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	<title>Action Lacanienne Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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	<description>Association de la Cause freudienne en Corse - Restonica</description>
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	<title>Action Lacanienne Archives &#8211; ACF en Corse - Restonica</title>
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		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; FORUM &#8211; 20 NOV 2025</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-forum-20-nov-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 18:40:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Les interventions du Forum contre l'amendement liberticide du 20 novembre 2025 sont en ligne sur le site de l'ECF.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4156"  class="panel-layout" ><div id="pg-4156-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4156-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4156-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4156-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child" data-index="0" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4156-0-1-0" ><div
			
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	<p>Les interventions du <em>Forum<br />
</em><em>c</em><span style="font-family: Georgia, serif;"><em>ontre l'amendement liberticide</em><br />
</span>du 20 novembre 2025<br />
sont en ligne sur le site de l'ECF.</p>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Colloque Palais du Luxembourg &#8211; 6 juin 2026</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 10:48:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque « Défendre la relation dans les soins psys » 6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord. Introduction de Madame la Sénatrice Raymonde Poncet Monge Pourquoi ce colloque ? Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-colloque-defendre-la-relation-dans-les-soins-psys/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #ff0000;">Colloque « Défendre la relation dans les soins psys »</span><br />
<span style="color: #ff0000;">6 juin 2026 &#8211; Palais du Luxembourg</span></h2>
<hr />
<p><em>À la suite du colloque organisé par Madame Raymonde Poncet Monge, sénatrice Europe Écologie Les Verts du Rhône et Vice-Présidente de la commission des affaires sociales, nous avons le grand plaisir de vous adresser le document ci-dessous avec son accord.</em></p>
<p><strong>Introduction de Madame la Sénatrice<br />
</strong><strong>Raymonde Poncet Monge</strong></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">Pourquoi ce colloque ?</span></h2>
<p>Au Sénat ces derniers mois, plusieurs initiatives de parlementaires, comme une proposition de loi introduisant dans le Code de la santé publique la gradation des soins en psychiatrie et par là le financement des centres experts et du modèle de l’opérateur privé FondaMental, comme un amendement visant à dérembourser les soins psychiques se réclamant de l’orientation psychanalytique voire à les interdire, ont provoqué une forte inquiétude et de larges mobilisations dans le monde Psy, des psychologues, psychanalystes, psychiatres et autres professionnels du soin.</p>
<p>Ainsi, pour ce qui est des centres experts, sans état des lieux ni évaluation sérieuse du modèle ainsi promu, sans étude d’impact, sans concertation préalable et recherche de consensus de la profession, et alors que rarement une proposition de loi n’aura suscité lors des auditions autant de réserves et même d’oppositions d’acteurs, la majorité sénatoriale a quand même modifié par la loi l’organisation des soins en psychiatrie.</p>
<p>Et cela, alors que lors de son audition, la Direction Générale de l’Organisation des soins déclarait que le modèle des centres experts n’avait pas fait l’objet d’évaluation scientifique indépendante et que le véhicule législatif ne lui semblait pas adapté.</p>
<p>La réponse adaptée aurait été alors d’ouvrir enfin la controverse sur ce modèle centré sur une expertise psychiatrique qui est délivrée à l’issue d’examens et de réponses à des questionnaires sur un peu plus d’un jour, alimentant d’énormes banques de données, et émettant des recommandations en direction des praticiens, recommandations déliées du soin et de son suivi.</p>
<p>Ainsi, à la faveur d’un intense lobbying et d’experts parfois juges et parties, le législateur devient celui qui introduit de nouvelles normes quasi administratives en y redéployant les financements, dans un contexte d’injonctions à baisser les dépenses publiques de santé et sur la croyance en la promesse de l’opérateur privé d’économies faramineuses pourtant non documentées et spéculatives.</p>
<p>L’autre initiative qui a suscité un fort émoi concerne l’amendement d’une parlementaire, prétendant, avant de retirer son amendement, condamner et interdire aux praticiens s’inspirant de la psychanalyse, le financement des pratiques concernées au sein des institutions de la pédopsychiatrie, initiative qui reprenait dix ans après la tentative de légiférer en ce sens portée à l’Assemblée nationale.</p>
<p>En s’immisçant à plusieurs reprises dans le débat académique et doctrinal et en tentant de le figer dans et par la loi, le législateur ne manque pas seulement de prudence et de sagesse mais il participe à installer une quasi-vérité d’État dans le champ de la psychiatrie autorisant un contrôle des pratiques et ouvrant le risque demain en psychiatrie d’une police des pratiques.</p>
<p>Notre colloque, qui réunit aujourd’hui praticiens, patients, familles, autour de leurs savoirs et expériences plurielles, acteurs mobilisés pour défendre la pluralité des méthodes, des approches, de la place de la relation et de la parole dans le soin, nous permettra de questionner et de comprendre ce qui se joue dans ces interventions répétées du législateur.</p>
<p>Car si la contestation ou la dispute sur la place de la psychanalyse dans le soin psychique n’est pas nouvelle, pas plus que celle sur la psychiatrie institutionnelle, l’offensive actuelle apparaît plus systémique et dangereuse dans le contexte des dérives autoritaires actuelles.</p>
<p>Et parce que le législateur s’en mêle, nous ne faisons pas face à une nouvelle confrontation des théories, des hypothèses et des approches cliniques, une sorte de guerre des écoles rejouant les controverses et consensus passés mais à la volonté d’imposer, dispositif par dispositif, une orientation théorique et des pratiques par l’effacement voire la répression d’autres.</p>
<p>Clap de fin pour certains débats alors que c’est bien l’ouverture au contradictoire qui reste à l’origine d’enrichissements réciproques et la condition de la progression de la science et des connaissances, dans le champ de la psychiatrie, tout le monde est invité puis sommé à être aligné.</p>
<p>Un glissement s’observe ainsi au sein de la Haute Autorité de Santé qui passe des recommandations de bonnes pratiques professionnelles conçues comme simples aides à la décision, aux approches cliniques jugées par elle non consensuelles, puis non recommandées et aujourd’hui pressée et tentée de franchir le pas vers l’opposabilité des recommandations.</p>
<p>Cette dernière position serait inédite et jusqu’ici inconcevable dans le champ de la psychiatrie et du soin psychique éthiquement centré sur la singularité du sujet.</p>
<p>La psychiatrie ne peut se soumettre à des méthodes et des réponses standardisées et protocolisées et encore moins se voir interdire de les mettre en débat.</p>
<p>Pour imposer et hâter l’uniformisation des pratiques, peu à peu des dispositifs ont été mis en place dont le fonctionnement s’est révélé au fil du temps au service d’un tri des pratiques jusqu’ici plurielles d’abord en direction des psychologues exerçant en libéral où la liberté du choix des orientations thérapeutiques est pourtant essentielle.</p>
<p>Déjà en 2024, lors d’une rencontre avec des psychologues, ceux-ci ont pointé que dans le cadre du dispositif Mon soutien Psy, certaines approches étaient écartées lors de la sélection pour devenir psychologue partenaire.</p>
<p>De plus, la difficile montée en charge de ce dispositif s’est accompagnée parfois de pression pour s’y conventionner envers des psychologues du secteur public pendant que leurs services et institutions tant dans l’éducation nationale, à l’université, dans les Instituts Médico-éducatifs, les CMPP étaient fragilisés.</p>
<p>Car a contrario des promesses de complémentarité de l’offre, force est de constater un effet de substitution, les difficultés croissantes des structures de la psychiatrie de secteur se voyant toujours refuser les moyens de leurs développements.</p>
<p>Enfin, pour la psychiatrie mais aussi la gériatrie, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux prodiguait des recommandations concernant le champ social et médico-social.</p>
<p>Or, sa fusion ou plutôt son absorption par la Haute Autorité de Santé, centrée sur le sanitaire, a eu une influence sensible, pour étendre aux approches cliniques relationnelles complexes, des outils pertinents pour les spécialités médicales ou le médicament comme l’évaluation par les preuves et les indicateurs mesurables.</p>
<p>Ont ainsi été minorés voire écartés les critères qualitatifs comme la qualité de vie, de la relation thérapeutique et l’évaluation sur le temps long voire sur toute une vie.</p>
<p>C’est pour ouvrir sur les questionnements que pose l’évolution en cours que nous avons pensé ce colloque autour de la relation dans les soins psys.</p>
<p>Car penser la relation et penser son effacement, c’est penser notre modèle de société : tant celui que nous défendons que celui dont nous nous défendons.</p>
<p>Depuis ma place d’économiste, j’observe que les théories qui s’avancent dans le champ psychiatrique supposent de plus en plus un individu autonome, rationnel, sans conflit intrapsychique pour ne pas dire sans inconscient.</p>
<p>Ces présupposés rejoignent certaines théories économiques et discours idéologiques, celui de l’<em>homo œconomicus</em>, individu rationnel, autonome dont les comportements de consommation, de production dépendent d’un calcul rationnel entre, d’une part, la recherche de satisfaction de ses besoins et désirs et d’autre part les efforts nécessaires pour les atteindre.</p>
<p>Par exemple, pour les tenants de cet individu rationnel, les indemnités chômage ou les prestations sociales seraient mis en balance de l’effort au travail et un certain niveau d’allocations désinciterait à la reprise d’un emploi, et dès lors il faut donc les baisser jusqu’à ce point supposé d’équilibre entre effort et revenu propre à l’individu chômeur rationnel et calculateur.</p>
<p>Un chômeur sans histoire professionnelle, asocial, sans appartenance de classe, sans conflit interne.</p>
<p>Cet<em> homo œconomicus</em> est une fiction, les prétendues preuves d’efficacité de cette théorie ne résistent pas à l’analyse mais les politiques publiques s’en inspirent par pure position idéologique.</p>
<p>Je constate que dans les différents champs des sciences humaines et sociales une vision idéologique propre au néolibéralisme et à la société de marché s’impose, dans le monde du travail, à l’école, dans les soins.</p>
<p>Et que partout il nous faut défendre entre autres la place de la relation.</p>
<p>Dans le soin, mais aussi dans les services publics contre l’excès de dématérialisation.</p>
<p>Sur la dématérialisation Pierre-Olivier Monteil, chercheur, écrit : <em>« L’interaction humaine n’existe plus, avec ce qu’elle pourrait avoir de plaisant ou de déplaisant, mais de vivant et bienvenu. Pour ne pas voir dans cette suppression un appauvrissement, il faut estimer qu’il y a peu à attendre de ces échanges ».</em></p>
<p>Je voudrais enfin conclure sur la dimension autoritaire et antidémocratique perceptibles dans tant de domaines mais pour ce qui nous occupe aujourd’hui, dans le champ des soins Psys.</p>
<p>Alerter car  :</p>
<p>Dans une société démocratique, aucune orientation théorique en psychiatrie ne peut être imposée.</p>
<p>Dans une société démocratique, on réfute toute science d’État.</p>
<p>Dans une société démocratique, les experts des agences indépendantes ne prennent pas de positions publiques d’ailleurs interdites par le Code de la santé publique.</p>
<p>Dans une société démocratique, on protège la liberté de prescription.</p>
<p>Dans une société démocratique, les positions idéologiques ne priment pas sur la démarche scientifique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le législateur devrait en être garant.</p>
<p>Par ce colloque, comme sénatrice j’entends faire ma part.</p>
<p>Je remercie l’ensemble des intervenantes et intervenants, modératrices, modérateurs ainsi que vous toutes et tous ici présents.</p>
<p>Je vous souhaite un excellent colloque et j’appelle la première table ronde.</p>
<hr />
<p><em>Nous avons le plaisir de vous adresser l&rsquo;intervention au Sénat de la présidente de l&rsquo;École de la Cause freudienne à l&rsquo;occasion du colloque sur la défense de la relation dans les soins psys du 6 juin 2026.</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Exercice démocratique et parole en psychanalyse</strong></span></h2>
<h3>Laura Sokolowsky</h3>
<p><strong> </strong>Dans un moment où la psychanalyse se trouve de nouveau attaquée dans ses fondements, il n’est guère inutile d’évoquer une séquence historique où celle-ci fut mise sous tutelle par un pouvoir totalitaire.<br />
Cette idéologie d’extrême droite s’appuyait sur des notions prétendument scientifiques qui affirmaient la division de l’humanité en races biologiquement inégales et détournait la théorie darwinienne au profit d’une vision du monde où seuls les plus forts ont le droit d’exister. L’hérédité biologique, les études statistiques et anthropologiques servirent à justifier un monstrueux programme d’élimination des malades mentaux considérés comme des vies indignes d’être vécues. Des commissions composées de médecins et de fonctionnaires examinèrent les dossiers des patients internés.<br />
L’on estime à présent qu’entre 200.000 et 300.000 personnes handicapées ou souffrant de maladie mentale furent assassinées en Allemagne entre 1939 et 1941 dans le cadre du programme T4 ayant servi de laboratoire aux exterminations de masse ultérieures.</p>
<p>L’Allemagne des années trente offrait un terrain propice à toutes les dérives, arguant d’une défaite militaire, d’un chaos économique et d’une humiliation nationale. Dans ce contexte de détresse collective, un leader séduisit les masses en promettant à chacun un avenir radieux ainsi qu’une fierté retrouvée. Or, ce qui reste difficile à saisir, et que les historiens peinent encore à expliquer n’est pas tant la pathologie du leader que la vitesse avec laquelle une secte d’individus marginaux, qui prônaient la préférence nationale et l’usage de la violence pour y parvenir, remporta l’adhésion de la population. Les grandes interprétations historiques, qu’il s’agisse du fascisme générique, des intérêts du grand capital ou du culte de la personnalité, éclairent sans doute une partie du phénomène sans épuiser ce qui en constitue le nœud, à savoir la soumission volontaire des masses à la volonté de destruction.<br />
C’est ici que la psychanalyse, avec ses concepts de surmoi, de pulsion de mort et d’identification à l’idéal du moi, peut apporter un éclairage que l’Histoire, à elle seule, ne saurait fournir. Encore faut-il que la psychanalyse puisse s’exercer librement, les condition de sa pratique étant l’exercice sans protocole ni volonté de maîtrise des pouvoirs de la parole et de l’interprétation. Pour cette raison, la pratique psychanalytique et la démocratie ont partie liée.</p>
<p>Revenons un instant ce qui ce qui distingue le nazisme d’autres formes d’antisémitisme plus anciennes. Il s’agit du fait que Hitler ne visait pas la persécution, mais l’élimination d’êtres humains. Au printemps 1933, Freud ne mesurait pas encore cette différence qualitative. Il pensait en termes de pogroms, de restrictions, de vexations et d’agressions, c’est-à-dire ce dont il était possible d’avoir une représentation. La notion que l’antisémitisme puisse se réaliser dans une forme absolue dépassait ce que l’imaginaire, même le sien, était capable d’anticiper.</p>
<p>Les régimes autoritaires ont toujours su que la parole était leur ennemi principal. Ce n’est pas un hasard si l’autodafé des livres de Freud eut lieu au mois de mai 1933. Et ce n’est pas un hasard non plus si, parmi les premiers visés par des lois d’exclusion, se trouvaient des médecins, des psychanalystes, des éducateurs, des travailleurs sociaux et des enseignants. Brûler les livres de Freud, c’était s’en prendre à l&rsquo;idée qu’il peut exister, au cœur de chaque être humain, quelque chose qui échappe à l’emprise du collectif, à la voix du chef, à la communion des masses dans la jouissance partagée d’un ennemi commun.</p>
<p>Comment réagirent les psychanalystes ? Le mouvement analytique de l’époque se retrancha derrière le principe de neutralité scientifique : la psychanalyse n’étant pas une vision du monde, mais une méthode de soin, une thérapeutique, ils n’avait pas à prendre politiquement position. En cela se confirme ce que Freud affronta dès le milieu des années vingt en s&rsquo;opposant à certains membres de sa propre association qui souhaitaient réserver l’accès à la formation analytique aux seuls médecins. Freud savait que la réduction de la psychanalyse à la thérapeutique lui faisait courir le danger d’une dissolution par absorption comme spécialité médicale.<br />
La posture inverse, présentée comme une garantie d’indépendance, fut en réalité une démission éthique. Elle permit à certains analystes aryens de poursuivre leurs activités dans l’Allemagne nazie, là où leurs collègues juifs furent contraints de s’exiler. Sous couvert de sauver leur discipline, ils se livrèrent à toutes les compromissions et donnèrent leur âme au diable.</p>
<p>Les attaques contemporaines contre la psychanalyse proviennent de l’alliance d’une hostilité déclarée et d’une rationalité gestionnaire. Elles ont le visage de l’expertise, du comité scientifique, de l’instance régulatrice. C’est ce qui les rend difficiles à reconnaître pour ce qu’elles sont de la part du grand public et des médias. En procédant par étapes, en empruntant le langage de la raison et de la science, le rejet de la psychanalyse comme expérience de parole se présente comme une mesure de bon sens que personne ne devrait contester.</p>
<p>Il convient de rappeler que les recommandations de la Haute Autorité de Santé contre les approches psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme en 2012 ont constitué une première fracture. Pour la première fois en France, une instance officielle de santé publique s’est prononcée contre la psychanalyse au nom de la science, ou plutôt d’une certaine conception de la science réductible à l’<em>Evidence-based medicine</em>. Sous couvert de rigueur méthodologique, ce qui ne se mesure pas n’existe pas, ce qui ne produit pas de résultats quantifiables en un temps défini n’a pas droit de cité. La psychanalyse qui accueille ce qui résiste à la mesure, le désir, l’inconscient, le rêve, la répétition, a été déclarée hors-jeu.<br />
L’offensive s&rsquo;est poursuivie et s’est amplifiée à travers la montée en puissance des thérapies comportementales promues par les institutions de santé au motif de leur efficacité mesurable et de leur rapport coût-bénéfice favorable. Il s’agit rien de moins que de soumettre le soin psychique aux critères de rentabilité qui gouvernent les autres secteurs de l’économie. Une thérapie brève, protocolisée, reproductible d’un patient à l&rsquo;autre, évaluable par un questionnaire standardisé, tel est ce qu’un tel système finance et recommande. Un traitement analytique dont la durée est indéterminée, dont l’issue ne peut être fixée à l’avance et dont les effets ne se laissent pas réduire à la disparition du symptôme, n’est ni compréhensible ni tolérable.</p>
<p>Cette tendance de fond concerne aussi la formation des futurs praticiens. Dans les facultés de médecine et de psychologie, les enseignements d’orientation psychanalytique doivent s’effacer  au profit des approches <em>neuro</em>. Les internes en psychiatrie se forment de moins en moins à l’écoute clinique, on leur apprend à travailler en utilisant des protocoles standardisés. La prise en compte de la relation entre le patient et son psy, ce qu’en psychanalyse nous désignons par le transfert et qui repose sur un lien de parole, est ignoré, négligé, dénigré.<br />
Ce sont ainsi des générations entières de soignants qui sont privés de ce que la psychanalyse a mis un siècle à élaborer, à savoir une théorie du sujet adossée à la clinique du cas par cas.</p>
<p>À cela s’ajoutent des attaques plus récentes issues du champ législatif, telles que l’amendement visant le déremboursement des pratiques inspirées par la psychanalyse, l’inscription de centres experts soutenus par une fondation privée dans le code de la santé publique, de nouvelles recommandations sur l’autisme excluant la psychanalyse comme pratique non recommandée. Puis, l’horizon de l’opposabilité des recommandations présentées comme une nécessité impérieuse accompagnées d&rsquo;inspections, de contrôles inopinés des établissements et de fermeture administratives des institutions qui n’obéissent pas. Le vocabulaire employé n’est pas celui du soin, mais d’un ordre de fer.</p>
