était capable d’anticiper.</p>
<p>Les régimes autoritaires ont toujours su que la parole était leur ennemi principal. Ce n’est pas un hasard si l’autodafé des livres de Freud eut lieu au mois de mai 1933. Et ce n’est pas un hasard non plus si, parmi les premiers visés par des lois d’exclusion, se trouvaient des médecins, des psychanalystes, des éducateurs, des travailleurs sociaux et des enseignants. Brûler les livres de Freud, c’était s’en prendre à l&rsquo;idée qu’il peut exister, au cœur de chaque être humain, quelque chose qui échappe à l’emprise du collectif, à la voix du chef, à la communion des masses dans la jouissance partagée d’un ennemi commun.</p>
<p>Comment réagirent les psychanalystes ? Le mouvement analytique de l’époque se retrancha derrière le principe de neutralité scientifique : la psychanalyse n’étant pas une vision du monde, mais une méthode de soin, une thérapeutique, ils n’avait pas à prendre politiquement position. En cela se confirme ce que Freud affronta dès le milieu des années vingt en s&rsquo;opposant à certains membres de sa propre association qui souhaitaient réserver l’accès à la formation analytique aux seuls médecins. Freud savait que la réduction de la psychanalyse à la thérapeutique lui faisait courir le danger d’une dissolution par absorption comme spécialité médicale.<br />
La posture inverse, présentée comme une garantie d’indépendance, fut en réalité une démission éthique. Elle permit à certains analystes aryens de poursuivre leurs activités dans l’Allemagne nazie, là où leurs collègues juifs furent contraints de s’exiler. Sous couvert de sauver leur discipline, ils se livrèrent à toutes les compromissions et donnèrent leur âme au diable.</p>
<p>Les attaques contemporaines contre la psychanalyse proviennent de l’alliance d’une hostilité déclarée et d’une rationalité gestionnaire. Elles ont le visage de l’expertise, du comité scientifique, de l’instance régulatrice. C’est ce qui les rend difficiles à reconnaître pour ce qu’elles sont de la part du grand public et des médias. En procédant par étapes, en empruntant le langage de la raison et de la science, le rejet de la psychanalyse comme expérience de parole se présente comme une mesure de bon sens que personne ne devrait contester.</p>
<p>Il convient de rappeler que les recommandations de la Haute Autorité de Santé contre les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme en 2012 ont constitué une première fracture. Pour la première fois en France, une instance officielle de santé publique s’est prononcée contre la psychanalyse au nom de la science, ou plutôt d’une certaine conception de la science réductible à l’<em>Evidence-based medicine</em>. Sous couvert de rigueur méthodologique, ce qui ne se mesure pas n’existe pas, ce qui ne produit pas de résultats quantifiables en un temps défini n’a pas droit de cité. La psychanalyse qui accueille ce qui résiste à la mesure, le désir, l’inconscient, le rêve, la répétition, a été déclarée hors-jeu.<br />
L’offensive s&rsquo;est poursuivie et s’est amplifiée à travers la montée en puissance des thérapies comportementales promues par les institutions de santé au motif de leur efficacité mesurable et de leur rapport coût-bénéfice favorable. Il s’agit rien de moins que de soumettre le soin psychique aux critères de rentabilité qui gouvernent les autres secteurs de l’économie. Une thérapie brève, protocolisée, reproductible d’un patient à l&rsquo;autre, évaluable par un questionnaire standardisé, tel est ce qu’un tel système finance et recommande. Un traitement analytique dont la durée est indéterminée, dont l’issue ne peut être fixée à l’avance et dont les effets ne se laissent pas réduire à la disparition du symptôme, n’est ni compréhensible ni tolérable.</p>
<p>Cette tendance de fond concerne aussi la formation des futurs praticiens. Dans les facultés de médecine et de psychologie, les enseignements d’orientation psychanalytique doivent s’effacer  au profit des approches <em>neuro</em>. Les internes en psychiatrie se forment de moins en moins à l’écoute clinique, on leur apprend à travailler en utilisant des protocoles standardisés. La prise en compte de la relation entre le patient et son psy, ce qu’en psychanalyse nous désignons par le transfert et qui repose sur un lien de parole, est ignoré, négligé, dénigré.<br />
Ce sont ainsi des générations entières de soignants qui sont privés de ce que la psychanalyse a mis un siècle à élaborer, à savoir une théorie du sujet adossée à la clinique du cas par cas.</p>
<p>À cela s’ajoutent des attaques plus récentes issues du champ législatif, telles que l’amendement visant le déremboursement des pratiques inspirées par la psychanalyse, l’inscription de centres experts soutenus par une fondation privée dans le code de la santé publique, de nouvelles recommandations sur l’autisme excluant la psychanalyse comme pratique non recommandée. Puis, l’horizon de l’opposabilité des recommandations présentées comme une nécessité impérieuse accompagnées d&rsquo;inspections, de contrôles inopinés des établissements et de fermeture administratives des institutions qui n’obéissent pas. Le vocabulaire employé n’est pas celui du soin, mais d’un ordre de fer.</p>
<p>L’enjeu est la liberté de parole et son expression démocratique. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la psychanalyse n’est pas séparable du destin de la démocratie. En effet, la démocratie ne se résume pas au régime électoral. Elle suppose la possibilité d&rsquo;une parole irréductible à l’identification au groupe, fut-il en position majoritaire, et au chef. Elle suppose qu’il existe un espace où la parole puisse se dire sans être soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la logique du rendement et de l&rsquo;obéissance où le sujet peut faire l’expérience de sa division, de ses contradictions, de son désir.</p>
<p>Si les attaques actuelles contre la psychanalyse ne brûlent pas les œuvres de Freud, elles s’emploient à les rendre inaudibles. Elles vident la parole de sa substance en la réduisant à un simple outil de communication au service d&rsquo;une récolte des données, serf de la technique. Le sujet souffrant dans son corps et sa pensée n’est pas invité à dire, à parler de son histoire : il lui est intimé de cocher des cases pour évaluer son niveau d’anxiété sur une échelle allant de un à dix, à progresser selon un programme préétabli vers un objectif d&rsquo;adaptation.</p>
<p>Cette conception de l’humain est aussi celle que convoque l’extrême droite par d’autres chemins. Le discours identitaire qui prospère aujourd’hui en Europe et au-delà repose sur l’effacement de la singularité au profit de l’appartenance à une origine, à un pays défini comme une communauté assiégée et remplacée par cet Autre qu’est étranger. La parole introduit de la différence et de l’incomparable. Le fantasme d’une communauté purifiée impose <em>a contrario</em> le silence.</p>
<p>Pour les psychanalystes, défendre la démocratie n’est pas une prise de position étrangère à leur pratique. Il s&rsquo;agit de promouvoir la fonction et le champ de la parole et du langage contre la violence politique et la rationalité gestionnaire. Ne cédons pas à la tentation de négocier avec les instances évaluatives, d’adapter la clinique analytique aux exigences du marché, de consentir aux compromis douteux pour préserver une présence institutionnelle.</p>
<p><span style="color: #060606; font-family: Palatino Linotype, Book Antiqua, Palatino, serif; font-size: large;">Comme Lacan l’écrivait dans « La psychiatrie anglaise et la guerre » publiée en 1947, il en va d’un affrontement contre les puissances sombres du surmoi imposant de se soumettre et de se taire.<br />
Ce combat est le nôtre aujourd’hui. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Forum des psys contre attaque &#8211; 18 juin en live sur Youtube</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/forum-des-psys-contre-attaque-18-juin-en-live-sur-youtube/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 04:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4105</guid>

					<description><![CDATA[FORUM EN VISIO DIFFUSION EN ACCÈS LIBRE   La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au Forum des psys qui se tiendra on line le 18 juin. La Rédaction du Forum des psys Connexion le 18 juin 2026 de 20h à 23h sur la chaîne YouTube Forum des psys &#60;&#60; ICI &#62;&#62; &#160;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4105"  class="panel-layout" ><div id="pg-4105-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4105-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4105-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4105-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: center;"><strong><span class="il">FORUM</span> EN <span class="il">VISIO</span> DIFFUSION</strong><br />
<strong>EN ACCÈS LIBRE  </strong></p>
</div>
</div></div></div><div id="pgc-4105-0-2"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div></div><div id="pg-4105-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4105-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4105-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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		><h3 class="widget-title">APPEL pour le FORUM du 18 JUIN</h3>
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	<p><span id="m_-893876520641711533isPasted">La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au </span><b>Forum des psys</b> qui se tiendra <b><em>on line</em></b><b> le 18 juin</b>.</p>
<p style="text-align: right;">La Rédaction du<em> Forum des psys</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Connexion</em></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;">le 18 juin 2026</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;">de 20h à 23h</span></strong><br />
<strong>sur la chaîne YouTube Forum des psys</strong><br />
<strong>&lt;&lt; <a href="https://www.youtube.com/channel/UC6BwUTnaVRpAcdeqyY7JyYQ" target="_blank" rel="noopener">ICI</a> &gt;&gt;</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div></div></div></div></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Amendement 159</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-amendement-159/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 11:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Amendement 159 COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENTE DE L’ECF ACTION LACANIENNE  Un amendement d’une exceptionnelle virulence contre la psychanalyse va être discuté au Sénat à partir du 19 novembre, c’est-à-dire dans deux jours. L’École de la Cause freudienne se mobilise contre cette offensive. Vu le peu de temps dont nous disposons, nous demandons aux membres et aux amis de l’École de prendre contact avec les sénateurs et les députés de leur région. Anaëlle Lebovits-Quenehen,  Présidente de l’École de la Cause freudienne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4095"  class="panel-layout" ><div id="pg-4095-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child" data-index="0" ><div
			
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	<h1 class="entry-title">Amendement 159</h1>
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		><h3 class="widget-title">Paris, le 16 novembre 2025</h3>
<div class="siteorigin-widget-tinymce textwidget">
	<h3>COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENTE DE L’ECF</h3>
<h2 style="text-align: center;"><span id="m_-8042767922163880487isPasted" style="color: #ff0000;"><strong>ACTION LACANIENNE </strong></span></h2>
<p id="m_-8042767922163880487isPasted">Un amendement d’une exceptionnelle virulence contre la psychanalyse va être discuté au Sénat à partir du 19 novembre, c’est-à-dire dans deux jours. L’École de la Cause freudienne se mobilise contre cette offensive. Vu le peu de temps dont nous disposons, nous demandons aux membres et aux amis de l’École de prendre contact avec les sénateurs et les députés de leur région.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Anaëlle Lebovits-Quenehen, </strong><br />
<em>Présidente de l’École de la Cause freudienne</em></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-4095-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-1-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4095-1-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4095-1-1-0" class="so-panel widget widget_sow-image panel-first-child panel-last-child" data-index="2" ><div
			
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	</div>

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		><h3 class="widget-title">Paris, le 18 novembre 2025</h3>
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	<h3 class="text-build-content"><b>LETTRE DE LA PRÉSIDENTE DE L'ECF AUX DÉPUTÉS ET SÉNATEURS</b></h3>
<p class="text-build-content">Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,<br />
Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,</p>
<p class="text-build-content">L’amendement rédigé le 14 novembre 2025 proposé par Mmes les sénatrices Guidez, Jacquemet et Vermeillet, et M. le sénateur Canévet dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, exigeant qu’« à compter du 1er janvier 2026, les soins, les actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie », présente un danger considérable pour les citoyens que les deux Chambres s’attachent à protéger. Au nom d’une idéologie dont la cohérence ne tient qu’à sa haine affichée de la psychanalyse, il constitue une attaque criante contre elle.</p>
<p class="text-build-content">De très nombreux professionnels en institutions publiques choisissent les apports de la psychanalyse pour s’orienter dans leur pratique. Pas tous. Le libre choix des praticiens comme des patients reste essentiel pour améliorer l’offre de soins. C’est par une prodigieuse dénégation que l’amendement prétend ne pas toucher à la « liberté de choix des patients » ni à « la liberté de pratiques des professionnels », quand il indique très clairement que ces libertés sont exactement ce qu’il vise à prohiber. En outre, cette mesure, si elle venait à être adoptée, désorganiserait l’ensemble du dispositif public de soin en santé mentale (hôpitaux psychiatriques, centres médico-psychologiques (CMP), centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), hôpitaux de jour, instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP), instituts médico-éducatifs (IME), etc.), laissant sans soins des enfants, adolescents et adultes en grande souffrance qui, au mieux, engorgeraient les services d’urgences, au pire, entraîneraient de graves conséquences sur leur vie et celles de leurs concitoyens. Ce qui est présenté comme une chasse au gaspi aurait de tout évidence des conséquences coûteuses pour la nation.</p>
<p class="text-build-content">Sans qu’aucun argument ne vienne le justifier, cet amendement sortirait la psychanalyse du champ de la santé mentale publique où elle est installée – y compris légalement [1] – et où elle continue de faire ses preuves. Pour se réclamer de la Haute Autorité de santé (HAS), cet amendement ne repose sur aucune rigueur scientifique. Depuis vingt ans, les opposants à la psychanalyse recyclent un rapport de l’Inserm de 2004 dont tous les biais ont été démontrés. Les études contemporaines se soumettant aux critères scientifiques les plus rigoureux (essais randomisés, méta-analyses) montrent bien plutôt l’efficacité de la psychanalyse à court et à long terme pour la quasi-totalité des troubles. Elle y est présentée comme équivalente aux autres formes de psychothérapie, notamment aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Alors que de nombreux pays reconnaissent la psychanalyse comme une offre de soin valide parmi d’autres, comment des sénateurs pourraient-ils ignorer l’importance de ces études internationales ?</p>
<p class="text-build-content">Ce qui distingue les approches orientées par la psychanalyse tient à ce qu’elles ne prétendent pas ramener les sujets à une norme supposée en les rééduquant, mais qu’elles leur permettent au contraire de retrouver la voie de leur singularité dans un lien de parole – c’est une question d’éthique pour les praticiens qui s’orientent de ce discours.</p>