<p>L’enjeu est la liberté de parole et son expression démocratique. C’est la raison pour laquelle l’avenir de la psychanalyse n’est pas séparable du destin de la démocratie. En effet, la démocratie ne se résume pas au régime électoral. Elle suppose la possibilité d&rsquo;une parole irréductible à l’identification au groupe, fut-il en position majoritaire, et au chef. Elle suppose qu’il existe un espace où la parole puisse se dire sans être soumise à l’impératif du résultat, de la norme et de la conformité. Ce que récuse l’idéologie autoritaire est une énonciation soustraite à la logique du rendement et de l&rsquo;obéissance où le sujet peut faire l’expérience de sa division, de ses contradictions, de son désir.</p>
<p>Si les attaques actuelles contre la psychanalyse ne brûlent pas les œuvres de Freud, elles s’emploient à les rendre inaudibles. Elles vident la parole de sa substance en la réduisant à un simple outil de communication au service d&rsquo;une récolte des données, serf de la technique. Le sujet souffrant dans son corps et sa pensée n’est pas invité à dire, à parler de son histoire : il lui est intimé de cocher des cases pour évaluer son niveau d’anxiété sur une échelle allant de un à dix, à progresser selon un programme préétabli vers un objectif d&rsquo;adaptation.</p>
<p>Cette conception de l’humain est aussi celle que convoque l’extrême droite par d’autres chemins. Le discours identitaire qui prospère aujourd’hui en Europe et au-delà repose sur l’effacement de la singularité au profit de l’appartenance à une origine, à un pays défini comme une communauté assiégée et remplacée par cet Autre qu’est étranger. La parole introduit de la différence et de l’incomparable. Le fantasme d’une communauté purifiée impose <em>a contrario</em> le silence.</p>
<p>Pour les psychanalystes, défendre la démocratie n’est pas une prise de position étrangère à leur pratique. Il s&rsquo;agit de promouvoir la fonction et le champ de la parole et du langage contre la violence politique et la rationalité gestionnaire. Ne cédons pas à la tentation de négocier avec les instances évaluatives, d’adapter la clinique analytique aux exigences du marché, de consentir aux compromis douteux pour préserver une présence institutionnelle.</p>
<p><span style="color: #060606; font-family: Palatino Linotype, Book Antiqua, Palatino, serif; font-size: large;">Comme Lacan l’écrivait dans « La psychiatrie anglaise et la guerre » publiée en 1947, il en va d’un affrontement contre les puissances sombres du surmoi imposant de se soumettre et de se taire.<br />
Ce combat est le nôtre aujourd’hui. </span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Forum des psys contre attaque &#8211; 18 juin en live sur Youtube</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/forum-des-psys-contre-attaque-18-juin-en-live-sur-youtube/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 04:39:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Évènements]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=4105</guid>

					<description><![CDATA[FORUM EN VISIO DIFFUSION EN ACCÈS LIBRE   La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au Forum des psys qui se tiendra on line le 18 juin. La Rédaction du Forum des psys Connexion le 18 juin 2026 de 20h à 23h sur la chaîne YouTube Forum des psys &#60;&#60; ICI &#62;&#62; &#160;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4105"  class="panel-layout" ><div id="pg-4105-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4105-0-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4105-0-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4105-0-1-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: center;"><strong><span class="il">FORUM</span> EN <span class="il">VISIO</span> DIFFUSION</strong><br />
<strong>EN ACCÈS LIBRE  </strong></p>
</div>
</div></div></div><div id="pgc-4105-0-2"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div></div><div id="pg-4105-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4105-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4105-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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		><h3 class="widget-title">APPEL pour le FORUM du 18 JUIN</h3>
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	<p><span id="m_-893876520641711533isPasted">La destruction programmée du champ de la santé mentale a déjà commencé. Les attaques virulentes contre la psychanalyse sont le fer de lance d’une volonté d’imposer à tous un ordre de fer. Aussi nous vous appelons à diffuser le plus largement possible l’affiche et le lien de connexion au </span><b>Forum des psys</b> qui se tiendra <b><em>on line</em></b><b> le 18 juin</b>.</p>
<p style="text-align: right;">La Rédaction du<em> Forum des psys</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Connexion</em></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;">le 18 juin 2026</span></strong><br />
<strong><span style="color: #ff0000;">de 20h à 23h</span></strong><br />
<strong>sur la chaîne YouTube Forum des psys</strong><br />
<strong>&lt;&lt; <a href="https://www.youtube.com/channel/UC6BwUTnaVRpAcdeqyY7JyYQ" target="_blank" rel="noopener">ICI</a> &gt;&gt;</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div></div></div></div></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE &#8211; Amendement 159</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-amendement-159/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Vittori]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 11:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<category><![CDATA[Newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[Amendement 159 COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENTE DE L’ECF ACTION LACANIENNE  Un amendement d’une exceptionnelle virulence contre la psychanalyse va être discuté au Sénat à partir du 19 novembre, c’est-à-dire dans deux jours. L’École de la Cause freudienne se mobilise contre cette offensive. Vu le peu de temps dont nous disposons, nous demandons aux membres et aux amis de l’École de prendre contact avec les sénateurs et les députés de leur région. Anaëlle Lebovits-Quenehen,  Présidente de l’École de la Cause freudienne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-4095"  class="panel-layout" ><div id="pg-4095-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child" data-index="0" ><div
			
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	<h1 class="entry-title">Amendement 159</h1>
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		><h3 class="widget-title">Paris, le 16 novembre 2025</h3>
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	<h3>COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENTE DE L’ECF</h3>
<h2 style="text-align: center;"><span id="m_-8042767922163880487isPasted" style="color: #ff0000;"><strong>ACTION LACANIENNE </strong></span></h2>
<p id="m_-8042767922163880487isPasted">Un amendement d’une exceptionnelle virulence contre la psychanalyse va être discuté au Sénat à partir du 19 novembre, c’est-à-dire dans deux jours. L’École de la Cause freudienne se mobilise contre cette offensive. Vu le peu de temps dont nous disposons, nous demandons aux membres et aux amis de l’École de prendre contact avec les sénateurs et les députés de leur région.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Anaëlle Lebovits-Quenehen, </strong><br />
<em>Présidente de l’École de la Cause freudienne</em></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-4095-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-1-0"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-empty" ></div><div id="pgc-4095-1-1"  class="panel-grid-cell panel-grid-cell-mobile-last" ><div id="panel-4095-1-1-0" class="so-panel widget widget_sow-image panel-first-child panel-last-child" data-index="2" ><div
			
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	</div>

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		><h3 class="widget-title">Paris, le 18 novembre 2025</h3>
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	<h3 class="text-build-content"><b>LETTRE DE LA PRÉSIDENTE DE L'ECF AUX DÉPUTÉS ET SÉNATEURS</b></h3>
<p class="text-build-content">Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,<br />
Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,</p>
<p class="text-build-content">L’amendement rédigé le 14 novembre 2025 proposé par Mmes les sénatrices Guidez, Jacquemet et Vermeillet, et M. le sénateur Canévet dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, exigeant qu’« à compter du 1er janvier 2026, les soins, les actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie », présente un danger considérable pour les citoyens que les deux Chambres s’attachent à protéger. Au nom d’une idéologie dont la cohérence ne tient qu’à sa haine affichée de la psychanalyse, il constitue une attaque criante contre elle.</p>
<p class="text-build-content">De très nombreux professionnels en institutions publiques choisissent les apports de la psychanalyse pour s’orienter dans leur pratique. Pas tous. Le libre choix des praticiens comme des patients reste essentiel pour améliorer l’offre de soins. C’est par une prodigieuse dénégation que l’amendement prétend ne pas toucher à la « liberté de choix des patients » ni à « la liberté de pratiques des professionnels », quand il indique très clairement que ces libertés sont exactement ce qu’il vise à prohiber. En outre, cette mesure, si elle venait à être adoptée, désorganiserait l’ensemble du dispositif public de soin en santé mentale (hôpitaux psychiatriques, centres médico-psychologiques (CMP), centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), hôpitaux de jour, instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP), instituts médico-éducatifs (IME), etc.), laissant sans soins des enfants, adolescents et adultes en grande souffrance qui, au mieux, engorgeraient les services d’urgences, au pire, entraîneraient de graves conséquences sur leur vie et celles de leurs concitoyens. Ce qui est présenté comme une chasse au gaspi aurait de tout évidence des conséquences coûteuses pour la nation.</p>
<p class="text-build-content">Sans qu’aucun argument ne vienne le justifier, cet amendement sortirait la psychanalyse du champ de la santé mentale publique où elle est installée – y compris légalement [1] – et où elle continue de faire ses preuves. Pour se réclamer de la Haute Autorité de santé (HAS), cet amendement ne repose sur aucune rigueur scientifique. Depuis vingt ans, les opposants à la psychanalyse recyclent un rapport de l’Inserm de 2004 dont tous les biais ont été démontrés. Les études contemporaines se soumettant aux critères scientifiques les plus rigoureux (essais randomisés, méta-analyses) montrent bien plutôt l’efficacité de la psychanalyse à court et à long terme pour la quasi-totalité des troubles. Elle y est présentée comme équivalente aux autres formes de psychothérapie, notamment aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Alors que de nombreux pays reconnaissent la psychanalyse comme une offre de soin valide parmi d’autres, comment des sénateurs pourraient-ils ignorer l’importance de ces études internationales ?</p>
<p class="text-build-content">Ce qui distingue les approches orientées par la psychanalyse tient à ce qu’elles ne prétendent pas ramener les sujets à une norme supposée en les rééduquant, mais qu’elles leur permettent au contraire de retrouver la voie de leur singularité dans un lien de parole – c’est une question d’éthique pour les praticiens qui s’orientent de ce discours.</p>
<p class="text-build-content">En souhaitant dérembourser toutes les pratiques orientées par la psychanalyse, cet amendement révèle une ignorance flagrante de l’organisation réelle du soin psychique en France. Contrairement à ce que laissent penser les rédacteurs de l’amendement, la psychanalyse n’est pas une pratique marginale réservée à quelques cabinets privés. L’orientation analytique est présente dans une part très significative des lieux accueillant la souffrance psychique. L’amendement n’affecte donc pas seulement des pratiques spécifiques : il menace l’organisation générale du secteur psychiatrique public déjà fragilisé par des années de sous-investissement et de pénurie de personnel. L’amendement se réclame d’une rationalité économique ? Son application provoquerait des catastrophes qui coûteraient très cher, tout à la fois humainement et financièrement.</p>
<p class="text-build-content">Sous prétexte de « rationaliser la dépense publique », ce texte vise à imposer une vision unique de la santé mentale et voudrait délégitimer tout ce qui y déroge. Il s’agit dès lors d’un principe totalitaire qui manifeste une volonté de normalisation et d’appauvrissement. Désignant les professionnels qui utilisent la psychanalyse comme des gaspilleurs de fonds publics, il remet en cause la liberté de pratique des cliniciens, la liberté de choix des patients et la pluralité des référentiels thérapeutiques qui répond pourtant à la complexité du psychisme humain que nul mot d’ordre ne saurait réduire ni contenir sauf à l’écraser.</p>
<p class="text-build-content">Si la Caisse nationale d’assurance maladie n’a jamais remboursé les actes de psychanalyse, elle rembourse, finance ou co-finance des actes de psychiatres et de psychologues ou des institutions qui emploient ces personnels pour qui la référence à la psychanalyse est essentielle. Mais tandis que ces professionnels (qui sont en formation continue et certifiée) accompagnent quotidiennement ceux qui souffrent parmi nos concitoyens – et notamment, très régulièrement, les grands traumatisés (comme ce fut le cas après les attentats du 13 novembre ou comme c’est le cas dans certains hôpitaux militaires français) – on voudrait tout à coup en supprimer l’approche. À supposer que cela soit seulement possible sans mettre en péril tout le système sanitaire français et laisser sur le carreau les plus fragiles de nos concitoyens (dont certains peuvent devenir dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres quand ils ne reçoivent plus de soins), comment cela se ferait-il concrètement ? Procèderait-on à une chasse aux sorcières ? Exigerait-on l’autodénonciation et la démission de ce personnel ? Retirerait-on leur titre de médecin aux psychiatres qui s’orientent de la psychanalyse quand on sait à quel point les psychiatres sont trop peu nombreux pour étancher les besoins ? Et de là, déciderait-on aussi, en toute logique, qu’il convient d’interdire l’enseignement de la psychanalyse dans les départements universitaires de psychologie et ailleurs ? Renverrait-on cette discipline illustre, qui documente abondamment et très rigoureusement ses résultats, au rang de pratique ésotérique ?</p>
<p class="text-build-content">Parmi les plus grandes figures de la culture – qu’ils soient artistes, scientifiques, écrivains, chercheurs, médecins, acteurs, avocats, journalistes… –, nombreux sont ceux qui ont rendu public ce qu’ils doivent à la psychanalyse, nombreux sont ceux qui ont témoigné lui devoir jusqu’à leur vie. Voudrait-on priver les plus démunis de nos concitoyens de cette orientation si précieuse au motif qu’ils n’ont pas les moyens d’y prétendre ? L’enjeu n’est ni plus ni moins qu’un enjeu de santé publique, mais aussi de liberté et d’égalité, c’est-à-dire de démocratie.</p>
<p class="text-build-content">L’École de la Cause freudienne est une association Reconnue d’Utilité Publique depuis 2006. Elle a obtenu cette reconnaissance, notamment en raison du rayonnement de la psychanalyse française qu’elle étend en Europe et dans le monde. Il est de mon devoir de vous alerter sur les dangers que cet amendement fait courir aux Français. Au nom de l’École de la Cause freudienne, je vous demande le retrait de cet amendement idéologique et mensonger, dont je veux croire qu’il a été rédigé dans l’ignorance des enjeux que nous exposons ici.</p>
<p class="text-build-content">En vous remerciant, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, je vous adresse l’expression de ma très haute considération.</p>
<p class="text-build-content" style="text-align: right;"><strong>Anaëlle Lebovits-Quenehen</strong><br />
Présidente de l’École de la Cause freudienne,<br />
Association reconnue d’utilité publique</p>
<hr width="30%" />
<p class="text-build-content">[1] Et notamment l’article 52 de la loi 2024-806 du 9 aout 2004 sur l’usage du titre de psychothérapeute.</p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-4095-3"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-3-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-3-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="4" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4095-3-0-0" ><div
			
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		><h3 class="widget-title"> 23 novembre 2025</h3>
<div class="siteorigin-widget-tinymce textwidget">
	<h3><span style="color: #ff0000;"><b>COMMUNIQUÉ DU DIRECTOIRE DE L’ECF</b></span></h3>
<p>Nous venons d’apprendre que l’amendement 159 de la PLFSS a été retiré au Sénat.</p>
<p>Nous nous en réjouissons.</p>
<p>Notre mobilisation d’Action Lacanienne a porté.</p>
<p>Nous restons cependant très vigilants pour la suite.</p>
</div>
</div></div></div></div></div><div id="pg-4095-4"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-4095-4-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-4095-4-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="5" ><div class="so-rounded panel-widget-style panel-widget-style-for-4095-4-0-0" ><div
			
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		><h3 class="widget-title"> 25 novembre 2025</h3>
<div class="siteorigin-widget-tinymce textwidget">
	<h3><span style="color: #ff0000;"><b>COMMUNIQUÉ DU DIRECTOIRE DE L’ECF</b></span></h3>
<p><span id="m_-9066530387246622614isPasted">Le Directoire de l’ECF approuve ce jour la création de la <strong>commission Psychanalyse et vie publique (PVP)</strong>. </span></p>
<p>Pour le Directoire de l’ECF</p>
<p><em>Anaëlle Lebovits-Quenehen</em><em><br />
</em><em>Présidente de l’ECF</em></p>
</div>
</div></div></div></div></div></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #9</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 11:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=3900</guid>

					<description><![CDATA[Paris, le 22 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante : amendement159@gmail.com Attention aux amendements scélérats ! Daniel Roy  À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ? Mariana Alba de Luna  Un miroir dystopique Jérémie Wiest Preuve vivante Valeria Cetraro  La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique Armelle Gaydon *** Attention aux amendements scélérats ! Daniel Roy Les marins savent qu’ils peuvent rencontrer en haute <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-9/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 22 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_-6193837654906299370isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte<br />
</strong></span></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante : </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_-6193837654906299370isPasted" align="center"><strong>Attention aux amendements scélérats !<br />
</strong><em>Daniel Roy</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ?<br />
</strong><em>Mariana Alba de Luna</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>Un miroir dystopique<br />
</strong><em>Jérémie Wiest</em></p>
<p align="center"><strong>Preuve vivante<br />
</strong><em>Valeria Cetraro</em></p>
<p align="center"><strong> </strong><strong>La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique<br />
</strong><em>Armelle Gaydon</em></p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Attention aux amendements scélérats !</span><br />
</strong><em>Daniel Roy</em></p>
<p>Les marins savent qu’ils peuvent rencontrer en haute mer ce qu’ils nomment des « vagues scélérates ». Les psychanalystes et les praticiens de la santé mentale ont à apprendre l’existence des « amendements scélérats » susceptibles de surgir lors de l’examen et de la rédaction des lois. Tel est le cas aujourd’hui, à l’heure où députés et sénateurs se penchent avec attention, sous les regards de la presse et des citoyens concernés, sur les nouvelles dispositions souhaitables à leurs yeux pour la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale, soit pas moins de 1695 amendements !</p>
<p>Où trouver la place pour loger, dans ce bric-à-brac, une proposition nouvelle, celle qui fera de ses promoteurs des valeureux combattants de la justice sanitaire et néanmoins sociale ?</p>
<p>Or, il se fait que parmi les articles d’une loi donnée, toujours en retard sur son temps, se trouvent des articles obsolètes. Que faire ? Eh bien, c’est simple, les supprimer.</p>