<p class="text-build-content">En souhaitant dérembourser toutes les pratiques orientées par la psychanalyse, cet amendement révèle une ignorance flagrante de l’organisation réelle du soin psychique en France. Contrairement à ce que laissent penser les rédacteurs de l’amendement, la psychanalyse n’est pas une pratique marginale réservée à quelques cabinets privés. L’orientation analytique est présente dans une part très significative des lieux accueillant la souffrance psychique. L’amendement n’affecte donc pas seulement des pratiques spécifiques : il menace l’organisation générale du secteur psychiatrique public déjà fragilisé par des années de sous-investissement et de pénurie de personnel. L’amendement se réclame d’une rationalité économique ? Son application provoquerait des catastrophes qui coûteraient très cher, tout à la fois humainement et financièrement.</p>
<p class="text-build-content">Sous prétexte de « rationaliser la dépense publique », ce texte vise à imposer une vision unique de la santé mentale et voudrait délégitimer tout ce qui y déroge. Il s’agit dès lors d’un principe totalitaire qui manifeste une volonté de normalisation et d’appauvrissement. Désignant les professionnels qui utilisent la psychanalyse comme des gaspilleurs de fonds publics, il remet en cause la liberté de pratique des cliniciens, la liberté de choix des patients et la pluralité des référentiels thérapeutiques qui répond pourtant à la complexité du psychisme humain que nul mot d’ordre ne saurait réduire ni contenir sauf à l’écraser.</p>
<p class="text-build-content">Si la Caisse nationale d’assurance maladie n’a jamais remboursé les actes de psychanalyse, elle rembourse, finance ou co-finance des actes de psychiatres et de psychologues ou des institutions qui emploient ces personnels pour qui la référence à la psychanalyse est essentielle. Mais tandis que ces professionnels (qui sont en formation continue et certifiée) accompagnent quotidiennement ceux qui souffrent parmi nos concitoyens – et notamment, très régulièrement, les grands traumatisés (comme ce fut le cas après les attentats du 13 novembre ou comme c’est le cas dans certains hôpitaux militaires français) – on voudrait tout à coup en supprimer l’approche. À supposer que cela soit seulement possible sans mettre en péril tout le système sanitaire français et laisser sur le carreau les plus fragiles de nos concitoyens (dont certains peuvent devenir dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres quand ils ne reçoivent plus de soins), comment cela se ferait-il concrètement ? Procèderait-on à une chasse aux sorcières ? Exigerait-on l’autodénonciation et la démission de ce personnel ? Retirerait-on leur titre de médecin aux psychiatres qui s’orientent de la psychanalyse quand on sait à quel point les psychiatres sont trop peu nombreux pour étancher les besoins ? Et de là, déciderait-on aussi, en toute logique, qu’il convient d’interdire l’enseignement de la psychanalyse dans les départements universitaires de psychologie et ailleurs ? Renverrait-on cette discipline illustre, qui documente abondamment et très rigoureusement ses résultats, au rang de pratique ésotérique ?</p>
<p class="text-build-content">Parmi les plus grandes figures de la culture – qu’ils soient artistes, scientifiques, écrivains, chercheurs, médecins, acteurs, avocats, journalistes… –, nombreux sont ceux qui ont rendu public ce qu’ils doivent à la psychanalyse, nombreux sont ceux qui ont témoigné lui devoir jusqu’à leur vie. Voudrait-on priver les plus démunis de nos concitoyens de cette orientation si précieuse au motif qu’ils n’ont pas les moyens d’y prétendre ? L’enjeu n’est ni plus ni moins qu’un enjeu de santé publique, mais aussi de liberté et d’égalité, c’est-à-dire de démocratie.</p>
<p class="text-build-content">L’École de la Cause freudienne est une association Reconnue d’Utilité Publique depuis 2006. Elle a obtenu cette reconnaissance, notamment en raison du rayonnement de la psychanalyse française qu’elle étend en Europe et dans le monde. Il est de mon devoir de vous alerter sur les dangers que cet amendement fait courir aux Français. Au nom de l’École de la Cause freudienne, je vous demande le retrait de cet amendement idéologique et mensonger, dont je veux croire qu’il a été rédigé dans l’ignorance des enjeux que nous exposons ici.</p>
<p class="text-build-content">En vous remerciant, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, je vous adresse l’expression de ma très haute considération.</p>
<p class="text-build-content" style="text-align: right;"><strong>Anaëlle Lebovits-Quenehen</strong><br />
Présidente de l’École de la Cause freudienne,<br />
Association reconnue d’utilité publique</p>
<hr width="30%" />
<p class="text-build-content">[1] Et notamment l’article 52 de la loi 2024-806 du 9 aout 2004 sur l’usage du titre de psychothérapeute.</p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-4095-3"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-3-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-3-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="4" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4095-3-0-0" ><div
			
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		><h3 class="widget-title"> 23 novembre 2025</h3>
<div class="siteorigin-widget-tinymce textwidget">
	<h3><span style="color: #ff0000;"><b>COMMUNIQUÉ DU DIRECTOIRE DE L’ECF</b></span></h3>
<p>Nous venons d’apprendre que l’amendement 159 de la PLFSS a été retiré au Sénat.</p>
<p>Nous nous en réjouissons.</p>
<p>Notre mobilisation d’Action Lacanienne a porté.</p>
<p>Nous restons cependant très vigilants pour la suite.</p>
</div>
</div></div></div></div></div><div id="pg-4095-4"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-4-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-4-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="5" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4095-4-0-0" ><div
			
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		><h3 class="widget-title"> 25 novembre 2025</h3>
<div class="siteorigin-widget-tinymce textwidget">
	<h3><span style="color: #ff0000;"><b>COMMUNIQUÉ DU DIRECTOIRE DE L’ECF</b></span></h3>
<p><span id="m_-9066530387246622614isPasted">Le Directoire de l’ECF approuve ce jour la création de la <strong>commission Psychanalyse et vie publique (PVP)</strong>. </span></p>
<p>Pour le Directoire de l’ECF</p>
<p><em>Anaëlle Lebovits-Quenehen</em><em><br />
</em><em>Présidente de l’ECF</em></p>
</div>
</div></div></div></div></div></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>FORUM DES PSYS</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/forum-des-psys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 18:22:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AMP]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[ECF-AMP]]></category>
		<category><![CDATA[Forum]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
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					<description><![CDATA[NOUVEAU MAGAZINE FORUM DES PSYS Numéro 1 LES INGÉNIEURS DU MENTAL  Les praticiens qui s’inspirent de la psychanalyse pour recevoir leurs patients ont découvert avec effarement la tentative d’éradication dont la discipline freudienne fait l’objet. D’aucuns voudraient sa disparition du champ de la santé mentale. Et ils prétendent parler au nom de la science. La psychanalyse a pourtant plus d’un siècle. Elle a eu un rôle majeur dans l’évolution de notre civilisation et a fait ses preuves. Nombreux sont ceux qui savent ce qu’ils lui doivent – parfois jusqu’à la vie – et en témoignent. Elle a mis au jour <a href="https://acf-restonica.fr/forum-des-psys/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">NOUVEAU MAGAZINE<br />
<span style="color: #ff0000;">FORUM DES PSYS</span><br />
Numéro 1<br />
LES INGÉNIEURS DU MENTAL</h2>
<p><strong> </strong>Les praticiens qui s’inspirent de la psychanalyse pour recevoir leurs patients ont découvert avec effarement la tentative d’éradication dont la discipline freudienne fait l’objet. D’aucuns voudraient sa disparition du champ de la santé mentale. Et ils prétendent parler au nom de la science.</p>
<ul>
<li>La psychanalyse a pourtant plus d’un siècle. Elle a eu un rôle majeur dans l’évolution de notre civilisation et a fait ses preuves. Nombreux sont ceux qui savent ce qu’ils lui doivent – parfois jusqu’à la vie – et en témoignent. Elle a mis au jour les ressorts les plus intimes de la parole, de l’écoute et de l’interprétation, et leurs effets thérapeutiques.</li>
</ul>