<p>Ainsi un certain article 18 de la précédente loi de financement de notre <em>sécu</em> tomba en désuétude, laissant un trou béant entre le 17 et le 19. Ne nous alarmons pas, la loi n’aime pas le vide, et nombreux furent les élus qui se précipitèrent pour le combler de leurs attentions. Pas moins de vingt et un amendements à ce pauvre « article 18 supprimé » virent ainsi le jour, et parmi eux, entre les progrès nécessaires des soins d’orthodontie dento-faciale et le non moins indispensable remboursement de l’activité physique sur prescription (<em>sic</em>), soudain s’avança le n°159 rectifié, bien décidé « à garantir la cohérence scientifique et l’efficience de l’assurance maladie ». Assurance maladie qui, jusque-là, ignorait certainement qu’au sein de la représentation nationale, de nobles âmes veillaient à sa cohérence scientifique et à son efficience, et non comme elle aurait pu le croire, à la protection sociale et à son efficacité pour tous.</p>
<p>Mais qu’à cela ne tienne, voilà le but fixé et voici le moyen, aussitôt proposé : l’éradication, dans chaque action de soin, dans chaque acte thérapeutique, de toute contamination par la psychanalyse ! Que pas un centime de financement public ne vienne se déverser sur ces « approches » dont « le caractère inadapté voire contre-productif » n’est plus à prouver. Saine gestion et services rendus à la nation s’avancent main dans la main !</p>
<p>Effectivement, inadaptée et contre-productive selon une morale de contremaîtres, l’« action concrète de la psychanalyse est de bienfait dans un ordre dur », « elle affirme aussi qu’aucune science des conduites ne peut réduire la particularité de chaque devenir humain »[1]. Nous faisons nôtres ces phrases prononcées en 1950 par le psychanalyste Jacques Lacan, assurés que chacun y entendra l’accent de vérité qui convient aux enjeux du temps présent, aussi bien politiques que scientifiques.</p>
<hr />
<p>[1] Lacan J., « Prémisses à tout développement possible de la criminologie », <em>Autres écrits</em>, Paris, Seuil, 2001, p. 125.</p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong> </strong></span><strong><span style="color: #ff0000;">À qui profiterait l’asphyxie économique exigée ?</span><br />
</strong><em>Mariana Alba de Luna</em></p>
<p>Cet amendement participe d’un mouvement plus large de normalisation des pratiques, qui tend à se substituer à la clinique, et où la réduction des dépenses devient un prétexte pour disqualifier tout ce qui n’entre pas immédiatement dans le modèle gestionnaire. Or la santé mentale ne peut être pensée comme une chaîne de production optimisée : elle nécessite du temps, de l’écoute, une pluralité de références, et la possibilité pour chaque patient de rencontrer l’approche qui lui convient. Ce que vise cet amendement, c’est précisément cette pluralité – pourtant garantie par les lois françaises et par les recommandations internationales.</p>
<p>Il faut rappeler que la psychanalyse n’est pas seulement une méthode thérapeutique parmi d’autres : elle constitue pour de nombreux cliniciens un repère éthique face à la souffrance, un cadre qui refuse de réduire l’autre à un protocole, un profil ou un chiffre. Elle constitue également un savoir au fondement de la psychiatrie française et des sciences humaines. L’attaquer frontalement, c’est fragiliser l’ensemble d’un édifice théorique, clinique et institutionnel.</p>
<p>Au demeurant, il est paradoxal que cet amendement, qui prétend défendre la rationalisation de la dépense publique, s’attaque à une orientation clinique dont l’efficacité est attestée et quand elle est supprimée, le coût humain se révèle considérablement plus élevé. Les pays – comme le Royaume-Uni – qui ont tenté de donner un privilège exclusif à des techniques rééducatives dites « rapides et efficaces », qui de fait excluaient la psychanalyse de leur système de soins, ont vu une augmentation des hospitalisations, des ruptures de prise en charge, des passages à l’acte, et une aggravation des pathologies sévères.</p>
<p>Cet amendement réactive un vieux scénario que nous avons déjà combattu : celui d’un pouvoir cherchant à imposer une vision unique du soin, comme ce fut le cas pour l’autisme, devenu depuis dix ans un terrain d’expérimentation idéologique.</p>
<p><strong>Le piège du « scientifique » et la réalité des coûts</strong></p>
<p>Depuis des années, un discours soutenu par des organisations et des personnalités (fondation FondaMental, AFIS, etc.) affirme que seules les méthodes comportementales – thérapies cognitivo-comportementales (TCC), et programmes intensifs – seraient « scientifiques » et « efficaces ». Mais ce récit masque trois faits essentiels :</p>
<p>1) Les coûts sont exorbitants : plusieurs dizaines de milliers d’euros par enfant et par an dans les programmes dits « recommandés ».</p>
<p>2) Les résultats à long terme sont très variables, loin des promesses affichées.</p>
<p>3) Ces protocoles ne conviennent qu’à une partie des enfants, et peuvent être épuisants, voire contre-productifs.</p>
<p>Malgré cela, cette approche est encore brandie comme une solution miracle. Et ce n’est pas un hasard : il s’agit aussi d’un marché privé en pleine expansion.</p>
<p><strong>Pourquoi la psychanalyse dérange</strong></p>
<p>Dans ce dispositif, la psychanalyse ferait figure d’intrus. Elle accueille la singularité, la créativité, le lien naissant – même fragile – avec l’autre. C’est cette résistance, profondément clinique, qui la rend intolérable à ceux qui veulent faire de la souffrance psychique un domaine entièrement piloté par des protocoles.</p>
<p>Plutôt que de débattre sur le terrain clinique, on tente donc une autre stratégie : l’asphyxie économique.</p>
<p><strong>Une interdiction qui ne dit pas son nom</strong></p>
<p>Ce n’est pas la première fois qu’on cherche à faire taire la psychanalyse. Rappelons que, dans les années 1930 en Allemagne, on brûlait Freud. En URSS, on bannissait l’inconscient. Aujourd’hui, on ne brûle plus de livres : on coupe les financements. Mais l’intention, elle, n’a pas changé.</p>
<p><strong>Une fausse économie, un vrai risque</strong></p>
<p>Or l’argument budgétaire est trompeur. Les programmes intensifs promus par cet amendement coûteraient infiniment plus cher que les dispositifs pluridisciplinaires inspirés de la psychanalyse. Derrière la prétendue rationalité, il y a en réalité la promotion d’un marché privé, énergivore, standardisé, au détriment d’un service public déjà fragilisé.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong>***</p>
<p><strong> </strong><strong><span style="color: #ff0000;">Un miroir dystopique</span><br />
</strong><em>Jérémie Wiest</em></p>
<p>Une psychologue du champ des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), en institution, m’a récemment confié : « Parfois, il y a des patients qui veulent juste parler, alors je ne fais pas de TCC, je les écoute et ça leur convient. » D’où provient cette idée folle d’écouter des patients anxieux, déprimés, TOC-qués qui pourtant semblent témoigner d’un apaisement, de s’être livré à l’exercice de la parole ? Est-ce une transgression ? Est-ce scientifique ? Est-ce de la psychanalyse ? De la psychothérapie ? Un devoir citoyen ou de bon samaritain ?</p>
<p>Anna O., dont l’inventeur de la psychanalyse retranscrit la parole, qualifia un jour sa thérapie de <em>talking cure.</em> Cette idée, à l’époque révolutionnaire (écouter les malades mentaux) a si bien infusé dans la culture que l’idée s’est répandue que la parole, dans le champ de son pouvoir[1], est une voie pour apaiser la souffrance. En 2025, à l’heure d’un amendement visant à interdire la psychanalyse, il est toujours possible de refaire ce constat, même en ayant oublié toute référence à cette discipline.</p>
<p>Fort de celui-ci, Freud invente un principe fondateur dans la veine de celui, démocratique, de liberté d’expression – l’association libre – qu’il met au principe du déroulement de la cure analytique. L’outil en est la parole. La condition : la confidentialité. Aucun régime non démocratique ne peut supporter ce dispositif. Peut-être bientôt la France se comptera-t-elle parmi ceux-là. Foucault dit qu’une société peut être jugée à sa manière de traiter les malades mentaux. Alors, quel miroir ces quatorze sénateurs tendent-ils à la société ?</p>
<p>Aujourd’hui, dans l’amendement proposé au Sénat, la liberté de choix des patients et la liberté de pratique des professionnels ne sont, lit-on « pas remises en cause ». Ironie ou cynisme ? On apprend que la psychanalyse comme pratique de parole doit être proscrite de toute offre de soin portée par l’Assurance maladie, au nom de facteurs prétendument économiques et scientifiques.</p>
<p>L’influence qu’a exercé la psychanalyse n’est plus à démontrer dans bon nombre des pratiques de soin, ne serait-ce que par cette invention. Comment alors <em>épurer </em>toute référence à cette discipline dans les pratiques, si l’on considère qu’écouter un patient relève déjà d’une référence analytique ?</p>
<p>Après des siècles de recherches et d’explorations sur la maladie mentale, auxquelles la psychanalyse a largement contribué, la Haute Autorité de santé (HAS) a désormais humblement trouvé les pratiques qui seraient bonnes. Au titre de sa haute autorité, elle recommande donc, associées au tout-médicament déjà de mise, les « approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale », excluant la psychanalyse qui serait, elle, mauvaise. Quelle conception de la psychothérapie ont donc des sénateurs initiateurs de cet amendement ?</p>
<p>Imaginez un instant que vous, ou un(e) de vos proches, sénateur ou autre, soit un jour touché par la souffrance psychique, comme près d’un quart des français qui ont recours, toutes classes confondues, aux services de professionnels de santé mentale. Vers qui vous tourneriez-vous si personne autour de vous ne peut répondre à l’urgence de « parler à quelqu’un » dans un moment d’impasse ?</p>
<p>Il faudrait alors se demander : voulez-vous être éduqué ? Voulez-vous que le plus intime qui fait votre souffrance soit rabattu sur des catégories scientifiques fondées sur des modèles de normes statistiques ? Voulez-vous que l’impasse dans laquelle vous vous trouvez soit mise au compte d’une inadaptation sociale à rééduquer par un autre qui saurait d’emblée ce qui vous est adapté ? Voulez-vous être récompensé pour avoir produit un comportement qui ne soit pas listé dans les catégories de pathologies diagnostiques du moment ? Vous sentirez-vous mieux concentré sur l&rsquo;évacuation permanente de vos mauvaises pensées pour éviter le retour des symptômes, réhabilité, mais sans avoir pu traiter la part de votre malaise qui est presque indicible sauf à « parler à quelqu’un » disposé – et formé – à prendre le temps d’entendre ce qui, peu à peu, vient à se dire ?</p>
<p>Aussi aurait-il fallu pouvoir compter sur cette liberté à laquelle objecte le docte pseudo-scientifique promu par cet amendement.</p>
<p>Digne d’une dystopie à la <em>1984 </em>ou plus récemment à la <em>Black Mirror,</em> réalité et fiction se rejoignent sous la plume de ce comité de sénateurs toujours plus inspirés.</p>
<hr />
<p>[1] Freud S., <em>La Question de l’analyse profane</em>, Paris, Gallimard, 1985, p. 33 : « Nous ne voulons d’ailleurs pas mépriser la <em>Parole</em> ! N’est-ce pas un instrument puissant, le moyen par lequel nous nous révélons les uns aux autres nos sentiments, la voie par laquelle nous prenons de l’influence sur l’autre ? Des paroles peuvent faire un bien indicible et causer de terribles blessures ».</p>
<p align="center">***</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Preuve vivante</span><br />
</strong><em>Valeria Cetraro</em></p>
<p>Au sein du département de psychanalyse de Paris 8, des étudiants de tous les âges, depuis le monde entier, rencontrent le gai savoir de la psychanalyse, un savoir qui ne s’impose pas, un savoir en mouvement, ouvert à la surprise, à l’énigme aussi, dont il s’agit de tirer les fils, pour aller toujours un peu plus loin.</p>
<p>Certes, ce n’est pas le savoir utilitaire des affaires et du business. Ici, il est question d’une autre économie faisant progressivement éclore le désir de nous déplacer depuis l’université vers les institutions où nous réalisons nos stages, vers les associations ou les hôpitaux où nous accompagnons d’autres professionnels de la santé qui s’orientent de la psychanalyse pour entendre et interpréter la parole de ceux et celles qui souffrent, et ainsi aménager un espace précieux à leur singularité, permettant d’éviter dans bien des cas, le passage à l’acte.</p>
<p>De nombreux étudiants et enseignants ont une double formation, associant la psychanalyse à la psychologie ou à la psychiatrie, d’autres se maintiennent dans une zone de partage avec la littérature, la philosophie, l’art et maintes autres disciplines ayant structuré leurs parcours. Certains sont arrivés là motivés par un intérêt purement intellectuel, d’autres à la suite d’une rencontre personnelle avec l’expérience analytique. Celle-ci peut ouvrir sur le désir de s’engager dans ce champ, d’y prendre une part active, pas seulement à partir de l’étude mais aussi à partir de la fonction d’analyste et de vouloir ainsi, en passant par l’université, y enrichir son parcours. Par l’affirmation du désir de s’engager dans ce champ, tous et toutes sont la preuve vivante de « l’efficacité des actes se réclamant de la psychanalyse », contestée par l’amendement n°159 du PLFSS 2026.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Valeria Cetraro est doctorante au département de psychanalyse de Paris 8 – Laboratoire La Section clinique.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong>***</p>
<p style="text-align: left;"><strong><span style="color: #ff0000;">La psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique</span><br />
</strong><em>Armelle Gaydon</em></p>
<p>L’amendement n°159 promet d’être inapplicable. Pour deux raisons au moins. D’abord parce qu’il excède manifestement les limites de ce qui peut être inséré dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale par un simple amendement. Le franchissement que constituerait l’éradication officielle de la psychanalyse de l’espace public en France représente un tel changement de société, une telle attaque des libertés démocratiques, qu’il exigerait pour le moins une proposition de loi <em>ad hoc</em> – voire une nouvelle Constitution – et non un simple « cavalier législatif » glissé dans le budget de la Sécu, sans rapport avec lui – et qui, à ce titre, devrait être écarté avant même d’être examiné. On notera qu’aucun chiffre n’accompagne ce texte pour évaluer les prétendues économies escomptées pour l’État s’il se lançait dans la chasse aux psychanalystes annoncée.</p>
<p>Et pour cause. À supposer qu’il soit débattu et voté, l’amendement n°159 se révélerait aussitôt impraticable. Pour une deuxième raison : le fait que la psychanalyse n’est pas un métier, mais une pratique. Les professionnels qui choisissent de s’orienter de la psychanalyse le font indépendamment des diplômes qu’ils détiennent par ailleurs. En pratique, dans les lieux de soin financés par l’État, l’accueil de la souffrance psychique est confié à des équipes pluridisciplinaires, exerçant des métiers variés (médecins, psychologues, assistantes sociales, infirmiers…) mettant en œuvre des références théoriques et cliniques d’horizon divers, dont la loi garantit la liberté de choix.</p>
<p><strong>Doublement inapplicable</strong></p>
<p>Il n’existe ni définition juridique, ni statut du « psychanalyste », ni – où que ce soit dans le monde –, de diplôme de « psychanalyste ». Car quels critères pourraient quantifier une capacité à accueillir la souffrance psychique d’autrui ou labelliser qu’un étudiant aurait valablement exploré son propre inconscient ? Qu’elle se pratique en institution (centre médico-psychologique (CMP), hôpital psychiatrique, bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU), protection maternelle et infantile (PMI)…) ou en cabinet privé, la pratique de la psychanalyse démarre toujours non par le recrutement d’un psychanalyste diplômé – qui n’existe donc pas –, mais par le choix que fait un patient de confier le plus intime de ses impasses et souffrances à ce praticien-là, à qui il choisit de parler, avec la garantie d’une confidentialité absolue.</p>
<p>Comment l’État pourrait-il dès lors, pour reprendre les termes de ce projet, « cibler » les lieux où l’assurance maladie « mettrait fin au financement public de la pratique [de la psychanalyse] » ? Appliquer l’amendement ne pourrait se faire qu’à condition d’engager des poursuites ou des licenciements individuels contre les dizaines de milliers de professionnels du soin qui – au-delà de la profession qu’ils exercent – ont choisi la boussole de la psychanalyse pour éclairer leur pratique et affiner leur écoute, et qui, l’ayant fait par intime conviction et sans affichage public, ne figurent dans aucun volet « dépenses » de l’État. Appliquer l’amendement n°159 abolirait aussi le principe du libre choix par le patient de son praticien. Deux crimes contre les libertés publiques auxquels la représentation nationale ne saurait prêter la main.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #8</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-8/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 17:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
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					<description><![CDATA[Paris, le 21 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante: amendement159@gmail.com Des attaques, des attaques, encore des attaques Philippe Hellebois Un monde sous amendement 159 Pénélope Fay AVEC l’IA ou sans les psychanalystes Catherine Lacaze-Paule Rééducation Aline Fayet-Brunel Encore ! Juliette Lauwers *** Des attaques, des attaques, encore des attaques Philippe Hellebois Freud et Lacan ont beau avoir prévenu leurs élèves que la psychanalyse susciterait toujours une <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-8/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 21 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_6226743772970078924isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
</strong></span><strong>Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte</strong></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante: </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_6226743772970078924isPasted" style="text-align: center;"><strong>Des attaques, des attaques, encore des attaques<br />
</strong><em>Philippe Hellebois</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Un monde sous amendement 159<br />
</strong><em>Pénélope Fay</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong>AVEC</strong></em><strong> l’IA ou sans les psychanalystes<br />
</strong><em>Catherine Lacaze-Paule</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Rééducation<br />
</strong><em>Aline Fayet-Brunel</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Encore !<br />
</strong><em>Juliette Lauwers</em></p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Des attaques, des attaques, encore des attaques</span><br />
</strong><em>Philippe Hellebois</em></p>
<p>Freud et Lacan ont beau avoir prévenu leurs élèves que la psychanalyse susciterait toujours une hostilité plus ou moins virulente, nous restons étonnés, et c’est heureux, devant l’imagination malveillante de nos contempteurs depuis le début de ce siècle. Souvenons-nous de l’amendement Accoyer, du <em>Livre noir de la psychanalyse</em>, ou encore du projet Fasquelle, sans parler des autres. Le premier chercha à nous étouffer, le second à nous discréditer, le troisième à nous interdire.</p>
<p>L’amendement dit 159 cherche à nous atteindre par un autre biais, celui de la finance, et ceci de façon sournoise puisqu’il vise autre chose que ce qu’il déclare. Les quelques lignes que compte ce texte feraient croire que l’État finance la psychanalyse. Ce n’est évidemment pas le cas, et ceci parce que nous l’avons explicitement voulu. L’École de la Cause freudienne<em> </em>a toujours veillé à n’avoir d’autres financeurs que le travail de ses membres. Nous ne fûmes jamais les obligés d’agences publiques ou d’officines privées, et ne le serons pas davantage dans l’avenir. Gageons qu’elles nous voudraient moins farouches, mais tant pis pour elles, parce que notre réserve est l’une des conditions de notre survie. En effet, lever le refoulement, faire pièce à la réduction du vivant à l’objet, ne peut se faire qu’en préservant notre atopie. Si l’air du temps est au règne de la machine à laquelle on obéit sans discuter, la psychanalyse est la seule respiration possible parce qu’elle s’occupe de ce que la machine ignore.</p>
<p>L’argument financier ne tenant pas debout, il faut bien constater que nos adversaires ne peuvent vouloir qu’une chose, soit nous faire taire. En effet, comme la psychanalyse est un discours qui a conquis sa place dans le débat public, elle influence, nourrit, et contribue à la formation des divers intervenants dans le champ du soin psychique : médecins, psychologues, infirmiers, etc. On lit à n’en pas croire ses yeux que le praticien qui fait référence à la psychanalyse par sa formation, ses lectures, son orientation, ou d’autres biais encore, ne serait plus financé par la Sécurité sociale. Nous ne sommes donc pas loin de la chasse aux sorcières, aux esprits, ou encore aux hérétiques, qui renvoie aux années noires. On ne s’en étonnera pas, sachant, comme le notait Lacan, que l’histoire tourne en rond – occasion de relire le texte sensationnel du regretté Philippe Sollers « La France moisie », plus que jamais d’actualité avant les élections qui s’annoncent.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Un monde sous amendement 159</span><br />