<p>Peut-on décemment, au nom de la science, prétendre imposer le bâillon à ceux qui souffrent ? Et quelle science ferait se taire les plus fragiles d’entre nous sans se discréditer ?</p>
<p>S’il n’est pas douteux que cette politique haineuse vise à faire des économies sur le dos des plus vulnérables, elle coûtera surtout très cher, humainement et financièrement.</p>
<h2><strong>Face à une offensive mensongère débridée<br />
</strong><strong>Le champ psy défend la psychanalyse</strong></h2>
<ul>
<li>Une offensive multiple a été lancée contre la psychanalyse, visant son discrédit et son effacement. Depuis, de nombreuses personnalités et professionnels du champ psy prennent position et engagent des actions afin d’éviter le pire.</li>
<li>Ce numéro 1 du magazine <em>Forum des psys</em> s’attache à identifier les personnages par lesquels passe la propagande antipsychanalyse. Un incroyable capharnaüm : experts autoproclamés, managers obtus, journalistes militants, d’autres qui répètent, politiques crédules, d’autres enfin, fossoyeurs de la santé mentale. Cette déferlante liberticide veut faire taire les professionnels comme les patients.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: center;">En librairie<br />
et sur <a href="https://ecf-echoppe.com/produit/les-ingenieurs-du-mental/">ecf-echoppe.com</a></h3>
<p><a href="https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire.jpg"><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-4081 size-full" src="https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire.jpg" alt="" width="1275" height="1814" srcset="https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire.jpg 1275w, https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire-211x300.jpg 211w, https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire-720x1024.jpg 720w, https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire-768x1093.jpg 768w, https://acf-restonica.fr/wp-content/uploads/2026/05/Forum-des-psys1-p3-web-Sommaire-1080x1536.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1275px) 100vw, 1275px" /></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>56e Journées de l’École de la Cause freudienne</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/56e-journees-de-lecole-de-la-cause-freudienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 18:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[ECF-AMP]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[Argument imprimable]]></description>
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									<span class="elementor-button-text">Argument imprimable</span>
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			</item>
		<item>
		<title>Forum en visio &#8211; Les esbroufes de la HAS</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/forum-en-visio-les-esbroufes-de-la-has/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 07:52:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[ECF-AMP]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
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			</item>
		<item>
		<title>QUESTION D&#8217;ÉCOLE &#8211; 24 janvier 2026</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/question-decole-24-janvier-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 11:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[ECF-AMP]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[Évènement en présence uniquement Les inscriptions seront ouvertes bientôt ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><strong>Évènement en présence uniquement</strong></p>
<p><strong>Les inscriptions seront ouvertes bientôt </strong></p>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #9</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 11:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
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					<description><![CDATA[Paris, le 22 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante : amendement159@gmail.com Attention aux amendements scélérats ! Daniel Roy  À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ? Mariana Alba de Luna  Un miroir dystopique Jérémie Wiest Preuve vivante Valeria Cetraro  La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique Armelle Gaydon *** Attention aux amendements scélérats ! Daniel Roy Les marins savent qu’ils peuvent rencontrer en haute <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-9/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 22 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_-6193837654906299370isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte<br />
</strong></span></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante : </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_-6193837654906299370isPasted" align="center"><strong>Attention aux amendements scélérats !<br />
</strong><em>Daniel Roy</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ?<br />
</strong><em>Mariana Alba de Luna</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>Un miroir dystopique<br />
</strong><em>Jérémie Wiest</em></p>
<p align="center"><strong>Preuve vivante<br />
</strong><em>Valeria Cetraro</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique<br />
</strong><em>Armelle Gaydon</em></p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Attention aux amendements scélérats !</span><br />
</strong><em>Daniel Roy</em></p>
<p>Les marins savent qu’ils peuvent rencontrer en haute mer ce qu’ils nomment des « vagues scélérates ». Les psychanalystes et les praticiens de la santé mentale ont à apprendre l’existence des « amendements scélérats » susceptibles de surgir lors de l’examen et de la rédaction des lois. Tel est le cas aujourd’hui, à l’heure où députés et sénateurs se penchent avec attention, sous les regards de la presse et des citoyens concernés, sur les nouvelles dispositions souhaitables à leurs yeux pour la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale, soit pas moins de 1695 amendements !</p>
<p>Où trouver la place pour loger, dans ce bric-à-brac, une proposition nouvelle, celle qui fera de ses promoteurs des valeureux combattants de la justice sanitaire et néanmoins sociale ?</p>
<p>Or, il se fait que parmi les articles d’une loi donnée, toujours en retard sur son temps, se trouvent des articles obsolètes. Que faire ? Eh bien, c’est simple, les supprimer.</p>
<p>Ainsi un certain article 18 de la précédente loi de financement de notre <em>sécu</em> tomba en désuétude, laissant un trou béant entre le 17 et le 19. Ne nous alarmons pas, la loi n’aime pas le vide, et nombreux furent les élus qui se précipitèrent pour le combler de leurs attentions. Pas moins de vingt et un amendements à ce pauvre « article 18 supprimé » virent ainsi le jour, et parmi eux, entre les progrès nécessaires des soins d’orthodontie dento-faciale et le non moins indispensable remboursement de l’activité physique sur prescription (<em>sic</em>), soudain s’avança le n°159 rectifié, bien décidé « à garantir la cohérence scientifique et l’efficience de l’assurance maladie ». Assurance maladie qui, jusque-là, ignorait certainement qu’au sein de la représentation nationale, de nobles âmes veillaient à sa cohérence scientifique et à son efficience, et non comme elle aurait pu le croire, à la protection sociale et à son efficacité pour tous.</p>
<p>Mais qu’à cela ne tienne, voilà le but fixé et voici le moyen, aussitôt proposé : l’éradication, dans chaque action de soin, dans chaque acte thérapeutique, de toute contamination par la psychanalyse ! Que pas un centime de financement public ne vienne se déverser sur ces « approches » dont « le caractère inadapté voire contre-productif » n’est plus à prouver. Saine gestion et services rendus à la nation s’avancent main dans la main !</p>
<p>Effectivement, inadaptée et contre-productive selon une morale de contremaîtres, l’« action concrète de la psychanalyse est de bienfait dans un ordre dur », « elle affirme aussi qu’aucune science des conduites ne peut réduire la particularité de chaque devenir humain »[1]. Nous faisons nôtres ces phrases prononcées en 1950 par le psychanalyste Jacques Lacan, assurés que chacun y entendra l’accent de vérité qui convient aux enjeux du temps présent, aussi bien politiques que scientifiques.</p>
<hr />
<p>[1] Lacan J., « Prémisses à tout développement possible de la criminologie », <em>Autres écrits</em>, Paris, Seuil, 2001, p. 125.</p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong> </strong></span><strong><span style="color: #ff0000;">À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ?</span><br />
</strong><em>Mariana Alba de Luna</em></p>
<p>Cet amendement participe d’un mouvement plus large de normalisation des pratiques, qui tend à se substituer à la clinique, et où la réduction des dépenses devient un prétexte pour disqualifier tout ce qui n’entre pas immédiatement dans le modèle gestionnaire. Or la santé mentale ne peut être pensée comme une chaîne de production optimisée : elle nécessite du temps, de l’écoute, une pluralité de références, et la possibilité pour chaque patient de rencontrer l’approche qui lui convient. Ce que vise cet amendement, c’est précisément cette pluralité – pourtant garantie par les lois françaises et par les recommandations internationales.</p>
<p>Il faut rappeler que la psychanalyse n’est pas seulement une méthode thérapeutique parmi d’autres : elle constitue pour de nombreux cliniciens un repère éthique face à la souffrance, un cadre qui refuse de réduire l’autre à un protocole, un profil ou un chiffre. Elle constitue également un savoir au fondement de la psychiatrie française et des sciences humaines. L’attaquer frontalement, c’est fragiliser l’ensemble d’un édifice théorique, clinique et institutionnel.</p>
<p>Au demeurant, il est paradoxal que cet amendement, qui prétend défendre la rationalisation de la dépense publique, s’attaque à une orientation clinique dont l’efficacité est attestée et quand elle est supprimée, le coût humain se révèle considérablement plus élevé. Les pays – comme le Royaume-Uni – qui ont tenté de donner un privilège exclusif à des techniques rééducatives dites « rapides et efficaces », qui de fait excluaient la psychanalyse de leur système de soins, ont vu une augmentation des hospitalisations, des ruptures de prise en charge, des passages à l’acte, et une aggravation des pathologies sévères.</p>
<p>Cet amendement réactive un vieux scénario que nous avons déjà combattu : celui d’un pouvoir cherchant à imposer une vision unique du soin, comme ce fut le cas pour l’autisme, devenu depuis dix ans un terrain d’expérimentation idéologique.</p>
<p><strong>Le piège du « scientifique » et la réalité des coûts</strong></p>
<p>Depuis des années, un discours soutenu par des organisations et des personnalités (fondation FondaMental, AFIS, etc.) affirme que seules les méthodes comportementales – thérapies cognitivo-comportementales (TCC), et programmes intensifs – seraient « scientifiques » et « efficaces ». Mais ce récit masque trois faits essentiels :</p>
<p>1) Les coûts sont exorbitants : plusieurs dizaines de milliers d’euros par enfant et par an dans les programmes dits « recommandés ».</p>
<p>2) Les résultats à long terme sont très variables, loin des promesses affichées.</p>
<p>3) Ces protocoles ne conviennent qu’à une partie des enfants, et peuvent être épuisants, voire contre-productifs.</p>
<p>Malgré cela, cette approche est encore brandie comme une solution miracle. Et ce n’est pas un hasard : il s’agit aussi d’un marché privé en pleine expansion.</p>
<p><strong>Pourquoi la psychanalyse dérange</strong></p>
<p>Dans ce dispositif, la psychanalyse ferait figure d’intrus. Elle accueille la singularité, la créativité, le lien naissant – même fragile – avec l’autre. C’est cette résistance, profondément clinique, qui la rend intolérable à ceux qui veulent faire de la souffrance psychique un domaine entièrement piloté par des protocoles.</p>
<p>Plutôt que de débattre sur le terrain clinique, on tente donc une autre stratégie : l’asphyxie économique.</p>
<p><strong>Une interdiction qui ne dit pas son nom</strong></p>
<p>Ce n’est pas la première fois qu’on cherche à faire taire la psychanalyse. Rappelons que, dans les années 1930 en Allemagne, on brûlait Freud. En URSS, on bannissait l’inconscient. Aujourd’hui, on ne brûle plus de livres : on coupe les financements. Mais l’intention, elle, n’a pas changé.</p>
<p><strong>Une fausse économie, un vrai risque</strong></p>
<p>Or l’argument budgétaire est trompeur. Les programmes intensifs promus par cet amendement coûteraient infiniment plus cher que les dispositifs pluridisciplinaires inspirés de la psychanalyse. Derrière la prétendue rationalité, il y a en réalité la promotion d’un marché privé, énergivore, standardisé, au détriment d’un service public déjà fragilisé.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong>***</p>
<p><strong> </strong><strong><span style="color: #ff0000;">Un miroir dystopique</span><br />
</strong><em>Jérémie Wiest</em></p>
<p>Une psychologue du champ des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), en institution, m’a récemment confié : « Parfois, il y a des patients qui veulent juste parler, alors je ne fais pas de TCC, je les écoute et ça leur convient. » D’où provient cette idée folle d’écouter des patients anxieux, déprimés, TOC-qués qui pourtant semblent témoigner d’un apaisement, de s’être livré à l’exercice de la parole ? Est-ce une transgression ? Est-ce scientifique ? Est-ce de la psychanalyse ? De la psychothérapie ? Un devoir citoyen ou de bon samaritain ?</p>
<p>Anna O., dont l’inventeur de la psychanalyse retranscrit la parole, qualifia un jour sa thérapie de <em>talking cure.</em> Cette idée, à l’époque révolutionnaire (écouter les malades mentaux) a si bien infusé dans la culture que l’idée s’est répandue que la parole, dans le champ de son pouvoir[1], est une voie pour apaiser la souffrance. En 2025, à l’heure d’un amendement visant à interdire la psychanalyse, il est toujours possible de refaire ce constat, même en ayant oublié toute référence à cette discipline.</p>
<p>Fort de celui-ci, Freud invente un principe fondateur dans la veine de celui, démocratique, de liberté d’expression – l’association libre – qu’il met au principe du déroulement de la cure analytique. L’outil en est la parole. La condition : la confidentialité. Aucun régime non démocratique ne peut supporter ce dispositif. Peut-être bientôt la France se comptera-t-elle parmi ceux-là. Foucault dit qu’une société peut être jugée à sa manière de traiter les malades mentaux. Alors, quel miroir ces quatorze sénateurs tendent-ils à la société ?</p>
<p>Aujourd’hui, dans l’amendement proposé au Sénat, la liberté de choix des patients et la liberté de pratique des professionnels ne sont, lit-on « pas remises en cause ». Ironie ou cynisme ? On apprend que la psychanalyse comme pratique de parole doit être proscrite de toute offre de soin portée par l’Assurance maladie, au nom de facteurs prétendument économiques et scientifiques.</p>
<p>L’influence qu’a exercé la psychanalyse n’est plus à démontrer dans bon nombre des pratiques de soin, ne serait-ce que par cette invention. Comment alors <em>épurer </em>toute référence à cette discipline dans les pratiques, si l’on considère qu’écouter un patient relève déjà d’une référence analytique ?</p>
<p>Après des siècles de recherches et d’explorations sur la maladie mentale, auxquelles la psychanalyse a largement contribué, la Haute Autorité de santé (HAS) a désormais humblement trouvé les pratiques qui seraient bonnes. Au titre de sa haute autorité, elle recommande donc, associées au tout-médicament déjà de mise, les « approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale », excluant la psychanalyse qui serait, elle, mauvaise. Quelle conception de la psychothérapie ont donc des sénateurs initiateurs de cet amendement ?</p>
<p>Imaginez un instant que vous, ou un(e) de vos proches, sénateur ou autre, soit un jour touché par la souffrance psychique, comme près d’un quart des français qui ont recours, toutes classes confondues, aux services de professionnels de santé mentale. Vers qui vous tourneriez-vous si personne autour de vous ne peut répondre à l’urgence de « parler à quelqu’un » dans un moment d’impasse ?</p>