</strong><em>Pénélope Fay</em></p>
<p>Imaginons un pays où l’amendement n°159 serait adopté : les praticiens orientés par la psychanalyse n’auraient pas d’autre choix que de quitter leur emploi ou de se former à d’autres orientations. Dans les institutions, les formations données par les associations ou les organismes orientés par la psychanalyse ne seraient plus prises en charge, voire interdites. Les supervisions ou analyses de pratiques dans lesquelles s’entendraient la moindre référence à la psychanalyse, hors-la-loi.</p>
<p>Alors que cet amendement scélérat va être présenté au Sénat, petit texte fait de dénégations, de logique douteuse, d’ignorance et de mauvaise foi quant aux intérêts propres percés à jour, ce qu’il contient gronde depuis un certain temps déjà.</p>
<p>Que veulent-ils faire taire au nom de la psychanalyse, ceux qui sont mus par la haine et rêvent d’un État policier ? La parole même, dans ce qu’elle a d’irrémédiablement singulier.</p>
<p>À quoi assistons-nous, dans les centres médico-psychologiques (CMP), les centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou les hôpitaux de jour ? Si la psychanalyse n’est pas un hôte souhaitable, c’est parfois par ignorance. Le mot même a l’allure d’un mauvais sésame et ses détracteurs ne savent souvent pas contre quoi ils se hérissent.</p>
<p>Que veulent-ils faire taire au nom de la psychanalyse, ceux qui sont mus par la haine et rêvent d’un État policier ? La parole même, dans ce qu’elle a d’irrémédiablement singulier.</p>
<p>Ce sont des réunions où les situations cliniques n’ont plus rien de clinique : exit les symptômes, l’anamnèse, les mots prononcés, les invariants repérés… On demande le diagnostic au bout de quelques minutes d’entretien et on bâillonne le patient et le soignant avec un diagnostic et une ordonnance. Ce sont des référentiels qualité qui nécessitent de formater – dans une autre langue – ce qui ne peut passer au tamis chiffrable : les psychanalystes doivent déguiser leur pratique en modalités et objectifs.</p>
<p>Ce sont des formations auxquelles doivent se plier chacun des salariés d’un service hospitalier, contraints et forcés au silence, témoignant de leur impuissance devant la formatrice qui, pour illustrer la méthode ABA recommandée par la Haute Autorité de santé (HAS), ne lâche pas cet enfant qu’elle emmène dix fois aux toilettes et à qui elle baisse dix fois la culotte de force afin qu’il comprenne qu’il ne faut pas uriner dans les couloirs de l’hôpital de jour.</p>
<p>Si cet amendement – ou l’une de ses déclinaisons – est adopté, la machine infernale engagée depuis plusieurs années se gonflera d’aise. Dans les institutions, les praticiens orientés par la psychanalyse auraient-ils alors à se taire, à agir en secret, à garder le cap de l’orientation lacanienne d’une main et à porter le masque d’un discours féroce de l’autre ? Au XV<sup>e</sup> siècle, les juifs d’Espagne et du Portugal, convertis de force au christianisme, continuaient à pratiquer en secret. On les appelait les marranes. Si les psychanalystes sont parfois forcés à jouer des semblants, le désir nourrit la résistance.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em>AVEC</em></strong></span><strong><span style="color: #ff0000;"> l’IA ou sans les psychanalystes</span><br />
</strong><em>Catherine Lacaze-Paule</em></p>
<p>C’est seulement soixante-douze heures avant la discussion au Sénat que les psychologues, psychiatres et psychothérapeutes apprennent le vote de l’amendement n°159, glissé en catimini des professionnels en plein budget de la Sécurité sociale. Il nous faudra attendre janvier 2026 pour connaître ce que la sénatrice Jocelyne Guidez, artiste de profession, va nous révéler dans son ouvrage à paraître <em>Troubles du neuro-développement, le chemin de l’apprentissage</em>. Nous connaîtrons alors son intérêt, sans conflit, mais avec beaucoup de (dé)mesures, pour les troubles neuro-développementaux (TND). La quatrième de couverture indique que l’ouvrage est « un témoignage personnel croisé mêlant récit personnel, plaidoyer politique et recueil de témoignages »… Elle précise que le récit revient en « toute franchise sur le parcours législatif et personnel ».</p>
<p>En attendant, nous pouvons lire le guide de bonnes pratiques adopté le 23 octobre 2025 par le collège de la Haute Autorité de santé (HAS) qui soutient la mise en place d’un projet stratégique de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) générative 2025-2030 dans le champ de la santé. Cette recommandation révèle ce que trame la nouvelle <em>gouverne</em>&#8211;<em>mentalité</em> de la santé.</p>
<p><strong>Entre neurone et IA, le transformeur[1]</strong></p>
<p>Ce projet de l’utilisation de l’IA dans la santé est pensé sans les psychanalystes, pour des professionnels du secteur sanitaire social et médico-social, dont l’effectif est en diminution – puisque partout en France, on enregistre une baisse drastique de professionnels médico-sociaux –, mais avec la collaboration des usagers eux-mêmes, dont le nombre, lui, est en grande expansion. Le but est de diminuer la charge administrative (produite par les évaluations incessantes de l’HAS elle-même), libérer du temps à dédier aux soins et à l’accompagnement des personnes pour pallier la réduction du personnel, déterminée et intrépide. Enfin, ce programme de bonnes pratiques vise à une vulgarisation de l’utilisation de l’IA générative, afin, je cite et souligne, « d’interagir en <em>langage naturel</em>[2] ». Avec l’IA, nous allons pouvoir trouver, je cite à nouveau, « le langage adapté », « développer la qualité des soins », « optimiser une organisation », « améliorer une pratique professionnelle », « transcrire des conversations lors des consultations », « remplir des formulaires administratifs », « renforcer la compréhension et développer la confiance », etc. L’HAS recommande de bien choisir son IA générative. Mais celles citées se portent vers le choix de <em>Le Chat</em> (Mistral AI, au départ français mais qui est financé par des fonds américains aujourd’hui) ou <em>ChatGPT</em> (soit Google qui a toujours été américain).</p>
<p>Afin de guider les professionnels, l’HAS préconise les lignes directrices A.V.E.C., acronyme de : Apprendre-Vérifier-Estimer-<wbr />Communiquer. Cependant, l’IA n’est pas sans risque. Le rapport indique qu’il peut y avoir des erreurs, des hallucinations, des données factices, le secret professionnel, l’usage des datas, la législation… et la responsabilité reviendra aux utilisateurs qui auraient un emploi inapproprié et n’auraient donc pas suivi les bonnes clefs d’usage de l’IA.</p>
<p>Prenons le cas d’une « clef d’usage pour le professionnel » : « vérifier les sources ». Le rapport donne l’exemple d’un traitement erroné, supprimé depuis 2017, pour la maladie d’Alzheimer, mais qui continue à être mentionné dans les systèmes d’IA générative. En effet, l’IA ne connaît pas l’oubli et continue à générer un contenu mentionnant un traitement à tort changé en 2017 (ce pourquoi je ne mentionne pas le nom du médicament, car l’approche probabiliste reproduirait la probabilité de la connexion).</p>
<p>Eh bien, je vais quand même remercier les auteurs de l’amendement, car des collègues pratiquant les TCC, l’EMDR, les thérapies des schémas et autres approches psys, sensibles et touchés par cette volonté autoritaire et liberticide, ont manifesté leur soutien aux psychanalystes.</p>
<hr />
<p>[1] Je rappelle que GPT est un mot valise qui signifie <em>générative pre-trained transformer</em> traduit par : transformeur génératif pré-entraîné.<br />
[2] Haute Autorité de santé, « Recommander les bonnes pratiques. Premières clefs d’usage de l’IA générative en santé dans les secteurs sanitaire, social et médico-social. A.V.E.C Apprendre-Vérifier-Estimer-<wbr />Communiquer », 23 octobre 2025, disponible sur internet.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Rééducation</span><br />
</strong><em>Aline Fayet-Brunel</em></p>
<p><strong>Rééducation, le retour ?</strong></p>
<p>Je travaille dans une institution qui accueille des enfants présentant des « troubles du comportement et de la conduite », un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP).</p>
<p>Il fût un temps, ces institutions se nommaient instituts de rééducation (IR). Leur refonte en ITEP, par le décret du 6 janvier 2005, était un pas à faire pour accueillir ces symptômes autrement qu’avec une méthode qui « rééduquerait », c’est-à-dire rectifierait le tir par rapport à une norme pour tous. Aussi le décret de 2005 précise-t-il que les troubles du comportement et de la conduite sont « la manifestation des difficultés psychologiques » de ces enfants, adolescents, jeunes adultes. Autrement dit, les troubles du comportement sont l’effet, la conséquence, d’une souffrance qui, quant à elle, est d’ordre psychique[1]. Ainsi, travailler en ITEP suppose aujourd’hui de s’atteler à ce qui cause la souffrance de ces enfants, adolescents et jeunes adultes, tandis que les IR promettaient jadis de rééduquer leurs troubles, considérés de fait comme des déviances à l’ordre social.</p>
<p>Les recommandations actuelles de la Haute Autorité de santé (HAS), basées sur des méthodes uniquement rééducatives dites « thérapies comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociales », souhaiteraient-elles nous ramener à ces méthodes d’avant les ITEP, qui pourtant avaient démontré leurs limites ?</p>
<p><strong>Ce qui nous oriente</strong></p>
<p>En premier lieu, ce qui nous oriente dans notre pratique<strong> </strong>est de faire boussole de ce dont le patient, l’enfant, souffre. Qu’est-ce qui <em>lui </em>pose difficulté ou problème, à elle ou lui ? Aucun diagnostic ne saurait répondre parfaitement à cette question. Et les symptômes bruyants qui dérangent les autres ne disent rien de ce qui cause la souffrance intime et singulière d’un enfant ou d’un adolescent. Pour saisir ce dont souffre ce sujet-là, il faut d’abord savoir se taire, le laisser parler et l’écouter. Quelle méthode répondant à un protocole préétabli prétendrait pouvoir, à elle seule, remédier à l’infinie variation des symptômes et de leurs causalités psychiques ?</p>
<p>La souffrance psychique, les pathologies du mental demandent accueil de la nouveauté de chaque patient, sans méthode immédiate à suivre. Chercher avec un patient ce qui le trouble ou l’affecte est autre chose que lui répondre : « Faites-ci, faites-ça, vous verrez ça ira mieux. » Pas de rééducation à proprement parler du symptôme, mais réaménagement, mutation, transformation.</p>
<p>C’est un chemin à prendre avec le patient, une enquête à mener avec lui, à propos de ce qui le concerne, en premier lieu.</p>
<p><strong>Ce qui nous enseigne</strong></p>
<p>Des limites, il y en a toujours à chaque méthode qui se voudrait « pour tous ». C’est donc dans la part laissée aux institutions de soins psychiques et aux praticiens qui y exercent, pour inventer, pour chercher, avec leurs patients et avec les outils de leur choix, que l’on a chance que se produisent des effets, des résultats vivables et durables.</p>
<p>Il est certes plus facile d’évaluer une méthode que d’oser faire le pari d’une recherche ou d’une invention. Mais enfin, si une méthode préétablie fonctionnait pour tous, on le saurait !</p>
<p>De fait, ma pratique en ITEP m’enseigne chaque jour.</p>
<hr />
<p>[1] Les ITEP ont pour mission d’accueillir « les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages », décret n°2005-11 du 6 janvier fixant les conditions techniques d’organisation et de fonctionnement des instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Encore !</span><br />
</strong><em>Juliette Lauwers</em></p>
<p>La répétition avec laquelle on s’en prend à la psychanalyse depuis ses premiers pas illustre son caractère exceptionnel. Pourquoi la psychanalyse fait-elle l’objet d’une volonté de destruction quelle que soit l’époque ? Qu’elle soit victorienne ou hypermoderne, il y a répétition de cette volonté.</p>
<p>Jamais on ne pardonnera, ni à Sigmund Freud, ni à Jacques Lacan, d’avoir dévoilé, théorisé et démontré la cause sexuelle de l’être parlant. Dès ses débuts, dès ses premières recherches, la psychanalyse a soulevé l’indignation, le mécontentement, l’opposition, voire le refus. Scandaleuse, non scientifique, non chiffrable ; toutes sortes d’arguments passent en revue. Pourtant, nombreux sont ceux pour qui la psychanalyse est un recours, et ils en témoignent. En outre, les psychanalystes ont mis un grand soin dans la démonstration des effets de leur expérience : de très nombreuses publications en sont la trace.</p>
<p>C’est en tant que discours inédit que la psychanalyse s’impose dans l’histoire. Ce n’est donc pas le caractère incertain des effets de l’exercice de la psychanalyse qui est visé mais bien plutôt une détestation de ce qui est pointé sous ce terme de « réel », inéliminable. Vouloir éliminer la psychanalyse, c’est vouloir éliminer ce point d’horreur.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #7</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-7/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 11:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
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					<description><![CDATA[Paris, le 21 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante: amendement159@gmail.com En thérapie ? Marc Gabbaï Une nouvelle addiction Gustavo Freda  Cavalier et chevaux de bataille Luc Garcia Amendement barbare Pierre Ebtinger  Le comique dans la politique Catherine Stef *** En thérapie ? Marc Gabbaï Mesdames et messieurs les sénateurs-rédacteurs de l’amendement n°159, Dire, dans votre amendement, qu’à partir du 1er janvier 2026, les soins, actes <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-7/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 21 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_-3486270193388028116isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte</strong></span></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante: </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_-3486270193388028116isPasted" style="text-align: center;"><strong>En thérapie ?<br />
</strong><em>Marc Gabbaï</em></p>
<p id="m_-3486270193388028116isPasted" align="center"><strong>Une nouvelle addiction<br />
</strong><em>Gustavo Freda</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong>Cavalier et chevaux de bataille<br />
</strong><em>Luc Garcia</em></p>
<p id="m_-3486270193388028116isPasted" align="center"><strong>Amendement barbare<br />
</strong><em>Pierre Ebtinger </em></p>
<p id="m_-3486270193388028116isPasted" align="center"><strong>Le comique dans la politique<br />
</strong><em>Catherine Stef </em></p>
<p align="center"><strong>***</strong></p>
<p id="m_-3486270193388028116isPasted" style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong>En thérapie ?<br />
</strong></span><em>Marc Gabbaï</em></p>
<p>Mesdames et messieurs les sénateurs-rédacteurs de l’amendement n°159,</p>
<p>Dire, dans votre amendement, qu’à partir du 1<sup>er</sup> janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie, c’est simplement dire à un sujet souffrant, quel que soit sa pathologie psychiatrique : « cause toujours, je ne t’écouterai pas ».</p>
<p>Pourquoi ?</p>
<p>Parce que le fondement de la psychanalyse qui est la formation à l’écoute d’un autre, d’un sujet, qui au-delà des troubles présentés, reste un être humain en souffrance, est rejeté par votre amendement.</p>
<p>Tu es en dépression : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Tu es schizophrène avec des hallucinations qui te disent de tuer tes parents : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Tu es rescapé du Bataclan et tu es très anxieux depuis : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Ton enfant s’est suicidé à la suite de harcèlement scolaire : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Tu es militaire et tes camarades sont tombés sous les balles devant toi, tu ne dors plus, tu fais des cauchemars toutes les nuits : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Tu es une jeune femme qui s’est fait violer, et depuis tu vis un enfer : je ne t’écouterai pas.</p>
<p>Je ne t’écouterai pas, et je te demanderai de répondre à mes questions pour me permettre de chiffrer la gravité de tes troubles avec des échelles d’évaluation, comme le préconise selon vous la Haute Autorité de santé (HAS). En face de chaque cotation si le score est élevé je te donnerai des antidépresseurs, ou des antipsychotiques pour les deux premiers cas et pour les autres tu feras quelques séances d’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR) et ton trauma disparaîtra… Abracadabra !</p>
<p>Mesdames, monsieur les sénateurs avez-vous oublié le succès de la série <em>En thérapie</em>, la série d’Éric Toledano et Olivier Nakache diffusée en 2021 et 2022 sur Arte, qui repose sur l’écoute analytique et qui a battu tous les records de la chaîne franco-allemande en cumulant plus de cent millions de vues à l’antenne et en ligne sur la plateforme Arte.tv ?</p>
<p>Mesdames, Monsieur les sénateurs, faire des économies sur le dos de la santé mentale de nos concitoyens – et là je pense surtout aux plus déshérités ainsi qu’aux jeunes qui ont peu de moyens financiers – ce n’est pas une très bonne idée. Je pense qu’il y a en France d’autres solutions à envisager pour réduire la dette de la sécurité sociale.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>***</em></strong><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Une nouvelle addiction ?</span><br />
</strong><em>Gustavo Freda</em></p>
<p>Lorsque les traitements de substitution à l’héroïne ont été mis en place, les détracteurs de la psychanalyse ont vu dans ce médicament – pas seulement une chance pour les malades – aussi et surtout un argument scientifique à agiter face aux psychanalystes. Enfin un produit qui donne des résultats probants, disaient-ils ! C’était la vengeance de la science face à la parole inefficace.</p>
<p>Avec l’avènement de la catégorie d’addiction, qui dépasse et inclut les drogues (on peut être addict à n’importe quoi) un changement de paradigme s’est opéré : désormais la focale est mise sur la conduite au détriment de l’objet. Il faut traiter le comportement ; c’est le comportement qui est excessif et rend dépendant, pas l’objet. Sauf que ce paradigme était issu d’un préalable et son instauration portait déjà une indication de soins : comme les addictions sont un problème du comportement, une seule thérapie s’impose, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Et elle donne des résultats mesurables !</p>
<p>Vingt ans plus tard, ni les traitements de substitution ni le comportementalisme n’ont pu endiguer le problème des addictions. Au contraire, les addictions se développent, prenant des formes inédites et ravageantes et les modalités d’approche sont multiples.</p>
<p>Cependant, la psychanalyse continue à être dénigrée, détestée et ses effets thérapeutiques ignorés. « Plutôt avoir tort avec Sartre que raison avec Aron » (disait-on) ; plutôt avoir tort avec les médicaments et les TCC que raison avec Freud et Lacan.</p>
<p>L’amendement n°159 vise aussi les pratiques d’orientation analytique en institution.</p>
<p>Et si une nouvelle addiction était en train de voir le jour ?</p>
<p>Vu le temps et l’énergie que certaines personnalités occupent à détester la psychanalyse et à vouloir sa disparition, la question se pose : l’addiction à la haine de la psychanalyse. On croyait nos représentants prémunis, mais non, les addictions sont fondamentalement démocratiques, elles sont à la portée de tous.<strong> </strong></p>
<p align="center"><strong><em>***</em></strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Cavalier et chevaux de bataille</span><br />
</strong><em>Luc Garcia</em></p>
<p><strong> </strong>En langage parlementaire on appelle ça un cavalier : à la faveur d’une loi, glisser dedans quelques lignes en apparence sibyllines qui n’ont pas un rapport immédiat avec la teneur globale du texte déposé en commission ou en session plénière. Il s’agit alors d’instaurer une disposition aux conséquences généralement énormes et non débattues pour les effets qu’elle aurait.</p>
<p>Ici, avec l’amendement des sénateurs centristes, la ficelle est épaisse. La France frôlant la banqueroute, ils auraient trouvé, enfin, la ligne médiane la plus dispendieuse du budget : la psychanalyse.</p>
<p>En revanche, c’est dit dans l’exposé des motifs, document généralement instructif pour connaître la température : les psychothérapies n’ont rien à voir. Elles sont sanctuarisées, voire même promues, dans une phrase qui anéantit son motif même : « Plusieurs rapports publics ont souligné l’absence de preuves d’efficacité et le caractère inadapté, voire contre-productif, de ces approches, qui sont à différencier de psychothérapies. » Là encore, la ficelle s’épaissit, à la faveur d’une rédaction que l’on dira bien chancelante car parler de psychothérapies recouvre des réalités très disparates incluant des pratiques se référant à la psychanalyse : les instigateurs, s’ils se pensent courageux, n’en sont pas pour autant téméraires. De loin, ça ressemble à une entourloupe. De près, c’en est une.</p>