<p>Il faudrait alors se demander : voulez-vous être éduqué ? Voulez-vous que le plus intime qui fait votre souffrance soit rabattu sur des catégories scientifiques fondées sur des modèles de normes statistiques ? Voulez-vous que l’impasse dans laquelle vous vous trouvez soit mise au compte d’une inadaptation sociale à rééduquer par un autre qui saurait d’emblée ce qui vous est adapté ? Voulez-vous être récompensé pour avoir produit un comportement qui ne soit pas listé dans les catégories de pathologies diagnostiques du moment ? Vous sentirez-vous mieux concentré sur l&rsquo;évacuation permanente de vos mauvaises pensées pour éviter le retour des symptômes, réhabilité, mais sans avoir pu traiter la part de votre malaise qui est presque indicible sauf à « parler à quelqu’un » disposé – et formé – à prendre le temps d’entendre ce qui, peu à peu, vient à se dire ?</p>
<p>Aussi aurait-il fallu pouvoir compter sur cette liberté à laquelle objecte le docte pseudo-scientifique promu par cet amendement.</p>
<p>Digne d’une dystopie à la <em>1984 </em>ou plus récemment à la <em>Black Mirror,</em> réalité et fiction se rejoignent sous la plume de ce comité de sénateurs toujours plus inspirés.</p>
<hr />
<p>[1] Freud S., <em>La Question de l’analyse profane</em>, Paris, Gallimard, 1985, p. 33 : « Nous ne voulons d’ailleurs pas mépriser la <em>Parole</em> ! N’est-ce pas un instrument puissant, le moyen par lequel nous nous révélons les uns aux autres nos sentiments, la voie par laquelle nous prenons de l’influence sur l’autre ? Des paroles peuvent faire un bien indicible et causer de terribles blessures ».</p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Preuve vivante</span><br />
</strong><em>Valeria Cetraro</em></p>
<p>Au sein du département de psychanalyse de Paris 8, des étudiants de tous les âges, depuis le monde entier, rencontrent le gai savoir de la psychanalyse, un savoir qui ne s’impose pas, un savoir en mouvement, ouvert à la surprise, à l’énigme aussi, dont il s’agit de tirer les fils, pour aller toujours un peu plus loin.</p>
<p>Certes, ce n’est pas le savoir utilitaire des affaires et du business. Ici, il est question d’une autre économie faisant progressivement éclore le désir de nous déplacer depuis l’université vers les institutions où nous réalisons nos stages, vers les associations ou les hôpitaux où nous accompagnons d’autres professionnels de la santé qui s’orientent de la psychanalyse pour entendre et interpréter la parole de ceux et celles qui souffrent, et ainsi aménager un espace précieux à leur singularité, permettant d’éviter dans bien des cas, le passage à l’acte.</p>
<p>De nombreux étudiants et enseignants ont une double formation, associant la psychanalyse à la psychologie ou à la psychiatrie, d’autres se maintiennent dans une zone de partage avec la littérature, la philosophie, l’art et maintes autres disciplines ayant structuré leurs parcours. Certains sont arrivés là motivés par un intérêt purement intellectuel, d’autres à la suite d’une rencontre personnelle avec l’expérience analytique. Celle-ci peut ouvrir sur le désir de s’engager dans ce champ, d’y prendre une part active, pas seulement à partir de l’étude mais aussi à partir de la fonction d’analyste et de vouloir ainsi, en passant par l’université, y enrichir son parcours. Par l’affirmation du désir de s’engager dans ce champ, tous et toutes sont la preuve vivante de « l’efficacité des actes se réclamant de la psychanalyse », contestée par l’amendement n°159 du PLFSS 2026.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Valeria Cetraro est doctorante au département de psychanalyse de Paris 8 – Laboratoire La Section clinique.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong>***</p>
<p style="text-align: left;"><strong><span style="color: #ff0000;">La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique</span><br />
</strong><em>Armelle Gaydon</em></p>
<p>L’amendement n°159 promet d’être inapplicable. Pour deux raisons au moins. D’abord parce qu’il excède manifestement les limites de ce qui peut être inséré dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale par un simple amendement. Le franchissement que constituerait l’éradication officielle de la psychanalyse de l’espace public en France représente un tel changement de société, une telle attaque des libertés démocratiques, qu’il exigerait pour le moins une proposition de loi <em>ad hoc</em> – voire une nouvelle Constitution – et non un simple « cavalier législatif » glissé dans le budget de la Sécu, sans rapport avec lui – et qui, à ce titre, devrait être écarté avant même d’être examiné. On notera qu’aucun chiffre n’accompagne ce texte pour évaluer les prétendues économies escomptées pour l’État s’il se lançait dans la chasse aux psychanalystes annoncée.</p>
<p>Et pour cause. À supposer qu’il soit débattu et voté, l’amendement n°159 se révélerait aussitôt impraticable. Pour une deuxième raison : le fait que la psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique. Les professionnels qui choisissent de s’orienter de la psychanalyse le font indépendamment des diplômes qu’ils détiennent par ailleurs. En pratique, dans les lieux de soin financés par l’État, l’accueil de la souffrance psychique est confié à des équipes pluridisciplinaires, exerçant des métiers variés (médecins, psychologues, assistantes sociales, infirmiers…) mettant en œuvre des références théoriques et cliniques d’horizon divers, dont la loi garantit la liberté de choix.</p>
<p><strong>Doublement inapplicable</strong></p>
<p>Il n’existe ni définition juridique, ni statut du « psychanalyste », ni – où que ce soit dans le monde –, de diplôme de « psychanalyste ». Car quels critères pourraient quantifier une capacité à accueillir la souffrance psychique d’autrui ou labelliser qu’un étudiant aurait valablement exploré son propre inconscient ? Qu’elle se pratique en institution (centre médico-psychologique (CMP), hôpital psychiatrique, bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU), protection maternelle et infantile (PMI)…) ou en cabinet privé, la pratique de la psychanalyse démarre toujours non par le recrutement d’un psychanalyste diplômé – qui n’existe donc pas –, mais par le choix que fait un patient de confier le plus intime de ses impasses et souffrances à ce praticien-là, à qui il choisit de parler, avec la garantie d’une confidentialité absolue.</p>
<p>Comment l’État pourrait-il dès lors, pour reprendre les termes de ce projet, « cibler » les lieux où l’assurance maladie « mettrait fin au financement public de la pratique [de la psychanalyse] » ? Appliquer l’amendement ne pourrait se faire qu’à condition d’engager des poursuites ou des licenciements individuels contre les dizaines de milliers de professionnels du soin qui – au-delà de la profession qu’ils exercent – ont choisi la boussole de la psychanalyse pour éclairer leur pratique et affiner leur écoute, et qui, l’ayant fait par intime conviction et sans affichage public, ne figurent dans aucun volet « dépenses » de l’État. Appliquer l’amendement n°159 abolirait aussi le principe du libre choix par le patient de son praticien. Deux crimes contre les libertés publiques auxquels la représentation nationale ne saurait prêter la main.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #8</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 17:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=3898</guid>

					<description><![CDATA[Paris, le 21 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante: amendement159@gmail.com Des attaques, des attaques, encore des attaques Philippe Hellebois Un monde sous amendement 159 Pénélope Fay AVEC l’IA ou sans les psychanalystes Catherine Lacaze-Paule Rééducation Aline Fayet-Brunel Encore ! Juliette Lauwers *** Des attaques, des attaques, encore des attaques Philippe Hellebois Freud et Lacan ont beau avoir prévenu leurs élèves que la psychanalyse susciterait toujours une <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-8/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 21 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_6226743772970078924isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
</strong></span><strong>Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte</strong></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante: </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_6226743772970078924isPasted" style="text-align: center;"><strong>Des attaques, des attaques, encore des attaques<br />