<p>En vérité, nous sommes dans le temps suivant, une fois que des députés ont voulu légiférer sur la pratique analytique pour l’asphyxier, en 2003. Nous sommes dans ce temps qui connaît, parallèlement à la diminution des effectifs dans la fonction publique hospitalière, l’envolée des dénominations de pratiques-pansements avec des praticiens formés dans des officines très variées (développement personnel tous azimuts, mémoire cellulaire, conseils en communication, etc.) Pendant ce temps, à l’hôpital, on compte les longueurs de sparadraps débitées chaque matin pour en rationner l’usage. À cette envolée et à cette pénurie, les sénateurs initiateurs de ce projet d’amendement auraient trouvé le remède : exclure la psychanalyse.</p>
<p>Dans les ministères, dans les entreprises, plus aucun service ne peut échapper au coaching, à la marmelade du développement du potentiel. Plutôt que dire et poser des mots justes, on propose au traitement de la souffrance, le contrôle diaphragmatique d’une respiration abdominale bien dosée, réduisant les travailleurs au silence ou à une communication normée. Des pratiques <em>new age</em> parfaitement implantées désormais nous font lire la chose autrement : il y a un gros gâteau d’argent public et les affamés sont nombreux. Dès lors, le risque est grand à la faveur de l’amendement : faire croire que la psychanalyse veut aussi sa part du gros gâteau. Coup double : au nom des nécessités, planter les pratiques de parole et caricaturer la parole pour ce qu’elle est, à savoir le dernier recours pour se défendre. En ce sens, l’amendement est nauséabond.</p>
<p>Or, de quel coût parlons-nous ? Depuis vingt ans, et une augmentation d’environ 20% des effectifs de la fonction publique hospitalière, nous serions curieux de savoir qui a touché le gros lot. Les travailleurs du soin ? Apparemment pas, pour certains, à commencer par les psychologues et les psychiatres, toujours moins nombreux mais de plus en plus soumis à des injonctions bureaucratiques.</p>
<p>Quel que soit l’angle que l’on prenne, nous sommes ramenés à ceci : la psychanalyse sert de chiffon rouge pour exciter le taureau comptable pendant qu’on amuse la galerie. Même si le taureau ne voit pas les couleurs, comme disait la chanson, il s’ennuie le dimanche.</p>
<p>L’amendement est opaque, mais sa visée est claire. Aucun des organismes cités n’emploie statutairement des psychanalystes. En revanche, comme psychanalystes, nous recevons de nombreux agents publics épuisés par des décisions administratives ineptes. De l’hôpital, des centres médico-psychologiques (CMP), des centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), d’ici ou d’ailleurs, de la RATP, de la SNCF : qui n’a pas entendu dans sa consultation des plaintes et la souffrance de voir un travail anéanti.</p>
<p>C’est à croire que c’est à cela que les auteurs de cet amendement veulent s’attaquer. Car, là, on veut bien le leur accorder : les psychanalystes sont éminemment responsables de permettre à ceux qui viennent les rencontrer d’exercer leur esprit critique, déjà pour eux-mêmes, et ensuite pour les autres. Dès lors, l’amendement apparaît pour le masque triste qu’il porte : le symptôme d’un personnel politique qui peine à saisir les enjeux du moment, à entendre l’estomac vide d’une population en attente de vraies solutions.</p>
<p align="center"><strong><em>***</em></strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Amendement barbare</span><br />
</strong><em>Pierre Ebtinger</em></p>
<p>Des sénateurs veulent exclure la psychanalyse du système de soins.</p>
<p>L’amendement n<sup>o</sup>159 est un acte de barbarie.</p>
<p>Il demande l’éradication d’une part de la culture.</p>
<p>Il ignore que la psychanalyse est une science nouvelle née à l’aube du XX<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Que cette science est celle de l’individu.</p>
<p>Qu’elle a l’originalité de ne pas avoir de préjugé.</p>
<p>Qu’elle a l’originalité de se construire en donnant la parole à celui ou celle à partir de qui elle s’élabore comme science.</p>
<p>Une science dont l’objet parle, évidemment c’est insupportable pour beaucoup.</p>
<p>Surtout si elle dévoile que celui qui parle ne sait pas toujours ce qu’il dit.</p>
<p>C’est manifestement le cas de ceux qui déposent cet amendement.</p>
<p>Mais les psychanalystes ne peuvent pas leur dire : « pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils disent », car le psychanalyste n’est pas un sauveur.</p>
<p>Le psychanalyste est avant tout un interlocuteur, à qui l’on peut tout dire.</p>
<p>À qui on peut tout dire et qui, grâce à Freud et Lacan, peut cerner ce dont il s’agit comme personne n’a jamais compris avant, grâce de cette nouvelle science qu’est la psychanalyse.</p>
<p>Mais qui donc est menacé par la liberté de parole, qui donc est menacé par un savoir précieux sur la singularité du mode de vivre de chacun ?</p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong><em>***</em></strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Le comique dans la politique</span><br />
</strong><em>Catherine Stef</em></p>
<p>Dans un article publié dans <em>L’Évolution psychiatrique</em> en 2020, le Pr. Thomas Rabeyron [1] recense et collige les enquêtes menées selon des protocoles autorisés, accrédités, validés, portant sur l’« évaluation de l’efficacité des psychothérapies psychanalytiques et de la psychanalyse ».</p>
<p>Sa conclusion est que<em> </em>« les psychothérapies psychanalytiques et la psychanalyse apparaissent souvent plus efficaces que la pharmacothérapie, et conduisent à des économies substantielles quand elles sont mises en œuvre dans des services de soin auprès de patients souffrant de pathologies variées » : point d’orgue de controverses qui agitent l’opinion, les chercheurs, les économistes et les politiques de tous horizons confondus depuis plus de vingt ans.</p>
<p>À l’heure où les cliniques de La Borde et La Chesnaie, bastions de la psychothérapie institutionnelle, sont gravement menacées par le non-renouvellement de leur autorisation d’activité de psychiatrie par l’ARS Centre-Val de Loire – ce qui a pour conséquence concrète la transformation de places d’hospitalisation psychiatrique « sanitaire », en places d’accompagnement « médicosocial » –, nous assistons de fait à une réduction généralisée de l’offre de soins psychiatriques. Rappelons les mots de Jean Oury en 2009, au sujet de la destruction de la psychiatrie par les gestionnaires : « On va supprimer les psychiatres, on va supprimer les infirmiers, on va supprimer les hôpitaux et tout ira bien. On voit le résultat, c’est une simplicité naïve, redoutable. […] Ça y est, ils sont au pouvoir, ils ont gagné ».</p>
<p>Qui que soient les « ils » évoqués par J. Oury, il s’agit aujourd’hui encore des conséquences de la transformation d’une politique de soins en politique de management, où seul compte l’équilibre budgétaire.</p>
<p>Et cette fois-ci, il serait question de supprimer la psychanalyse, les psychanalystes, les professionnels qui s’orientent de cette pratique ?</p>
<p>La multiplication des diagnostics prêts à porter établis par les plates-formes de FondaMental[2] a commencé le travail depuis quelques années : en substituant à la clinique méticuleuse et attentive, un questionnaire absolument désincarné. En généralisant une sorte de banalisation des symptômes devenus des cases à cocher pour établir des diagnostics, on ne tient plus aucun compte de la subjectivité singulière de chacun, on se prive de toute possibilité de savoir ce qui se joue réellement pour le sujet. La rencontre n’a pas lieu, la possibilité d’un dire est écartée, circulez il n’y a rien à savoir de plus.</p>
<p>Dès le mois d’avril 2025, les professionnels en psychiatrie étaient nombreux à alerter l’opinion sur la dégradation préoccupante de l’offre de soin notamment à la suite de plusieurs drames survenus chez des lycéens et collégiens.</p>
<p>Pourtant, les « structures de proximité » continuent de fermer les unes après les autres, sans aucune contrepartie en matière d’offre de soins.</p>
<p>Cet amendement n°159 du PLFSS, déconnecté des pratiques et du réel de la clinique, manifeste l’ignorance stupéfiante avec laquelle certaines questions cruciales peuvent être traitées. Il prêterait à rire s’il ne constituait une telle menace pour la démocratie, le pluralisme et la place accordée à la parole dans notre civilisation.</p>
<hr />
<p>[1] Thomas Rabeyron est psychologue clinicien, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’université Lyon 2 au sein du C<em>entre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique</em> (UR653). Il est également <em>Honorary Research Fellow</em> à l’université d’Édimbourg. Il a co-fondé, en 2009, le <em>Centre d’Information de Recherche et de Consultation sur les Expériences Exceptionnelles</em>(CIRCEE) dont il dirige le service de consultation. Ses recherches portent essentiellement sur la clinique des expériences exceptionnelles, la neuropsychanalyse et l’évaluation des psychothérapies psychanalytiques. Membre junior de l’Institut universitaire de France depuis 2021, il a publié près d’une centaine de publications scientifiques et quatre ouvrages portant respectivement sur la psychologie clinique (<em>Psychologie clinique et Psychopathologie</em>, Armand Colin, 2018), les expériences exceptionnelles (<em>Clinique des expériences Exceptionnelles</em>, Dunod, 2020 ; Codex Anomalia, 2023) et la série <em>Black Mirror </em>(<em>La Vie psychique au risque du virtuel. Black Mirror en analyse</em>,<em> </em>Dunod, 2024).<br />
[2] Sébastien Ponnou est psychanalyste, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Paris 8. Lire son article dans le numéro de juillet du blog de l’Association des psychologues freudiens : « Centres Experts et Fondation FondaMental : lobbying unchained ».</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #6</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-6/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 17:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=3894</guid>

					<description><![CDATA[Paris, le 20 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes. Merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante: amendement159@gmail.com Des allégations sans fondement scientifique ni économique Sébastien Ponnou Dérembourser pour mieux asservir Dominique Corpelet  Des délégués ministériels biberonnés à la HAS Allan Caro Re-commander Clément Marmoz Votre guerre n’est pas notre guerre Solenne Albert *** Des allégations sans fondement scientifique ni économique Sébastien Ponnou Directeur de l’Observatoire Épidémiologique et Clinique de l’Enfant et de <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-6/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 20 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_1911063965008537804isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte<br />
</strong></span></h3>
<p><em>Nous recevons beaucoup de contributions et nous vous en remercions. Toutes ne pourront cependant pas être publiées. Les contributions ne peuvent excéder 3000 signes.</em></p>
<p><em> Merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante: </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.<wbr />com</em></a></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;"><strong>Des allégations sans fondement scientifique ni économique<br />
</strong><em>Sébastien Ponnou</em></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;" align="center"><strong>Dérembourser pour mieux asservir<br />
</strong><em>Dominique Corpelet</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong>Des délégués ministériels biberonnés à la HAS<br />
</strong><em>Allan Caro</em></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;" align="center"><strong>Re-commander<br />
</strong><em>Clément Marmoz</em></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;" align="center"><strong>Votre guerre n’est pas notre guerre<br />
</strong><em>Solenne Albert</em></p>
<p align="center"><strong>***</strong></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">Des allégations sans fondement scientifique ni économique</span><br />
</strong><em>Sébastien Ponnou</em></p>
<p><em>Directeur de l’Observatoire Épidémiologique et Clinique de l’Enfant et de l’Adolescent : Psychiatrie, Handicap, Protection de l’Enfance (LabCom EOLE), université Paris 8.</em></p>
<p>L’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale du 15 novembre 2025 visant le non-remboursement des soins orientés par la psychanalyse au motif qu’ils ne sont pas conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) ne repose sur aucun argument scientifique ni économique valide.</p>
<p><strong>D’un point de vue scientifique :</strong></p>
<ul>
<li>Les recommandations de la HAS sur les troubles neuro-développementaux (TND) et les troubles de l’enfance sont de simples accords de consensus sans aucune valeur ou preuve scientifique ;</li>
<li>La psychanalyse a fait de longue date la démonstration de son efficacité dans la clinique, dans les pratiques et dans les institutions de soin ;</li>
<li>Il existe aujourd’hui des données probantes et une vaste littérature scientifique au niveau international témoignant des bénéfices des pratiques orientées par la psychanalyse auprès des personnes souffrant de troubles mentaux[1].</li>
</ul>
<p><strong>D’un point de vue économique :</strong></p>
<p>Pour faire des économies de santé, l’amendement propose de ne pas rembourser les soins orientés par la psychanalyse, au prétexte qu’ils ne seraient pas conformes aux recommandations de la HAS. Mais de quels soins parle-t-on ?</p>
<p>Cette allégation n’est cependant soutenue par aucune donnée chiffrée ni aucune estimation : et pour cause, ni les sénateurs à l’origine de l’amendement, ni la HAS ne disposent de l’information à même d’abonder ces données. Pourquoi ? Parce qu’il est impossible de caractériser un soin psychanalytique d’un point de vue médico-administratif. On peut le faire d’un point de vue clinique, théorique, éthique… mais pas médico-administratif. En effet, les bases de remboursement sont codées par acte, produit, institution ou profession, mais pas selon des critères théoriques et cliniques.</p>
<p>Ainsi, l’argument selon lequel le déremboursement des soins orientés par la psychanalyse permettrait une réduction des coûts de santé est fallacieux dans la mesure où :</p>
<ol>
<li>La psychanalyse en libéral peut être considérée comme un soin qui ne coûte rien à l’État ;</li>
<li>Les seuls soins psychothérapeutiques remboursés par l’État en libéral sont ceux du dispositif Mon Soutien Psy, et peu de psychanalystes y participent…</li>
<li>Les soins visés seraient donc ceux des institutions : selon les données de la DREES, de la CNSA et de Santé Publique France, environ 600 000 enfants et adolescents sont accompagnés en CAMSP, CMPP, CMP, IME, ITEP…</li>
</ol>
<p>a. Soit l’on considère que l’ensemble des institutions et des professionnels reposent sur des fondements théoriques psychanalytiques – en effet, comment méconnaître la fonction de la parole ou de la relation thérapeutique dans le travail de soin ? – et dans ce cas les économies seront certes conséquentes, mais elles porteront atteinte à l’ensemble du système de santé et à l’organisation générale des soins.</p>
<p>b. Soit la mesure ne cible qu’un nombre limité d’institutions spécialisées – accueillant pourtant les cas les plus sévères –, et dans ce cas l’amendement revêt un caractère purement idéologique et ne repose sur aucune donnée chiffrée.</p>
<p>En revanche, à l’heure où le déficit de l’offre de soin et le malaise dans la psychiatrie touche de plein fouet les personnes les plus vulnérables, il est certain que cet amendement constituerait une atteinte et une perte de chance considérable pour les enfants et les familles.</p>
<hr />
<p>[1] À titre indicatif et non-exhaustif : Thurin J. M., Thurin M., &amp; Briffault X. (2006). Évaluation des pratiques professionnelles et psychothérapies. <em>L’Information psychiatrique</em>, <em>82</em>(1), 39-47 ; Briffault X., Thurin M., Lapeyronnie B. &amp; Thurin J. M. (2007). Nouvelles perspectives pour la recherche en psychothérapie : évaluation d’un protocole de recherche et proposition d’un dispositif méthodologique et technique. <em>L’Encéphale</em>, <em>33</em>(6), 911-923 ; Briffault X. (2009). Conflits anthropologiques et stratégies de lutte autour de l’évaluation des psychothérapies. <em>Nouvelle Revue de psychosociologie</em>, (2), 105-118 ; Visentini G. (2021). <em>L’Efficacité de la psychanalyse. Un siècle de controverses</em>, Paris, PUF ; Gonon F. &amp; Keller P. H. (2021). L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente. <em>L’Encéphale</em>, <em>47</em>(1), 49-57 ; Leichsenring F., Abbass A. &amp; <em>al</em>. (2023). The status of psychodynamic psychotherapy as an empirically supported treatment for common mental disorders–an umbrella review based on updated criteria. <em>World Psychiatry</em>, <em>22</em>(2), 286-304 ; Steinert C, Munder T, Rabung S, Hoyer J, Leichsenring F. (2017). Psychodynamic Therapy: As Efficacious as Other Empirically Supported Treatments? A Meta-Analysis Testing Equivalence of Outcomes. Am J Psychiatry; 174(10):943-953. doi: 10.1176/appi.ajp.2017.<wbr />17010057. Epub 2017 May 25.  Driessen, E. (2012). Intensive short-term dynamic psychotherapy: A systematic review and meta-analysis of outcome research. <em>Harvard Review of Psychiatry, 20</em>(2), 97–108. <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/sbrf_uQee6jf" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/sbrf_uQee6jf&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923556000&amp;usg=AOvVaw3CbCqqrGGvL7MY1o0jhP7H">https://doi.org/10.3109/<wbr />10673229.2012.677347</a>; Abbass A, Town J, Driessen E. The efficacy of short-term psychodynamic psychotherapy for depressive disorders with comorbid personality disorder. Psychiatry 74(1):58-71. doi: 10.1521/psyc.2011.74.1.58.  Leichsenring F, Rabung S. (2008). Effectiveness of long-term psychodynamic 300(13):1551-65. doi: 10.1001/jama.300.13.1551. PMID: 18827212…</p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;"><strong> ***</strong></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Dérembourser pour mieux asservir</span><br />
</strong><em>Dominique Corpelet</em></p>
<p>De tous les projets visant à éradiquer la psychanalyse en France, l’amendement discuté au Sénat à partir du 19 novembre 2025 est le plus redoutable. Il porte atteinte à la liberté du citoyen, à la psychanalyse et à son exercice. Il repose sur trois pseudo-arguments.</p>
<p>L’argument économique est sous-tendu par une idéologie. Choisir de dérembourser les soins relevant de la psychanalyse pour sauver le budget de la Sécurité sociale, qui veut y croire ? La psychanalyse n’a cessé, dès ses débuts, d’être attaquée, pour autant qu’elle est subversive et qu’elle ne sert pas le maître. Cet amendement s’inscrit dans le droit fil de cette attaque, et l’argument qui consiste à vouloir sauver le financement de la Sécurité sociale est tout à fait annexe dans cette affaire.</p>
<p>L’argument scientifique n’en est pas moins fallacieux. L’on argue de la science quand ça nous arrange. <em>La science dit que</em>… elle ne dit que ce qu’on veut lui faire dire. Est-ce encore de la science ? L’amendement ne se donne même pas la peine de citer les rapports sur lesquels il prétend pourtant se fonder. Sans doute ces rapports ne sont-ils, eux-mêmes, pas très scientifiques ?</p>
<p>L’argument de la solidarité nationale n’est pas moins hypocrite. Le politique se targue de solidarité pour mieux porter atteinte… à la solidarité, en prohibant la liberté de choix et en mettant un terme brutal à des soins engagés depuis parfois très longtemps dans les hôpitaux, par exemple.</p>
<p>Cet amendement, avec ses faux arguments, ne cherche même pas à cacher ce qu’il vise : un projet autoritaire, celui d’interdire pour mieux asservir. La recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) vaut commandement, et la sémantique ne souffre aucune ambiguïté : efficience, inadapté, efficacité, bénéfice, réhabilitation… Deux champs sémantiques sont ici convoqués, celui du discours néolibéral et celui de la domination. Mais c’est au final un seul maître, un seul ordre de fer. La psychanalyse est l’envers de la domination, l’envers d’une réadaptation du sujet à la société. Cet amendement veut éradiquer la psychanalyse pour autant qu’elle est, comme <em>praxis</em>, orientée par l’éthique du désir. Et le désir est rebelle à l’ordre. C’est le désir rebelle que cet amendement vise à réduire au silence.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="m_1911063965008537804isPasted"> ***</span></strong></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Des délégués ministériels biberonnés à la HAS</span><br />
</strong><em>Allan Caro</em></p>
<p>« <em>M<sup>me</sup> Guidez</em> — À mon sens, la psychanalyse pourrait faire partie des prestations non efficientes ; […] le délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement et la HAS ne reconnaissent pas l’efficacité de cette pratique. Serait-il envisageable d’exclure la psychanalyse ou des prestations s’y référant d’une prise en charge intégrale ? […]</p>
<p><em>M<sup>me</sup> Parmentier-Lecocq, ministre déléguée</em> — Je vais être très claire : la psychanalyse n’a pas sa place dans l’accompagnement et dans la prise en charge des personnes atteintes de troubles du neurodéveloppement. Je partage totalement la position de la HAS sur le sujet[1] ».</p>
<p>Cet échange a eu lieu au Sénat le 29 octobre dernier lors de la déclaration sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.</p>
<p>M<sup>me</sup> Guidez, qui porte l’amendement n°159 au PLFSS, mentionne Étienne Pot, le délégué interministériel pour les troubles neurodéveloppementaux (TND). Cet ancien médecin de santé publique et addictologue est également diplômé de l’EHESS. C’est donc en bon manager qu’il tape sur la psychanalyse. Il déclarait au récent colloque d’AFG Autisme : « Le seul indicateur […] qui compte aujourd’hui, c’est notre capacité à faire progresser les enfants. […] Et je le redis, ce n’est pas la psychanalyse qui va permettre de remédier à ça. Alors souvent, on me dit de faire attention, il va y avoir une méta-analyse qui va sans doute sortir un jour, qui va prouver l’efficacité de la psychanalyse. Je vous rassure, je dors très tranquille, et surtout je suis patient[2] ». Il ajoute : « Les bien-portants peuvent faire de la psychanalyse. Les personnes qui souhaitent s’allonger sur un divan pour parler, elles font ce qu’elles veulent, c’est pas mon sujet. […] Ce qui doit infuser partout dans notre pays c’est la culture de la remise en question permanente ».</p>
<p>Cela pourrait être comique si ce combat d’une grave ignorance n’était pas porté par nos femmes et nos hommes politiques. Le délégué interministériel s’appuie sur les recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de santé (HAS) publiées en 2012, listant les interventions globales non consensuelles[3]. Quelques lignes montées en épingle qui servent un propos nourri par la haine et qui fait bien entendre sa certitude : quoi qu’on réponde, le verdict semble définitif, bien qu’erroné. De nombreuses publications récentes montrent que les psychothérapies psychanalytiques sont aussi efficaces que les psychothérapies cognitivo-comportementales[4]. S’il s’agit de se « remettre en question » comme l’assène M. Pot, comment expliquer l’idéologie catégorique portée par cet amendement n°159 ? C’est ainsi que, en le disant avec Lacan, « la politique repose sur ceci, que tout le monde est trop content d’avoir quelqu’un qui dit <em>En avant marche</em> – vers n’importe où, d’ailleurs[5] ».</p>
<p>Nous ne sommes pas du tout rassurés, Monsieur le délégué. Nous sommes même très inquiets. Les enfants, les adolescents, les adultes, reçus en ce moment par des professionnels qui trouvent en la psychanalyse une boussole rigoureuse, ne se portent pas bien ni ne dorment tranquillement. Et comme nous allons de dénégations en dénégations avec cet amendement, si ce n’est pas votre sujet, laissez-le aux praticiens qui travaillent à accueillir le plus singulier de chacun, qu’il soit sur le divan ou non.</p>
<hr />
<p>[1] Consultable en ligne : <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/300705-stephanie-rist-charlotte-parmentier-lecocq-29102025-plfss-2026?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.vie-publique.fr/discours/300705-stephanie-rist-charlotte-parmentier-lecocq-29102025-plfss-2026?utm_source%3Dchatgpt.com&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923556000&amp;usg=AOvVaw0L00Nb5wkFHeYcMU0y3HL3">https://www.vie-publique.fr/<wbr />discours/300705-stephanie-<wbr />rist-charlotte-parmentier-<wbr />lecocq-29102025-plfss-2026?<wbr />utm_source=chatgpt.com</a><br />
[2] Colloque d’AFG Autisme, 13 septembre 2025, Espace Reuilly, consultable en ligne : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=xyOd_sv_PGI&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.youtube.com/watch?v%3DxyOd_sv_PGI%26t%3D1s&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923556000&amp;usg=AOvVaw0B-OpNf-EaUqsovTCPLtar">https://www.youtube.com/watch?<wbr />v=xyOd_sv_PGI&amp;t=1s</a><br />
[3] Haute Autorité de santé, « Recommandation de bonne pratique. Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent », mars 2012, p. 27, consultable en ligne : <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-03/recommandations_autisme_ted_enfant_adolescent_interventions.pdf" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-03/recommandations_autisme_ted_enfant_adolescent_interventions.pdf&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923556000&amp;usg=AOvVaw2rtnoFy-IeE2EabOmscU6w">https://www.has-sante.fr/<wbr />upload/docs/application/pdf/<wbr />2012-03/recommandations_<wbr />autisme_ted_enfant_adolescent_<wbr />interventions.pdf</a><br />
[4] Gonon F. &amp; Keller P.-H., « L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente ». <em>L’Encéphale</em>, vol. 47, n°1, 2021, p. 49-57.<br />
[5] Lacan J., « Conférence à Genève sur le symptôme », texte établi par J.-A. Miller, <em>La Cause du désir</em>, n°95, avril 2017, p. 21.<span id="m_1911063965008537804isPasted"> </span></p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Re-commander</span><br />
</strong><em>Clément Marmoz</em></p>
<p><strong> </strong>Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) se présentent comme un guide, une aide, presque un vade-mecum inoffensif. Mais sous cette apparente modestie se loge une nouvelle figure de la maîtrise. Les RBPP ne se contentent pas d’indiquer : elles exigent.</p>
<p><strong>Un maître moderne</strong></p>
<p>Les RBPP ne se bornent pas à cadrer : elles retirent ce qu’elles commandent, pour mieux commander encore, en ce sens elles destituent la loi. C’est le trait du maître moderne : il prescrit et, simultanément, destitue sa propre prescription – <em>re-commander</em>, c’est <em>commander deux fois plus</em>, comme me l’a soufflé Jean-Robert Rabanel – laissant l’institution dans une dette infinie, jamais suffisamment conforme, jamais suffisamment alignée et toujours un peu méprisée.</p>
<p>Ce mode de commandement paradoxal s’accorde parfaitement avec l’idéologie que portent les RBPP : l’idéal d’une harmonie possible, d’une garantie du soin, d’un social enfin pacifié par la bonne méthode. Idéal d’autant plus puissant qu’il se prétend neutre, scientifique, objectif. Mais cet idéal ignore ce que Freud nommait le <em>malaise dans la civilisation</em>. Il ignore également ce que Lacan mettait au cœur de l’expérience analytique : le langage comme un parasite.</p>
<p><strong>Un pouvoir sans sujet au-delà de la loi</strong></p>
<p>Les RBPP, en ce sens, sont une tentative de suturer la béance structurelle entre le langage et le réel. Elles veulent colmater la faille du sujet par la procédure, réduire l’imprévu de la parole à la prévisibilité du protocole. Elles s’appuient sur une prétention de garantie qui relève bien plus du mythe que de la science. La loi, auparavant, fixait un cadre symbolique lisible. Les RBPP, elles, se situent dans un au-delà de la loi : elles occupent sa place sans en assumer la dimension politique et symbolique. Elles instaurent un pouvoir sans sujet, un discours du maître tout en niant qu’il en soit un – un maître balbutiant, mais d’autant plus féroce.</p>
<p><strong>Nouvelle injonction : une garantie ?</strong></p>
<p>C’est dans ce contexte qu’apparaît aujourd’hui un amendement visant à faire disparaître le remboursement de soins lorsque ceux-ci s’orientent de la psychanalyse. Ce geste législatif s’inscrit dans la même logique : un retrait par lequel on commande. Un effacement qui, sous couvert de rationalisation, produit une nouvelle injonction. Ce que rappelle pourtant la clinique – et plus vivement encore celle de la psychose – c’est que le réel du sujet ne se laisse pas gouverner par la volonté d’imposer une garantie. Le soin, lorsqu’il accueille la parole, n’obéit pas à la procédure : il s’inscrit dans le cadre de la loi mais ne pourra, de structure, jamais se laisser réduire à des <em>re-commandations</em>.</p>
<p>Aucun idéal d’harmonie ne peut congédier ce qui, depuis Freud et Lacan, constitue le cœur même du soin psychique – la rencontre avec ce qui déjoue les garanties, avec ce qui parle.</p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong>***</p>
<p id="m_1911063965008537804isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Votre guerre n’est pas notre guerre</span><br />
</strong><em>Solenne Albert</em></p>
<p>L’amendement n°159 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale indique ceci : « À compter du 1<sup>er</sup> janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie. »</p>
<p>« <em>Ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques</em> »…</p>
<p>Mesdames et messieurs les sénateurs doivent être bien mal informés de la réalité de terrain s’ils s’imaginent qu’il est possible de tracer une ligne claire avec d’un côté les praticiens se réclamant de la psychanalyse, et de l’autre ceux qui, soi-disant, s’y opposeraient.</p>
<p>Je travaille depuis vingt ans dans un hôpital psychiatrique dans lequel j’ai plaisir à œuvrer de concert avec de nombreux professionnels aux supports théoriques riches et très variés. Aucune animosité entre nous, encore moins de dissension : nous agissons côte à côte pour accompagner nos patients à moins souffrir. Et pour cela, nous nous enrichissons les uns les autres de réflexions, de discussions, de lectures partagées.</p>
<p>Je pense qu’aucun de mes collègues – qu’ils soient psychologues, psychiatres, infirmiers, etc. – ne peut dire qu’il n’a jamais lu Freud ; encore moins qu’il ne s’est jamais, à aucun moment, appuyé, éclairé, aidé d’un concept, d’une référence, d’un texte de Freud.</p>
<p>Dans le centre médico-psychologique (CMP) où je travaille, comme dans toutes les structures qui accueillent des patients, nous sommes attentifs au lien transférentiel, nous en prenons grand soin. Et nous en parlons ensemble. Tous les jours. Or le transfert est un concept freudien. Allez-vous donc nous interdire, en réunion clinique, en synthèse, en analyse, de pratiquer, d’interroger ce lien si spécifique qui unit un patient à une équipe de soin et qui, bien souvent, contribue à lui redonner le goût de vivre ?</p>
<p>Mais avec quels outils pensez-vous que nous travaillons si ce n’est à partir de la parole prise dans une relation sociale ? Les praticiens ne sont pas de simples exécutants de protocoles.</p>
<p>Et tous les psychologues de ma connaissance, y compris ceux qui s’appuient sur des outils des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), s’indignent contre cet amendement scélérat. Ils n’hésitent pas à dire ce qu’ils doivent, eux aussi, à l’inventeur de la psychanalyse.</p>
<p>Car c’est lui – Freud – qui a donné naissance à toutes les thérapies par la parole qui, depuis lors, ont vu le jour. C’est lui, le premier, qui a compris que nos symptômes, qu’ils soient corporels ou psychiques, peuvent relever d’une causalité autre que médicale : une causalité psychique. C’est parce que nous pensons qu’il faut chercher dans l’histoire d’un sujet les traces de ce qui a provoqué son mal-être, que nous parlons avec lui.</p>
<p>Interdire la psychanalyse, c’est interdire aux patients de s’interroger sur les causes de leur souffrance. C’est donc aussi leur interdire de parler.</p>
<p>Cet amendement n’est donc pas seulement une attaque contre la pluralité des approches. Cette vision manichéenne du soin psychique témoigne aussi d’un obscurantisme invraisemblable et n’est pas partagée par les professionnels de terrain. En effet, les différentes approches ne s’excluent pas, ne s’opposent pas les unes aux autres, mais encore : elles s’entremêlent.</p>
<p>Votre guerre n’est pas notre guerre. D’ailleurs, pourquoi vouloir chercher à nous diviser ainsi ? Quel but se cache derrière cette entreprise honteuse ? Comment peut-on, d’un coup de crayon, dénigrer ainsi toute une profession ?</p>
<p>Ne serait-il pas temps de proposer plutôt un amendement qui reconnaîtrait, abriterait, protégerait les praticiens du soin psychique ? Et pourquoi ne pourrait-on pas plutôt interdire d’interdire la psychanalyse ?</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #5</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 11:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=3892</guid>

					<description><![CDATA[Paris, le 20 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante : amendement159@gmail.com Un amendement non conforme à l’état des connaissances scientifiques Lettre de François Gonon adressée aux sénateurs et sénatrices Un mauvais pli Philippe La Sagna Une poussée hégémonique sur toute la santé mentale Jean-Daniel Matet  « Connais ton ennemi » (Sun Tzu) Nathalie Jaudel Précarité scientifique versus certitude idéologique Quentin Dumoulin *** Un amendement non conforme à l’état des connaissances scientifiques Lettre de François Gonon adressée aux sénateurs et sénatrices François Gonon est directeur de recherche émérite au CNRS, dans l’équipe Neurosciences, <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-5/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 20 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_-80172000947198193isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte</strong></span></h3>
<p><em>merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante : </em><a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener"><em>amendement159@gmail.com</em></a></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" align="center"><strong>Un amendement non conforme<br />
</strong><strong>à l’état des connaissances scientifiques<br />
</strong><em>Lettre de François Gonon adressée aux sénateurs et sénatrices</em></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" align="center"><strong>Un mauvais pli<br />
</strong><em>Philippe La Sagna</em></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" align="center"><strong>Une poussée hégémonique</strong><strong> sur toute la santé mentale<br />
</strong><em>Jean-Daniel Matet</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong>« Connais ton ennemi » (Sun Tzu)<br />
</strong><em>Nathalie Jaudel</em></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" align="center"><strong>Précarité scientifique <em>versus</em> certitude idéologique<br />
</strong><em>Quentin Dumoulin</em></p>
<p align="center">***</p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong>Un amendement non conforme </strong></span><strong><span style="color: #ff0000;">à l’état des connaissances scientifiques</span><br />
</strong><em>Lettre de François Gonon adressée aux sénateurs et sénatrices</em></p>
<p>François Gonon est directeur de recherche émérite au CNRS, dans l’équipe Neurosciences, Humanités &amp; Société, à l’Institut des maladies neurodégénératives (Bordeaux). Il a travaillé pendant trente-cinq ans comme neurobiologiste. Depuis douze ans, ses recherches visent à expliquer les écarts entre les observations en neurosciences et leur présentation par les médias. Il est bien connu des participants de <em>Lacan Web Télévision</em>.</p>
<p><em> </em><em>Lettre de François Gonon adressée aux sénateurs et sénatrices</em></p>
<p>Je vous contacte pour vous alerter sur un discours scientifique abusif concernant les psychothérapies orientées par la psychanalyse. En effet, ce 14 novembre, trois sénatrices et un sénateur ont déposé un amendement (n°159) au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Il est rédigé comme suit : « À compter du 1<sup>er</sup> janvier 2026, les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement, ni à participation financière de l’assurance maladie. »</p>
<p>L’objet de l’amendement affirme : « Les soins fondés sur la psychanalyse, en particulier lorsqu’ils s’appliquent aux troubles du neuro-développement, aux troubles anxieux ou dépressifs et aux affections psychiatriques chroniques, ne disposent aujourd’hui d’aucune validation scientifique… Plusieurs rapports publics ont souligné l’absence de preuves d’efficacité et le caractère inadapté, voire contre-productif, de ces approches, qui sont à différencier de psychothérapies. »</p>
<p>Ces affirmations ne sont pas conformes à l’état des connaissances scientifiques.</p>
<p>Premièrement, à durée égale, les psychothérapies orientées par la psychanalyse sont aussi efficaces que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui ont les faveurs des pouvoirs publics. Pascal Keller et moi-même avons publié en 2021, dans la plus respectée des revues francophones de psychiatrie, une synthèse aboutissant à cette conclusion pour de nombreux troubles mentaux, notamment dépressifs et anxieux. Cette revue s’appuie sur des dizaines d’études scientifiques publiées ces vingt dernières années par des équipes internationales (USA, UK, Allemagne, etc.) dans les revues de psychiatrie les plus prestigieuses. Vous trouverez cette synthèse en attaché[1].</p>
<p>Deuxièmement, comme le mentionne cette synthèse, les praticiens se réclamant des TCC font explicitement référence à trois des quatre concepts majeurs de la psychanalyse : la répétition, l’inconscient et le transfert. Interdire le remboursement des psychothérapies « reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques » entraînerait aussi le non-remboursement des TCC.</p>
<p>J’espère que mon message vous apportera des éléments scientifiques de jugement concernant cet amendement.</p>
<hr />
<p>[1] Gonon F. &amp; Keller P.-H., « L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente », <em>L’Encéphale</em>, vol. 47, n°1, février 2021, p. 49-57.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center"><em>L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse.<br />
</em>Une revue systématique de la littérature scientifique récente<br />
<em>F. Gonon &amp; P.-H. Keller</em></p>
<p><strong>Résumé</strong></p>
<p><em>Objectif</em>. – Le rapport de l’Inserm, évaluant les psychothérapies, date de février 2004. Notre article propose, à un lectorat francophone, une revue systématique des travaux publiés, depuis 2003, et concernant l’efficacité des psychothérapies psychanalytiques sur les troubles mentaux.</p>
<p><em>Méthodes</em>. – Une recherche systématique sur le site PubMed a identifié 71 articles de méta-analyses, publiés entre 2004 et 2019, inclus. Parmi eux, 25 articles ont été jugés pertinents et sont présentés en détail. Nous avons aussi recherché des études de long terme, publiées depuis 2013 et non incluses dans les méta-analyses. Trois études contrôlées et randomisées, comparant une thérapie psychanalytique à des traitements actifs, ont été identifiées.</p>
<p><em>Résultats</em>. – Onze articles de méta-analyses ont évalué l’amélioration des symptômes à l’issue du traitement. Ils concluent tous que <strong>l’effet des psychothérapies psychanalytiques est robuste</strong>.<strong> </strong>Dix articles de méta-analyses ont comparé une psychothérapie psychanalytique à un traitement actif (e.g. autre psychothérapie, médication). <strong>Un seul rapporte une infériorité cliniquement significative des psychothérapies psychanalytiques</strong> par rapport aux psychothérapies cognitivo-comportementales. Cinq articles de méta-analyse et trois études randomisées ont comparé des psychothérapies psychanalytiques de long terme (plus d’un an) à divers traitements actifs. <strong>Tous ont conclu à une efficacité des psychothérapies psychanalytiques égale ou supérieure à celle des traitements actifs de comparaison</strong>.</p>
<p><em>Conclusion</em>. – Les études concernant les psychothérapies psychanalytiques se sont multipliées depuis 2003 dans les revues biomédicales. Elles montrent que, pour la plupart des troubles mentaux fréquents, les psychothérapies psychanalytiques sont aussi efficaces que les psychothérapies cognitivo-comportementales. Cette absence de différence est discutée.</p>
<p>Article complet à lire <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/aJe_PrP06cfB" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/aJe_PrP06cfB&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923583000&amp;usg=AOvVaw38kvbnr_g1cQPpbakHudvF">ici</a> avec 50 références d’études récentes sur <em>l’efficacité</em> <em>des psychothérapies inspirées par la psychanalyse.</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="m_-80172000947198193isPasted">***</span></strong></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Un mauvais pli</span><br />
</strong><em>Philippe La Sagna</em></p>
<p>Un récent amendement, proposé par quelques sénatrices et sénateurs, va être discuté au Sénat à partir du 19 novembre 2025. On peut remarquer qu’aucun des élus qui le proposent ne peut faire état d’une compétence particulière dans le champ de la santé mentale.</p>
<p>L’orientation décidée d’en haut depuis trente ans, à partir de l’hypothèse d’une réduction de la maladie mentale à une stricte maladie du cerveau, relevant de la chimie et des rééducations autoritaires, ou de la « gestion des émotions » issue directement du management, nous a menés à la situation catastrophique actuelle de la psychiatrie et de la santé mentale en France.</p>