</strong><em>Philippe Hellebois</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Un monde sous amendement 159<br />
</strong><em>Pénélope Fay</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong>AVEC</strong></em><strong> l’IA ou sans les psychanalystes<br />
</strong><em>Catherine Lacaze-Paule</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Rééducation<br />
</strong><em>Aline Fayet-Brunel</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Encore !<br />
</strong><em>Juliette Lauwers</em></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Des attaques, des attaques, encore des attaques</span><br />
</strong><em>Philippe Hellebois</em></p>
<p>Freud et Lacan ont beau avoir prévenu leurs élèves que la psychanalyse susciterait toujours une hostilité plus ou moins virulente, nous restons étonnés, et c’est heureux, devant l’imagination malveillante de nos contempteurs depuis le début de ce siècle. Souvenons-nous de l’amendement Accoyer, du <em>Livre noir de la psychanalyse</em>, ou encore du projet Fasquelle, sans parler des autres. Le premier chercha à nous étouffer, le second à nous discréditer, le troisième à nous interdire.</p>
<p>L’amendement dit 159 cherche à nous atteindre par un autre biais, celui de la finance, et ceci de façon sournoise puisqu’il vise autre chose que ce qu’il déclare. Les quelques lignes que compte ce texte feraient croire que l’État finance la psychanalyse. Ce n’est évidemment pas le cas, et ceci parce que nous l’avons explicitement voulu. L’École de la Cause freudienne<em> </em>a toujours veillé à n’avoir d’autres financeurs que le travail de ses membres. Nous ne fûmes jamais les obligés d’agences publiques ou d’officines privées, et ne le serons pas davantage dans l’avenir. Gageons qu’elles nous voudraient moins farouches, mais tant pis pour elles, parce que notre réserve est l’une des conditions de notre survie. En effet, lever le refoulement, faire pièce à la réduction du vivant à l’objet, ne peut se faire qu’en préservant notre atopie. Si l’air du temps est au règne de la machine à laquelle on obéit sans discuter, la psychanalyse est la seule respiration possible parce qu’elle s’occupe de ce que la machine ignore.</p>
<p>L’argument financier ne tenant pas debout, il faut bien constater que nos adversaires ne peuvent vouloir qu’une chose, soit nous faire taire. En effet, comme la psychanalyse est un discours qui a conquis sa place dans le débat public, elle influence, nourrit, et contribue à la formation des divers intervenants dans le champ du soin psychique : médecins, psychologues, infirmiers, etc. On lit à n’en pas croire ses yeux que le praticien qui fait référence à la psychanalyse par sa formation, ses lectures, son orientation, ou d’autres biais encore, ne serait plus financé par la Sécurité sociale. Nous ne sommes donc pas loin de la chasse aux sorcières, aux esprits, ou encore aux hérétiques, qui renvoie aux années noires. On ne s’en étonnera pas, sachant, comme le notait Lacan, que l’histoire tourne en rond – occasion de relire le texte sensationnel du regretté Philippe Sollers « La France moisie », plus que jamais d’actualité avant les élections qui s’annoncent.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Un monde sous amendement 159</span><br />
</strong><em>Pénélope Fay</em></p>
<p>Imaginons un pays où l’amendement n°159 serait adopté : les praticiens orientés par la psychanalyse n’auraient pas d’autre choix que de quitter leur emploi ou de se former à d’autres orientations. Dans les institutions, les formations données par les associations ou les organismes orientés par la psychanalyse ne seraient plus prises en charge, voire interdites. Les supervisions ou analyses de pratiques dans lesquelles s’entendraient la moindre référence à la psychanalyse, hors-la-loi.</p>
<p>Alors que cet amendement scélérat va être présenté au Sénat, petit texte fait de dénégations, de logique douteuse, d’ignorance et de mauvaise foi quant aux intérêts propres percés à jour, ce qu’il contient gronde depuis un certain temps déjà.</p>
<p>Que veulent-ils faire taire au nom de la psychanalyse, ceux qui sont mus par la haine et rêvent d’un État policier ? La parole même, dans ce qu’elle a d’irrémédiablement singulier.</p>
<p>À quoi assistons-nous, dans les centres médico-psychologiques (CMP), les centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou les hôpitaux de jour ? Si la psychanalyse n’est pas un hôte souhaitable, c’est parfois par ignorance. Le mot même a l’allure d’un mauvais sésame et ses détracteurs ne savent souvent pas contre quoi ils se hérissent.</p>
<p>Que veulent-ils faire taire au nom de la psychanalyse, ceux qui sont mus par la haine et rêvent d’un État policier ? La parole même, dans ce qu’elle a d’irrémédiablement singulier.</p>
<p>Ce sont des réunions où les situations cliniques n’ont plus rien de clinique : exit les symptômes, l’anamnèse, les mots prononcés, les invariants repérés… On demande le diagnostic au bout de quelques minutes d’entretien et on bâillonne le patient et le soignant avec un diagnostic et une ordonnance. Ce sont des référentiels qualité qui nécessitent de formater – dans une autre langue – ce qui ne peut passer au tamis chiffrable : les psychanalystes doivent déguiser leur pratique en modalités et objectifs.</p>
<p>Ce sont des formations auxquelles doivent se plier chacun des salariés d’un service hospitalier, contraints et forcés au silence, témoignant de leur impuissance devant la formatrice qui, pour illustrer la méthode ABA recommandée par la Haute Autorité de santé (HAS), ne lâche pas cet enfant qu’elle emmène dix fois aux toilettes et à qui elle baisse dix fois la culotte de force afin qu’il comprenne qu’il ne faut pas uriner dans les couloirs de l’hôpital de jour.</p>
<p>Si cet amendement – ou l’une de ses déclinaisons – est adopté, la machine infernale engagée depuis plusieurs années se gonflera d’aise. Dans les institutions, les praticiens orientés par la psychanalyse auraient-ils alors à se taire, à agir en secret, à garder le cap de l’orientation lacanienne d’une main et à porter le masque d’un discours féroce de l’autre ? Au XV<sup>e</sup> siècle, les juifs d’Espagne et du Portugal, convertis de force au christianisme, continuaient à pratiquer en secret. On les appelait les marranes. Si les psychanalystes sont parfois forcés à jouer des semblants, le désir nourrit la résistance.</p>
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<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em>AVEC</em></strong></span><strong><span style="color: #ff0000;"> l’IA ou sans les psychanalystes</span><br />
</strong><em>Catherine Lacaze-Paule</em></p>
<p>C’est seulement soixante-douze heures avant la discussion au Sénat que les psychologues, psychiatres et psychothérapeutes apprennent le vote de l’amendement n°159, glissé en catimini des professionnels en plein budget de la Sécurité sociale. Il nous faudra attendre janvier 2026 pour connaître ce que la sénatrice Jocelyne Guidez, artiste de profession, va nous révéler dans son ouvrage à paraître <em>Troubles du neuro-développement, le chemin de l’apprentissage</em>. Nous connaîtrons alors son intérêt, sans conflit, mais avec beaucoup de (dé)mesures, pour les troubles neuro-développementaux (TND). La quatrième de couverture indique que l’ouvrage est « un témoignage personnel croisé mêlant récit personnel, plaidoyer politique et recueil de témoignages »… Elle précise que le récit revient en « toute franchise sur le parcours législatif et personnel ».</p>
<p>En attendant, nous pouvons lire le guide de bonnes pratiques adopté le 23 octobre 2025 par le collège de la Haute Autorité de santé (HAS) qui soutient la mise en place d’un projet stratégique de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) générative 2025-2030 dans le champ de la santé. Cette recommandation révèle ce que trame la nouvelle <em>gouverne</em>&#8211;<em>mentalité</em> de la santé.</p>
<p><strong>Entre neurone et IA, le transformeur[1]</strong></p>
<p>Ce projet de l’utilisation de l’IA dans la santé est pensé sans les psychanalystes, pour des professionnels du secteur sanitaire social et médico-social, dont l’effectif est en diminution – puisque partout en France, on enregistre une baisse drastique de professionnels médico-sociaux –, mais avec la collaboration des usagers eux-mêmes, dont le nombre, lui, est en grande expansion. Le but est de diminuer la charge administrative (produite par les évaluations incessantes de l’HAS elle-même), libérer du temps à dédier aux soins et à l’accompagnement des personnes pour pallier la réduction du personnel, déterminée et intrépide. Enfin, ce programme de bonnes pratiques vise à une vulgarisation de l’utilisation de l’IA générative, afin, je cite et souligne, « d’interagir en <em>langage naturel</em>[2] ». Avec l’IA, nous allons pouvoir trouver, je cite à nouveau, « le langage adapté », « développer la qualité des soins », « optimiser une organisation », « améliorer une pratique professionnelle », « transcrire des conversations lors des consultations », « remplir des formulaires administratifs », « renforcer la compréhension et développer la confiance », etc. L’HAS recommande de bien choisir son IA générative. Mais celles citées se portent vers le choix de <em>Le Chat</em> (Mistral AI, au départ français mais qui est financé par des fonds américains aujourd’hui) ou <em>ChatGPT</em> (soit Google qui a toujours été américain).</p>
<p>Afin de guider les professionnels, l’HAS préconise les lignes directrices A.V.E.C., acronyme de : Apprendre-Vérifier-Estimer-<wbr />Communiquer. Cependant, l’IA n’est pas sans risque. Le rapport indique qu’il peut y avoir des erreurs, des hallucinations, des données factices, le secret professionnel, l’usage des datas, la législation… et la responsabilité reviendra aux utilisateurs qui auraient un emploi inapproprié et n’auraient donc pas suivi les bonnes clefs d’usage de l’IA.</p>
<p>Prenons le cas d’une « clef d’usage pour le professionnel » : « vérifier les sources ». Le rapport donne l’exemple d’un traitement erroné, supprimé depuis 2017, pour la maladie d’Alzheimer, mais qui continue à être mentionné dans les systèmes d’IA générative. En effet, l’IA ne connaît pas l’oubli et continue à générer un contenu mentionnant un traitement à tort changé en 2017 (ce pourquoi je ne mentionne pas le nom du médicament, car l’approche probabiliste reproduirait la probabilité de la connexion).</p>
<p>Eh bien, je vais quand même remercier les auteurs de l’amendement, car des collègues pratiquant les TCC, l’EMDR, les thérapies des schémas et autres approches psys, sensibles et touchés par cette volonté autoritaire et liberticide, ont manifesté leur soutien aux psychanalystes.</p>
<hr />
<p>[1] Je rappelle que GPT est un mot valise qui signifie <em>générative pre-trained transformer</em> traduit par : transformeur génératif pré-entraîné.<br />
[2] Haute Autorité de santé, « Recommander les bonnes pratiques. Premières clefs d’usage de l’IA générative en santé dans les secteurs sanitaire, social et médico-social. A.V.E.C Apprendre-Vérifier-Estimer-<wbr />Communiquer », 23 octobre 2025, disponible sur internet.</p>
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<p><strong><span style="color: #ff0000;">Rééducation</span><br />
</strong><em>Aline Fayet-Brunel</em></p>
<p><strong>Rééducation, le retour ?</strong></p>
<p>Je travaille dans une institution qui accueille des enfants présentant des « troubles du comportement et de la conduite », un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP).</p>
<p>Il fût un temps, ces institutions se nommaient instituts de rééducation (IR). Leur refonte en ITEP, par le décret du 6 janvier 2005, était un pas à faire pour accueillir ces symptômes autrement qu’avec une méthode qui « rééduquerait », c’est-à-dire rectifierait le tir par rapport à une norme pour tous. Aussi le décret de 2005 précise-t-il que les troubles du comportement et de la conduite sont « la manifestation des difficultés psychologiques » de ces enfants, adolescents, jeunes adultes. Autrement dit, les troubles du comportement sont l’effet, la conséquence, d’une souffrance qui, quant à elle, est d’ordre psychique[1]. Ainsi, travailler en ITEP suppose aujourd’hui de s’atteler à ce qui cause la souffrance de ces enfants, adolescents et jeunes adultes, tandis que les IR promettaient jadis de rééduquer leurs troubles, considérés de fait comme des déviances à l’ordre social.</p>
<p>Les recommandations actuelles de la Haute Autorité de santé (HAS), basées sur des méthodes uniquement rééducatives dites « thérapies comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociales », souhaiteraient-elles nous ramener à ces méthodes d’avant les ITEP, qui pourtant avaient démontré leurs limites ?</p>
<p><strong>Ce qui nous oriente</strong></p>
<p>En premier lieu, ce qui nous oriente dans notre pratique<strong> </strong>est de faire boussole de ce dont le patient, l’enfant, souffre. Qu’est-ce qui <em>lui </em>pose difficulté ou problème, à elle ou lui ? Aucun diagnostic ne saurait répondre parfaitement à cette question. Et les symptômes bruyants qui dérangent les autres ne disent rien de ce qui cause la souffrance intime et singulière d’un enfant ou d’un adolescent. Pour saisir ce dont souffre ce sujet-là, il faut d’abord savoir se taire, le laisser parler et l’écouter. Quelle méthode répondant à un protocole préétabli prétendrait pouvoir, à elle seule, remédier à l’infinie variation des symptômes et de leurs causalités psychiques ?</p>
<p>La souffrance psychique, les pathologies du mental demandent accueil de la nouveauté de chaque patient, sans méthode immédiate à suivre. Chercher avec un patient ce qui le trouble ou l’affecte est autre chose que lui répondre : « Faites-ci, faites-ça, vous verrez ça ira mieux. » Pas de rééducation à proprement parler du symptôme, mais réaménagement, mutation, transformation.</p>
<p>C’est un chemin à prendre avec le patient, une enquête à mener avec lui, à propos de ce qui le concerne, en premier lieu.</p>
<p><strong>Ce qui nous enseigne</strong></p>
<p>Des limites, il y en a toujours à chaque méthode qui se voudrait « pour tous ». C’est donc dans la part laissée aux institutions de soins psychiques et aux praticiens qui y exercent, pour inventer, pour chercher, avec leurs patients et avec les outils de leur choix, que l’on a chance que se produisent des effets, des résultats vivables et durables.</p>
<p>Il est certes plus facile d’évaluer une méthode que d’oser faire le pari d’une recherche ou d’une invention. Mais enfin, si une méthode préétablie fonctionnait pour tous, on le saurait !</p>
<p>De fait, ma pratique en ITEP m’enseigne chaque jour.</p>
<hr />
<p>[1] Les ITEP ont pour mission d’accueillir « les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages », décret n°2005-11 du 6 janvier fixant les conditions techniques d’organisation et de fonctionnement des instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques.</p>
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<p><strong><span style="color: #ff0000;">Encore !</span><br />
</strong><em>Juliette Lauwers</em></p>
<p>La répétition avec laquelle on s’en prend à la psychanalyse depuis ses premiers pas illustre son caractère exceptionnel. Pourquoi la psychanalyse fait-elle l’objet d’une volonté de destruction quelle que soit l’époque ? Qu’elle soit victorienne ou hypermoderne, il y a répétition de cette volonté.</p>
<p>Jamais on ne pardonnera, ni à Sigmund Freud, ni à Jacques Lacan, d’avoir dévoilé, théorisé et démontré la cause sexuelle de l’être parlant. Dès ses débuts, dès ses premières recherches, la psychanalyse a soulevé l’indignation, le mécontentement, l’opposition, voire le refus. Scandaleuse, non scientifique, non chiffrable ; toutes sortes d’arguments passent en revue. Pourtant, nombreux sont ceux pour qui la psychanalyse est un recours, et ils en témoignent. En outre, les psychanalystes ont mis un grand soin dans la démonstration des effets de leur expérience : de très nombreuses publications en sont la trace.</p>
<p>C’est en tant que discours inédit que la psychanalyse s’impose dans l’histoire. Ce n’est donc pas le caractère incertain des effets de l’exercice de la psychanalyse qui est visé mais bien plutôt une détestation de ce qui est pointé sous ce terme de « réel », inéliminable. Vouloir éliminer la psychanalyse, c’est vouloir éliminer ce point d’horreur.</p>
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