<p>Le malaise des adolescents, les difficultés de la parentalité, la question du genre, les violences familiales et sexuelles, le harcèlement, l’explosion des arrêts de travail et le <em>burn out</em> généralisé, les solitudes interrogent notre lien social et familial, nos modes d’usage du corps, de l’identité, de l’École, davantage que l’existence de cerveaux dits « fragiles » ou « atypiques ». Ces malaises contemporains se manifestent aussi à travers les progrès de la ségrégation, de l’exclusion et des populismes, qui menacent la démocratie dont la psychanalyse est un élément essentiel !</p>
<p>Des sommes considérables sont consacrées à des recherches qui se cantonnent à une hypothèse centrée sur le cerveau, qui a montré son échec en termes de résultat pour la santé mentale en Occident.</p>
<p>De même, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), machine destinée à dissoudre la clinique psychiatrique, n’est plus un instrument fiable pour la recherche. Sans parler du quasi arrêt de la recherche de thérapeutiques médicamenteuses efficaces par les labos pharmaceutiques, faute de certitudes !</p>
<p>On parie sur le traitement par les pairs (voir les campagnes télévisuelles actuelles) dont l’empathie est donnée comme susceptible de suppléer aux carences d’un système psychiatrique débordé, au bord de la rupture. Une attaque récente contre la clinique de Laborde, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle, montre que les lieux de soins sont visés.</p>
<p>Aujourd’hui, la population, nombre d’artistes, de comédiens, d’écrivains comme l’homme de la rue et les séries télévisées témoignent des bienfaits du traitement psychanalytique, du goût pour la psychanalyse. Certains ont pu montrer que lorsqu’on est en analyse, on s’occupe mieux de sa santé et de son entourage, de son rôle social.</p>
<p>Le système « Mon soutien psy » est la version dévoyée et poussive de l’offre de traitement gratuit et accessible rapidement qui a été proposée par des psychanalystes il y a vingt ans. Aujourd’hui en France on peut facilement rencontrer un analyste.</p>
<p>L’approche dominante de la santé mentale voudrait ne rien savoir des données des sciences humaines en général, de l’incidence des modes de travail et de vie, du culte de la performance et du <em>sans-limites</em>, de l’explosion du marché des toxiques et du risque climatique et écologique. Elle prétend ignorer les « vides sanitaires » de la France « périphérique ». On passe aussi sous silence des avancées dans le domaine des psychoses par la psychanalyse. Aujourd’hui, de plus en plus de sujets s’adressent à la psychanalyse en tournant le dos à la gestion autoritaire et scientiste de leur malaise et de celui qui peut toucher leurs enfants. La médecine technique se tourne vers une pratique « narrative » prenant en compte le sujet malade et non la seule maladie.</p>
<p>Le refus d’admettre la valeur des traitements psychodynamiques s’éclaire des avatars délirants des politiques de santé aux États-Unis et dans les démocraties illibérales. La santé est une chose trop sérieuse pour être gérée par les décisions verticales de certains politiciens.</p>
<p>Cette situation dramatique de la psychiatrie a déjà alimenté la critique éclairée de certains chercheurs en neurosciences, comme François Gonon.</p>
<p>Une publication récente nous éclairait sur ces travaux : « Parmi les différentes disciplines des sciences expérimentales, les neurosciences occupent depuis quatre décennies une place privilégiée tant dans la littérature scientifique que dans les médias. Cet engouement tient à la conviction, de plus en plus largement partagée, que les sciences du cerveau sont les mieux à même d’expliquer les comportements humains. Ces explications sont tout particulièrement convoquées dans trois champs majeurs de la vie sociale : les troubles mentaux, les apprentissages scolaires et les inégalités sociales. Pourtant, selon les scientifiques les plus reconnus pour leur expertise dans ces trois domaines, les neurosciences n’ont, jusqu’à présent, guère contribué à éclairer les pratiques, aussi bien pour le soin en psychiatrie que pour la pédagogie ou la lutte contre les inégalités. Il y a en effet un écart considérable entre le discours triomphant délivré au grand public et la réalité des avancées en neuropsychiatrie ou en neuro-pédagogie. Ce double discours a surtout été étudié pour la neuropsychiatrie. Ces études académiques ont montré que les biais de publication, les exagérations et les interprétations abusives sont déjà présents dans la littérature scientifique. Les journalistes ne font qu’amplifier ces distorsions.[1] »</p>
<p>Le chercheur François Gonon a ainsi pu mettre en question les épidémies récentes de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), de trouble du spectre de l’autisme (TSA), voire celle des <em>dys</em>, tous supposés se réduire à un mauvais pli du cerveau.</p>
<hr />
<p>[1] Gonon F., <em>Neurosciences : un discours néolibéral ? Psychiatrie, éducation, inégalités</em>, Nîmes, Champ social, 2024, <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsF30umVUGPj2ujrvwauXp/C87OTgpI8b3O" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsF30umVUGPj2ujrvwauXp/C87OTgpI8b3O&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923583000&amp;usg=AOvVaw0zYIhbYkK7VWUGbuIHnYe6">disponible sur Cairn</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong>Une poussée hégémonique</strong> </span><strong><span style="color: #ff0000;">sur toute la santé mentale</span><br />
</strong><em>Jean-Daniel Matet</em></p>
<p>Quelles que soient les intentions des sénateurs centristes (UDI) ayant proposé cet amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il s’apparente à un « cavalier législatif », à savoir l’introduction dans un texte législatif d’une mesure qui vise un autre objectif que celui du texte lui-même.</p>
<p><strong>Simple ou simpliste ?</strong></p>
<p>Si nous prenons à la lettre cette proposition de soi-disant « économie », nous retrouvons un mécanisme identique à celui qui a prévalu pour instaurer ou maintenir le numerus clausus dans la formation des médecins. Le principe est simple, voire simpliste : moins de médecins, moins de prescripteurs, donc économie attendue de dépenses de consultations, de pharmacie et de soins médicaux ; mais, quelques années après, la situation est critique : déserts médicaux, cabinets surchargés, impossibilité de consulter rapidement un médecin près de chez soi.</p>
<p>Dans la santé mentale, à l’heure où elle est déclarée grande cause nationale, dans la région parisienne notamment, la situation est déjà criante : impossibilité d’avoir un rendez-vous dans un délai raisonnable dans un centre médico-psychologique (CMP) ou un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP). Restreindre l’offre de soins dans le secteur public en évacuant la référence psychanalytique ne fera qu’aggraver la situation.</p>
<p>Les listes d’attente s’allongent quand, dans le même temps, les exigences de certificats médicaux ou autres expertises pour des enfants, dits atteints de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se multiplient. En effet, beaucoup sont en attente de prescription de Ritaline (méthylphénidate), car les prétendues neurosciences, en opposition à la psychanalyse, ont introduit quelques solutions dites « simples » pour traiter des symptômes complexes d’enfants en difficulté scolaire : vous faites des tests neuropsychologiques qui déterminent un TDAH et vous allez voir un psychiatre pour qu’il les avalise et prescrive de la Ritaline. En fait, cela ouvre ainsi une perspective toxicomaniaque à une partie de la jeunesse scolaire.</p>
<p>Alors, effectivement, la clinique analytique n’a pas de réponse toute faite ni de recettes à tout faire, mais offre la possibilité de faire valoir à un sujet ou à ses parents la question qui est posée dans les échanges intrafamiliaux, pour que puisse s’élaborer des réponses singulières, qui ne soient pas si problématiques pour l’avenir.</p>
<p>Comme nous l’avons déjà souligné, après l’offensive des cognitivistes dans le champ de l’autisme, on assiste à une poussée hégémonique revendiquée sur toute la santé mentale. Il n’en demeure pas moins que le bénéfice de l’action psychothérapeutique, et autres approches fondées notamment sur la référence psychanalytique, a été démontré par de nombreuses publications, comme en témoigne la liste établie par STOP-DSM.</p>
<p><strong>Une formation exigeante, une pratique opérante</strong></p>
<p>Pour les psychanalystes formés à l’École de la Cause freudienne (ECF) et dans l’Association mondiale de psychanalyse (AMP), ainsi que les praticiens qui se forment auprès d’eux, les exigences de formation clinique sont constantes et vont bien au-delà de ce que la formation professionnelle propose dans la plupart des autres champs. Notamment, contrôles cliniques dans le cadre de supervisions, construction et discussion de la pratique dans les colloques et congrès plusieurs fois par an et dans les institutions où ils travaillent, exigence de formation personnelle à travers leur psychanalyse personnelle. Un dispositif d’examen des résultats à travers les questions de la garantie et de la passe est actif dans notre École de psychanalyse, dispositif original, inventé par le docteur Jacques Lacan.</p>
<p>Enfin, à l’heure où l’évolution des sciences et des techniques menace les cultures humaines traditionnelles, la psychanalyse, dans ce qu’elle souligne du rapport à la parole et au langage des hommes et des femmes dans leur relation entre eux et au monde, se fait garante de l’humanité requise pour le vivre ensemble, autrement dit pour traiter le « malaise dans la civilisation », selon les mots de Freud. Elle opère ainsi à la racine de tout ce qui alimente les symptômes individuels, et soutient les conditions pour préserver des passages à l’acte auxquels exposent les folies contemporaines.</p>
<p>Ceci constitue des raisons suffisantes pour que la représentation nationale cherche des économies ailleurs que là où souffle l’air de la liberté de chacun à choisir son mode de traitement de son malaise personnel.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p id="m_-80172000947198193isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">« Connais ton ennemi » (Sun Tzu)</span><br />
</strong><em>Nathalie Jaudel</em></p>
<p>Le projet d’amendement porté par la sénatrice Jocelyne Guidez, autour duquel elle a rallié une dizaine de sénateurs centristes, ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un projet contre lequel nous luttons depuis plusieurs décennies et qui vise à mettre la psychanalyse hors-jeu.</p>
<p>Notre première victoire a permis d’éviter que les psychanalystes soient traités à l’instar des psychothérapeutes, lors de la bataille sur l’amendement Accoyer, en 2004. Que les psys puissent être traités comme un problème d’ordre public à encadrer était évité. Ensuite, il y eut les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) de 2012 classant l’approche psychanalytique de l’autisme parmi les « interventions globales non consensuelles », comme la proposition de résolution du député Dominique Fasquelle en 2016, invitant le gouvernement « à fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes, dans la prise en charge de l’autisme », sous la pression des zélateurs des TCC et autres lobbies pharmaceutiques, attisant l’angoisse des parents.</p>
<p>Si notre opposition a permis que la proposition Fasquelle soit rejetée, ces mêmes adversaires de la psychanalyse n’ont pas désarmé ; ils ont alors œuvré à la mise en place d’une armature normative visant à proscrire la psychanalyse dans la prise en charge des troubles neurodéveloppementaux (TND), qui incluent, entre autres (déficiences intellectuelles (TDI), troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble des apprentissages scolaires et la kyrielle des troubles <em>dys</em>), précisément les troubles du spectre de l’autisme (TSA).</p>
<p>Suite à l’arrêté du 10 mars 2021 qui a exclu la psychanalyse de la liste des méthodes recommandées par la HAS pour ne reconnaitre comme « bonne pratique » que des méthodes de rééducation pour la prise en charge des TND – arrêté que le Conseil d’État, saisi par diverses associations de psychologues, a refusé de censurer par un arrêt du 13 juin 2022 –, une loi sur le repérage précoce et l’accompagnement de ces « troubles » a été votée par le Parlement le 15 novembre 2024.</p>
<p>Qui l’a rédigée, soutenue, de sorte qu’elle soit votée ? Précisément celle qui porte le présent amendement : J. Guidez.</p>
<p>L’attaque menée contre la psychanalyse n’y était pas frontale, même si <em>a posteriori</em> on peut voir que le cadre idéologique qui sert aujourd’hui à tenter de l’exclure y était mobilisé : il était « codé » sous la forme « bonnes pratiques HAS <em>versus</em> soins non conformes ». Conformes à quoi ? aux dites bonnes pratiques fondées sur une rééducation à une norme préétablie par la HAS.</p>
<p>C’est lors de la récente réunion de la Commission des Affaires sociales sur le PLFSS 2026 que J. Guidez a tombé le masque et dévoilé à qui elle avait décidé de s’en prendre, lorsqu’elle a interpellé les dirigeants de la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) en ces termes : « La recherche d’économies me conduit à me demander s’il est envisageable d’exclure la psychanalyse, ou des prestations s’y référant, de la prise en charge intégrale, notamment pour les patients atteints d’un trouble du neurodéveloppement. La Haute Autorité de santé (HAS) a indiqué que cette pratique ne servait absolument à rien, cet avis est partagé par le délégué ministériel, et les associations sont vent debout sur ce sujet. J’aimerais donc connaître votre position sur le remboursement à 100% d’une pratique dont l’inefficacité est ainsi avérée. »</p>
<p>L’amendement n°159 de J. Guidez &amp; <em>al</em>. de 2025 représente donc la tentative de faire descendre jusqu’au niveau du remboursement une opération de disqualification qui a été patiemment, et plus ou moins discrètement, construite depuis les années 2000. Ce n’est donc pas une lubie individuelle, mais la traduction législative de cette configuration : faire passer la psychanalyse du statut « non recommandé/mal vu » par la HAS au statut « non remboursable/exclu du champ légitime » de la santé mentale. Le combat se poursuit.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="m_-80172000947198193isPasted">***</span></strong></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><b><strong> </strong></b></span><strong><span style="color: #ff0000;">Précarité scientifique <em>versus</em> certitude idéologique</span><br />
</strong><em>Quentin Dumoulin</em></p>
<p>L’amendement n°159 évoque des méthodes au « bénéfice médical avéré ». La petite série qui suit est univoque : « approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale ». Il s’agit donc de rééduquer, de corriger, de redresser, de normer. La pratique de la suggestion (« Fais ce que je dis ») est en effet efficace. Elle a été pratiquée et mise en avant au début du XX<sup>e</sup> siècle. Son paradigme est la méthode Coué, établie par un pharmacien qui observait qu’en se répétant du matin au soir qu’on allait mieux, on allait, en effet, <em>mieux</em>[1].</p>
<p>En soumettant ces protocoles de suggestion autoritaire (et lénifiants) à différents processus de vérification (notamment les essais contrôlés randomisés) on peut démontrer leur efficacité. La psychologie dite scientifique s’est ainsi édifiée sur la reproductibilité possible de ses résultats. Or, elle a rencontré une crise dans le mitan des années 2000, où l’ensemble des procédures scientifiques de vérification des expériences se sont retrouvées interrogées suite à la publication de l’article du Professeur de médecine américain, John Ioannidis, qui alertait sur la non-reproductibilité de la plupart des résultats scientifiques[2].</p>
<p>Cette relativisation des certitudes qui a touché les sciences exactes (physiques, chimie, médecine) a connu un retentissement particulier en psychologie, où l’écrasante majorité (près de deux tiers) des tentatives de reproduire systématiquement des résultats se sont soldées par un échec[3].</p>
<p>Dans ce contexte précaire, et depuis le rapport biaisé de l’Inserm de 2004 qui voulait déjà la peau de la psychanalyse, les études sur l’efficacité des psychothérapies, et notamment des psychothérapies psychodynamiques (inspirées par les théories psychanalytiques) se sont multipliées[4]. Les résultats sont probants. Mais comme tous les autres, ils doivent être relativisés.</p>
<p>Alors de quel « bénéfice médical avéré » parle-t-on ? Les sénateurs disposent-ils de données d’une fiabilité supérieure à celles qui sont à la disposition de la communauté scientifique ? Les universitaires psychologues seraient assurément très intéressés de retrouver des certitudes que le doute méthodique interdit et que la science, depuis la crise de la reproductibilité, nous rappelle, tout particulièrement en psychologie et par extension, dans le domaine des « soins psychiques » que ces sénateurs veulent aujourd’hui idéologiquement amender.</p>
<hr />
<p>[1] Cf. Guillemain H., <em>La Méthode Coué</em>, Paris, Seuil, 2010.<br />
[2] Ioannidis J. P. A., « Pourquoi ne peut-on pas faire confiance à la plupart des résultats issus de la recherche ? », <em>L’Évolution Psychiatrique</em>, n°86, juin 2021, p. 443‑454, <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFVLcyvscVeDAnhJlZeFt/laUF1pWHJcaF" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFVLcyvscVeDAnhJlZeFt/laUF1pWHJcaF&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923583000&amp;usg=AOvVaw0a21WpSc0rDiBwiv2rhxp5">https://doi.org/10.1016/j.<wbr />evopsy.2021.06.006</a>.<br />
[3] Open Science Collaboration. (2015). Estimating the reproducibility of psychological science. <em>Science</em>, n<sup>o </sup>349, <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFxgLBMGybZNQrWhaYNxx/QJBtdkfwR4mH" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFxgLBMGybZNQrWhaYNxx/QJBtdkfwR4mH&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923583000&amp;usg=AOvVaw25AaA0AzEax08sd4ntPKVw">https://doi.org/10.1126/<wbr />science.aac4716</a>.<br />
[4] Rabeyron T., « L’évaluation et l’efficacité des psychothérapies psychanalytiques et de la psychanalyse », <em>L’Évolution Psychiatrique</em>, n°86, <em>op. cit</em>., p. 455‑488, <a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsGQ13NmfKhUXgvM5PX7g1/JBYmEgH4FGmJ" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsGQ13NmfKhUXgvM5PX7g1/JBYmEgH4FGmJ&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923583000&amp;usg=AOvVaw1f2-gh12oEQAtuUj-yQ0Ay">https://doi.org/10.1016/j.<wbr />evopsy.2020.07.003</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ACTION LACANIENNE #4</title>
		<link>https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Novelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 17:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Lacanienne]]></category>
		<category><![CDATA[ECF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://acf-restonica.fr/?p=3889</guid>

					<description><![CDATA[Paris, le 19 novembre 2025 ACTION LACANIENNE Contre l&#8217;amendement qui ment et qui coûte Anaëlle Lebovits-Quenehen, présidente de l&#8217;ECF était sur France Culture pour le journal de 12h30, aujourd&#8217;hui. Vous pourrez écouter le podcast en cliquant sur le bouton (à partir de 8 min 42). podcast France Culture merci d&#8217;envoyer vos textes à l&#8217;adresse suivante : amendement159@gmail.com L’amendement hors la loi Gabrielle Vivier-Amici, Allan Caro &#38; Nikita Moshkin Les quatre inconscients financiers et la folie des grandeurs (fable) Laurent Dupont L&#8217;amendement de trop Damien Guyonnet  Objections à l’amendement : notes rapides et bibliographie indicative Jean-Claude Maleval L’amendement hors la loi Gabrielle Vivier-Amici, Allan <a href="https://acf-restonica.fr/action-lacanienne-4/" class="cosmoswp-btn">Read More</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Paris, le 19 novembre 2025</strong></p>
<h3 style="text-align: center;"><span id="m_1883680848913505302isPasted"><strong><span style="color: #ff0000;">ACTION LACANIENNE</span><br />
Contre l&rsquo;amendement qui ment et qui coûte<br />
</strong></span></h3>
<p>Anaëlle Lebovits-Quenehen, présidente de l&rsquo;ECF était sur <strong>France Culture</strong> pour le journal de 12h30, aujourd&rsquo;hui.<br />
Vous pourrez écouter le podcast en cliquant sur le bouton (à partir de 8 min 42).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/rr_Pfwvk0NQR" target="_blank" rel="noopener" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?q=https://2a9il.r.ah.d.sendibm5.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsDg0mBEJC7xY8YNmTehPd/rr_Pfwvk0NQR&amp;source=gmail&amp;ust=1764348923611000&amp;usg=AOvVaw0BYXtGrquZ1jinPWE_DcYj"><strong>podcast France Culture </strong></a></p>
<p><em>merci d&rsquo;envoyer vos textes à l&rsquo;adresse suivante : <a href="mailto:amendement159@gmail.com" target="_blank" rel="noopener">amendement159@gmail.com</a></em></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" align="center"><strong>L’amendement hors la loi<br />
</strong><em>Gabrielle Vivier-Amici, Allan Caro &amp; Nikita Moshkin</em></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" align="center"><strong>Les quatre inconscients financiers et la folie des grandeurs (fable)<br />
</strong><em>Laurent Dupont</em></p>
<p align="center"><strong>L&rsquo;amendement de trop<br />
</strong><em>Damien Guyonnet </em></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" align="center"><strong>Objections à l’amendement :<br />
</strong><strong>notes rapides et bibliographie indicative<br />
</strong><em>Jean-Claude Maleval</em></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">L’amendement hors la loi</span><br />
</strong><em>Gabrielle Vivier-Amici, Allan Caro &amp; Nikita Moshkin</em></p>
<p>La proposition d’amendement n°159 au PLFSS 2026 pose au moins une question de constitutionnalité sérieuse.</p>
<p>Le Conseil constitutionnel rappelle, depuis la décision n°99-421 DC du 16 décembre 1999 et celles qui l’ont suivie, notamment la décision n°2005-512 DC du 21 avril 2005, que la loi doit être intelligible et accessible, ce qui implique, nous indique le Conseil constitutionnel, que ses dispositions doivent être suffisamment précises et non équivoques afin de prémunir contre le risque d’arbitraire.</p>
<p>La proposition d’amendement n°159 au PLFSS 2026 ne répond pas à cet objectif d’accessibilité et d’intelligibilité.</p>
<p>Il n’existe aucun critère juridique, scientifique ou même pratique permettant de déterminer et d’isoler objectivement quelles pratiques se réclameraient ou reposeraient sur la psychanalyse et ses fondements théoriques – à moins que le clinicien se déclare comme tel, ce qui n’engagerait que lui. Par ailleurs, certains fondements théoriques de la psychanalyse – tels que l’effet thérapeutique de la parole, la singularité de chaque sujet, la relation transférentielle à la personne qui écoute – irriguent l’ensemble des psychothérapies fondées sur la parole, y compris celles recommandées par la Haute Autorité de santé (HAS) dans de nombreux cas.</p>
<p>À moins d’interdire toute expérience de parole, comment exclure certains fondements théoriques d’une pratique complexe, dont l’origine est celle de la psychanalyse, qui requiert que les professionnels puissent évaluer la pertinence de leur approche au cas par cas ? C’est à cette condition qu’ils peuvent se faire responsables de leur acte.</p>
<p>Ainsi, la proposition d’amendement n°159 crée une notion dépourvue de critères objectifs, ouvrant la voie à l’arbitraire de l’administration dans sa mise en application. Une telle imprécision empêcherait les professionnels, les hôpitaux, les centres médico-psychologiques (CMP) et autres structures de connaître la nature et l’étendue des obligations qui en découleraient, ce qui ne manquerait pas d’avoir un effet significatif sur l’organisation de l’offre de soins tant publique que privée, déjà tant mise à mal aujourd’hui.</p>
<p>À titre d’exemple, un CMP pourrait-il salarier un psychologue clinicien, titulaire du titre régi par l’article 44 de la loi du 25 juillet 1985, dont le diplôme mentionne l’orientation psychanalytique de sa formation ? Ce alors même que nombreux sont les masters de psychologie clinique d’orientation psychanalytique accrédités par l’État, évalués par le HCERES et intégrés au schéma LMD qui répondent pleinement aux standards nationaux et internationaux. Un CMP devra-t-il exiger des psychiatres et psychologues cliniciens qu’il emploie de déclarer leur orientation, de détailler et qualifier leurs fondements théoriques ? Que faire d’un psychiatre qui prescrirait à partir d’une lecture d’orientation psychanalytique des symptômes de celui qui s’adresse à lui ?</p>
<p>Une chasse aux sorcières pourrait bien commencer.</p>
<p>Un examen de conscience des professionnels ne peut être la visée d’un texte législatif quel qu’il soit, ni <em>a fortiori</em>, celle d’une loi de finances de la Sécurité sociale.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" style="text-align: left;" align="center"><strong><span style="color: #ff0000;">Les quatre inconscients financiers et la folie des grandeurs (fable)</span><br />
</strong><em>Laurent Dupont</em></p>
<p>Il était une fois quatre inconscients, nous les appellerons avec Lacan : <em>les quatre trumains non dupes</em>. Inconscients, ils l’étaient tellement qu’ils n’y croyaient pas. Eux, ce en quoi ils croyaient c’était aux économies que l’on pouvait faire avec le neuro (à mettre au singulier, nous pourrions d’ailleurs dire : Un neuro, Un neurone, Un seul), bref ils croyaient au Un. Ils ne croyaient pas au nombre, ils croyaient au chiffre.</p>
<p>Ils partirent en croisade contre la psychanalyse en criant, tel Hamlet : « Économies ! Économies ! » Ce faisant, ils rédigèrent un amendement. Ils n’étaient pas peu fiers, en maîtres serviles de leur idéal, d’avoir pondu ce petit brûlot. Petit, c’est le moins que l’on puisse dire, car qu’il soit béni celui qui trouve la moindre grandeur dans ce <em>bidule</em> (comme dirait le général de Gaulle, car il faut toujours citer les grands hommes quand on a affaire à des Bouvard et Pécuchet de carnaval). Mal écrit, des arguments éculés et maintes fois démontés. Rien ne tenait. Ils hurlèrent : « Mais la science tout de même ! » Mais la science elle-même en resta muette. Dans le silence et la vacuité de leurs pensées, ils commencèrent à entendre un grondement.</p>
<p>« Ah enfin ! Notre juste combat est reconnu ! », pensèrent-ils, mais plus ce grondement enflait, plus il se rapprochait, plus ils entendirent la multitude. Eux qui ne croyaient qu’au chiffre, ils découvrirent le nombre.</p>
<p>Car ils étaient des milliers à œuvrer, des milliers de Un plus Un plus Un… qui travaillaient, qui dans des institutions du médico-social, qui en psychiatrie, auprès de patients comme on les appelle. Patients et praticiens qui commençaient à perdre patience justement devant ces quatre Don Quichotte sans panache ni discernement qui voulaient économiser sur leur dos et allaient ruiner des dizaines d’années d’un travail de fourmis. Tant et si bien que même ceux qui ne s’orientaient pas de la psychanalyse, mais travaillaient à nos côtés trouvèrent ces quatre <em>trumains non dupes</em>complètement à côté de la plaque et rejoignirent le grondement qui montait. Nos quatre fantoches eurent un mouvement d’hésitation – tel Louis de Funès dans <em>La Folie des grandeurs</em>, ils attendaient les acclamations et eurent les coups de bâtons mérités.</p>
<p>Alors ils regardèrent leur petit amendement pendouillant, phallus ridicule, idéal en berne, et découvrirent qu’il était truffé de leur inconscient, dénégation sur la liberté, pulsion agressive, déni de la réalité.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span id="m_1883680848913505302isPasted"> ***</span></strong></p>
<p><b><strong> </strong></b><b><strong><span style="color: #ff0000;">L’amendement de trop</span><br />
</strong></b><em>Damien Guyonnet</em></p>
<p><b> </b>L’argument financier – venu s’ajouter au sempiternel reproche de non efficacité – a bon dos, en plus d’être indécent. C’est la psychanalyse comme telle qui est attaquée, une nouvelle fois. Ça ne cessera donc jamais. Sauf qu’ici, et maintenant, ce n’est plus voilé, déguisé. C’est énoncé clairement. Il n’y a plus aucun semblant, d’où la férocité de la charge. Suivre l’impératif de cet amendement ferait que le travail de dizaines de milliers de praticiens en institution devrait immédiatement cesser, soupçonné, en outre, d’être « inadapté » et « contre-productif ». Pire, ce sont les patients eux-mêmes ayant fait le choix de cette adresse, de cette offre de soin, qui seraient tout simplement niés dans leur souffrance, dans leur être même. Avec, pour unique solution, un modèle de prise en charge autoritaire – parce que validé et contrôlé par l’État, et prescrit pour tous – et déshumanisant – parce qu’issu d’une idéologie qui rejette tout ce que la psychanalyse reconnaît et sollicite, à savoir la parole, la singularité et la dignité du sujet.</p>
<p>Nous aurions alors une modalité du discours du maître, au carré pourrions-nous dire, qui ne serait plus l’envers du discours analytique, mais tout simplement sa mise à mort. Gageons alors que nos sénateurs, sensibles à l’humain, à la liberté de chacun, et enfin à la vie, feront barrage à cet amendement de trop.</p>
<p style="text-align: center;"><b> </b><strong><span id="m_1883680848913505302isPasted">***</span></strong></p>
<p id="m_1883680848913505302isPasted" style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #ff0000;"><strong>Objections à l’amendement : </strong></span><strong><span style="color: #ff0000;">notes rapides et bibliographie indicative</span><br />
</strong><em>Jean-Claude Maleval</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>L’amendement présenté au projet de loi sur la Sécurité sociale formule ainsi son objet : « Les soins fondés sur la psychanalyse, en particulier lorsqu’ils s’appliquent aux troubles du neuro-développement, aux troubles anxieux ou dépressifs et aux affections psychiatriques chroniques, ne disposent aujourd’hui d’aucune validation scientifique ni d’évaluation positive du service médical rendu par la Haute Autorité de santé. Plusieurs rapports publics ont souligné l’absence de preuves d’efficacité et le caractère inadapté, voire contre-productif, de ces approches, qui sont à différencier de psychothérapies. »</p>
<p>Ce texte semble indiquer sur plusieurs points une méconnaissance du domaine considéré, d’une part en affirmant que les soins fondés sur la psychanalyse ne disposent d’aucune validation scientifique, et d’autre part, en proposant une distinction assez énigmatique entre « soins fondés sur la psychanalyse » et « psychothérapies » !</p>
<p>Il convient donc de rappeler que la psychanalyse n’est pas pratiquée dans les institutions de soins et n’est pas remboursée par la Sécurité sociale. Toutefois, il existe des psychothérapies orientées à des degrés divers par la psychanalyse. Or le degré de référence des psychothérapies à la psychanalyse est difficilement appréciable : il va de fortement affirmé à discret en passant par tous les degrés possibles. Avec quel critère distinguer entre « soins fondés sur la psychanalyse » et « psychothérapies se référant plus ou moins à la psychanalyse » ? Aucun spécialiste du domaine ne se risquerait à opérer un tel subtil partage.</p>
<p>Beaucoup de thérapies par le jeu, l’hypnose éricksonienne, la thérapie cognitivo-analytique (TCA), la thérapie de l’expression émotionnelle, la thérapie psychodynamique, le cri primal, le <em>debriefing</em> post-traumatique, le rêve-éveillé dirigé, etc., sont fondés à des degrés divers sur des références psychanalytiques. Même une TCC telle que le programme développemental de Denver, recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) pour les troubles du neuro-développement (TND), se réfère pour une part aux travaux de la psychanalyste Margaret Malher. Il faudrait donc établir à partir de quel pourcentage d’influence psychanalytique la méthode devrait être récusée, or comment calculer ce pourcentage de « soins fondés sur la psychanalyse » au sein de « psychothérapies » ? Ces dernières sont en général définies par « l’établissement d’une relation interpersonnelle entre un patient et un thérapeute dans le cadre d’un contrat explicite de soins ». L’inclusion de notions psychanalytiques ou non ne permet en rien de définir ce que serait une « psychothérapie pure » (et légale). L’imprécision des distinctions proposées par l’amendement rendrait celui-ci quasiment inapplicable.</p>
<p>Plusieurs points paraissent par ailleurs pouvoir être développés. Le premier étant le plus important, j’ai donc tenté de rassembler ci-dessous les références majeures concernant les démonstrations « scientifiques » de l’efficacité des psychothérapies psychodynamiques fondées sur des références psychanalytiques.</p>
<p>1) Il fait consensus dans la littérature internationale que toutes les thérapies dites de bonne foi obtiennent des résultats équivalents, y compris celles qui se réfèrent à la psychanalyse. En 2013, l’Association américaine de psychologie (APA) a publié des recommandations sur les psychothérapies indiquant que les grands courants se valent en termes d’efficacité.</p>
<p>Il existe de nombreuses études et méta-analyses établissant l’efficacité des thérapies psychodynamiques se référant à la psychanalyse. Patrick Landman en a tout récemment diffusé une synthèse, que nous reproduisons à la fin de ce texte.</p>
<p>Le seul point bien établi en matière de psychothérapie réside sur le fait que toutes les méthodes psychothérapeutiques s’avèrent efficaces pour soulager la souffrance humaine.</p>
<p>En 2002, Stanley Messer, enseignant en psychologie à l’université du New Jersey, affirme : « Les unes après les autres, les études, méta-analyse[1], après méta-analyse[2] et même méta-analyses de méta-analyses[3] (appelées méga-analyses)[4] ont toutes reproduit le même résultat : il y a très peu de différences entre les thérapies de bonne foi. Par “de bonne foi”, je veux dire, précise-t-il, les thérapies qui sont guidées par une structure théorique cohérente, qui ont été amplement pratiquées depuis longtemps et qui ont des fondements pour la recherche […] Les thérapies psychodynamiques, les thérapies centrées sur la personne ou le client, et les thérapies familiales ou de couples en sont des exemples[5] ».</p>
<p>En 2020, dans une revue systématique de la littérature scientifique récente, François Gonon et Pierre-Henri Keller ont sélectionné pour leur qualité méthodologique onze articles postérieurs au rapport de l’Inserm de 2004, évaluant l’amélioration des symptômes à l’issue de psychothérapies inspirées par la psychanalyse. « Ils concluent tous, écrivent-ils, que l’effet des psychothérapies psychanalytiques est robuste. Dix articles de méta-analyses ont comparé une psychothérapie psychanalytique à un traitement actif (exemples : autre psychothérapie, médication). Un seul rapporte une infériorité cliniquement significative des psychothérapies psychanalytiques par rapport aux psychothérapies cognitivo-comportementales. Cinq articles de méta-analyse et trois études randomisées ont comparé des psychothérapies psychanalytiques de long terme (plus d’un an) à divers traitements actifs. Tous ont conclu à une efficacité des psychothérapies psychanalytiques égale ou supérieure à celle des traitements actifs de comparaison ». En conclusion, ils constatent que les études concernant les psychothérapies psychanalytiques se sont multipliées depuis 2003 dans les revues biomédicales. « Elles montrent que, pour la plupart des troubles mentaux fréquents, les psychothérapies psychanalytiques sont aussi efficaces que les psychothérapies cognitivo-comportementales. »</p>
<p>2) La différence majeure est éthique : les thérapies qui se référent en totalité ou en partie à la psychanalyse sont moins violentes que les TCC, parce qu’elles cherchent à susciter une dynamique chez le patient, et non à le rééduquer en fonction des <em>a priori</em> du thérapeute. Il semble bien que l’abandon des méthodes « d’accompagnement » au profit de méthodes rééducatives aboutisse à une augmentation de la violence au sein des établissements. La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, évoque ce phénomène quand elle constate, en 2016, en visitant les établissements de santé mentale : « Certains chefs de service ont “interdit” la psychanalyse et la thérapie institutionnelle, note-t-elle, [or ces approches] placent le soignant dans une relation d’accompagnement et non de contrainte par rapport au patient, [de sorte, ajoute-t-elle, que] la corrélation entre l’abandon de ces écoles thérapeutiques et le recours à l’isolement et à la contention mériterait d’être évaluée ».</p>
<p>3) Le décret porte atteinte à la liberté de choix du soin. Or n’est-il pas légitime que certains patients préfèrent des méthodes qui cherchent à développer leurs potentialités, en les accompagnant dans ce travail, plutôt que des méthodes vécues comme autoritaires parce qu’elles s’inscrivent dans des schémas de rééducation ?</p>
<p>4) Jusqu’alors aucune dictature au monde n’a interdit la psychanalyse – pas même en Russie ou en Chine (à la notable exception du régime nazi). Les thérapies psychanalytiques existent depuis plus d’un siècle, ont gagné tous les continents, et restent largement pratiquées dans le monde entier.</p>
<hr />
<p>[1] Smith M. L., Glass G. V., « Meta-analysis of psychotherapy outcome studies », <em>American Psychologist</em>, vol. 32, 1977, p. 752-760.<br />
[2] Wampold B. E., Mondin G., Moody M., Stich F., Benson K., Ahn H., « A meta-analysis of outcome studies comparing bona fide psychotherapies : empirically, “all must have prizes” », <em>Psychological Bulletin</em>, vol. 122, 1997, p. 203-215.<br />
[3] Grissom R. J., « The magic number .7 ± .2: meta-meta-analysis of the probability of superior outcome in comparisons involving therapy, placebo, and control », <em>Journal of Clinical Psychology</em>, vol. 64, 1996, p. 973-982.<br />
[4] Luborsky L., Rosenthal R., Diguer L., « The Dodo Bird verdict is alive and well-mostly », <em>Clinical Psychology : Science and Practice</em>, vol. 9, 2002, p. 2-12.<br />
[5] Messer S. B., « Empirically supported treatments : cautionary notes », <em>Medscape General Medicine</em>, vol. 4, n° 4, 2002.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Synthèse des principales évaluations (revues systématiques, méta-analyses et grands essais)<br />
sur l’efficacité des approches psychanalytiques dans les troubles mentaux.</strong></span></p>
<p><em>Cette synthèse couvre la psychanalyse classique et surtout la psychothérapie psychodynamique (brève et de longue durée), qui est l’opérationnalisation la plus étudiée.</em></p>
<p><strong>Synthèses et méta-analyses générales :</strong></p>
<ul>
<li><strong> </strong>Gonon F. et Keller P.-H., « L’efficacité des psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la littérature scientifique récente », <em>L’Encéphale</em>, 2020, DOI : 10.1016/j.encep.2020.04.020.</li>
<li>Visentini G., « Quinze ans après le rapport de l’Inserm. L’efficacité de la psychanalyse ré-évaluée », <em>L’Évolution psychiatrique</em>, 2021, vol. 86, n° 3.</li>
<li>Leichsenring &amp; Rabung (2008 ; actualisations 2015-2023) : méta-analyses des psychothérapies psychodynamiques de longue durée (LTPP) montrant des effets modérés à importants, surtout dans troubles de personnalité, dépression chronique et troubles anxieux complexes ; débats méthodologiques importants.</li>
<li>Abbass, Town &amp; Driessen (2012–2021) : méta-analyses sur la thérapie psychodynamique brève/intensive (ISTDP) montrant effets modérés sur dépression, anxiété, somatisation, avec maintien au suivi.</li>
<li>Steinert &amp; <em>al</em>. (2017 ; 2021) : revues/méta-analyses confirmant efficacité de la psychothérapie psychodynamique <em>vs.</em>liste d’attente et comparabilité avec TCC dans plusieurs troubles ; hétérogénéité élevée.</li>
<li>Driessen &amp; <em>al</em>. (2015 ; 2020) : méta-analyses en dépression indiquant effets spécifiques modestes à modérés, souvent comparables aux autres psychothérapies.</li>
<li>Fonagy &amp; <em>al</em>. (2015 ; 2020) : revues sur psychothérapies psychodynamiques modernes (MBT, TF-P, TFP) pour troubles de personnalité ; efficacité soutenue.</li>
<li>Gerber &amp; <em>al</em>. (2011) : méta-analyse des thérapies psychodynamiques à court terme vs. traitements actifs ; effets comparables, bénéfices durables.</li>
<li>Cuijpers &amp; <em>al</em>. (2021) : panorama des psychothérapies pour la dépression ; psychodynamique efficace mais généralement avec moins d’essais que TCC/interpersonnelle.</li>
<li>Leichsenring &amp; <em>al</em>. (2023) : <em>overview</em> des preuves psychodynamiques <em>across disorders </em>; soutien pour dépression, anxiété, somatisation, troubles de personnalité.</li>
</ul>
<p><strong><em> </em></strong><strong>Trouble dépressif</strong></p>
<ul>
<li>Essais et méta-analyses (Driessen 2015 ; Cuijpers 2021 ; Steinert 2017) : psychodynamique brève efficace vs. attente/TAU ; non inférieure à TCC dans plusieurs RCTs ; maintien aux suivis 6-12 mois.</li>
</ul>
<p><strong><em> </em></strong><strong>Troubles anxieux</strong></p>
<ul>
<li>Revues (Leichsenring 2015 ; Keefe &amp; <em>al</em>. 2014 ; Abbass 2014) : bénéfices pour trouble panique, TAG, phobies sociales ; souvent moins d’essais que TCC mais effets comparables dans quelques RCTs.</li>
</ul>
<p><strong>Troubles de la personnalité</strong></p>
<ul>
<li>RCTs et méta-analyses (Bateman &amp; Fonagy MBT ; Clarkin TFP ; Leichsenring LTPP) : amélioration des symptômes, fonctionnement et réduction des hospitalisations ; effets durables sur borderline.</li>
</ul>
<p><strong><em> </em><strong>Troubles somatoformes/douleur</strong></strong></p>
<ul>
<li>Abbass &amp; <em>al</em>. (2009-2014) : méta-analyses indiquant effets cliniquement significatifs sur somatisation, utilisation des soins et coûts.</li>
</ul>
<p><strong>Troubles de l’alimentation</strong></p>
<ul>
<li>Revues (Keel 2010 ; Abbass 2013 ; Zipfel 2014) : soutien pour psychodynamique focalisée (FPT) dans boulimie et anorexie adulte, souvent comparable à TCC-E à moyen terme.</li>
</ul>
<p><strong> </strong><strong>Adolescents/enfants</strong></p>
<ul>
<li>Midgley &amp; <em>al</em>. (2011; 2017) : revues systématiques montrant efficacité de la thérapie psychanalytique/<wbr />psychodynamique chez jeunes pour dépression, anxiété et troubles externalisés.</li>
</ul>
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